dimanche 1 février 2009

Un miniaturiste génial: Mohammed Racim (1896 / 1975)

Biographie

Ceux qui ont eu l’occasion de visiter le vieil Alger, ont certainement emprunté la célèbre ruelle des Racim et admiré à l’ombre des auvents de tuiles vertes, la maison natale du célèbre miniaturiste algérien.

Mohammed Racim (1949) C’est en effet dans cette
demeure que Mohammed RACIM est né le 24 Juin 1896 dans une famille d’artistes qui lui a légué une tradition d’art et le nom « Er Racim » qui, en arabe, signifie peintre.

Son père Ali excellait dans l’art de sculpter et peindre le bois des appliques, des cadres et des coffres de mariées. Il savait créer des miniatures et des enluminures sur verres qui décoraient alors les intérieurs des familles algériennes.


Son oncle comme son frère aîné Omar ont aussi exercé ce métier délicat dans l’atelier familial. C’est là également que Mohammed Racim reçut les premiers enseignements du métier et les multiples secrets de l’art de la miniature.

Il révèle, dés son enfance, des qualités exceptionnelles: une remarquable maîtrise dans l’exécution, un sens inné du dessin et de la couleur et une imagination pleine de grâce et d’élégance.

A l’école des Beaux-Arts d’Alger et au Cabinet de Dessin de l’Académie, il confirme la technique transmise par son père.
Sa première oeuvre magistrale est la réalisation pour l’Edition Piazza de l’ornement de la « vie de Mahomet » que Dinet avait illustré.



Racim peut alors se rendre à Paris, travailler au département des manuscrits de la Bibliothèque Nationale. Plus tard, une bourse lui permet de visiter l’Espagne et de connaître les vestiges musulmans de Cordoue et de Grenade.

En Angleterre, Sir Denison ROSS, maître des étude iraniennes, lui facilite l’accès des musées et des collections de Londres.

Ses chefs-d’oeuvre sont alors exposés à Paris, au musée Galliéra et la galerie Ecalle, au Caire, à Rome,Vienne, Bucarest, puis Oslo, Stockholm, Copenhague, Tunis, Alger, Varsovie.
De 1924 à 1932, il est choisi comme ornemaniste des « Mille et une Nuits » de MARDRUS pour lesquelles il compose avec une harmonie et une richesse prestigieuse, les mille et un bandeaux couronnant les chapitres de leurs guirlandes d’entrelacs, de lacis, de fleurs stylisées où la fantaisie et l’élégance reflètent la maîtrise de l’artiste.

Il s’agit d’une oeuvre gigantesque qui a nécessité huit années d’effort et une patience inouïe pour réaliser ce subtil chatoiement de couleurs et de tons.

Il continue pour l’Edition Piazza l’ornementation de Khadra de Dinet, le jardin des Roses de Saadi, le Coran de Frantz TOUSSAINT, la Sultane Rose de MARAVAL-BERTHOIN et les Chants de la Caravane de S.OUDIANE.

Le prestigieux talent de l’artiste est universellement reconnu avec l’obtention en 1924 de la Médailles des Orientalistes et en 1933 du Grand Prix Artistique de l’Algérie. Il est nommé cette même année, Professeur à l’Ecole des Beaux-Arts d’Alger.
C’est alors qu’il commence à travailler avec le grand spécialiste de l’art musulman Georges Marçais qui parmi les premiers a su découvrir et apprécier les dons exceptionnels de Racim qu’il a surnommé le « chantre d’Alger ».

« Algérois, il a le culte de sa ville natale, il en aime le passé d’hier et de jadis, il restitue ce passé héroïque ou familier à l’aide de ses souvenirs encore vivants autour de lui ».

Pour marquer le succès des expositions de Racim dans les trois capitales des pays scandinaves, la «Société Royale d’Angleterre des miniaturistes et peintres» l’élit en 1950, membre honoraire.
Dés 1957, Mohammed Racim entreprend avec G.Marçais, l’édition de la « Vie Musulmane d’hier » qui paraît en 1960 aux éditions des « Arts et Métiers Graphiques » de Paris. Mohammed Racim et son épouse (1963)

Une pléiade de jeunes peintres s’adonnent alors à l’enluminure et à la miniature, conquis par son exemple et son enseignement. Ainsi cet art connaît grâce à Racim une véritable renaissance et prend alors un essor surprenant.

Au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, Mohammed Racim continue à oeuvrer pour l’épanouissement de la miniature, notamment en continuant de former les jeunes générations qui accèdent à l'Ecole des Beaux Arts d'Alger.

Il encourage ses disciples, leur dispense de précieux conseils, et oeuvre dans le cadre des commissions de sauvegarde des sites et monuments historiques, notamment, de la Casbah d'Alger.

Il décède ainsi que son épouse en 1975.

http://mracim.free.fr/

1 commentaire:

Le Promeneur a dit…

Pour moi,Mohammed Racim est un maître incontesté de la miniature algérienne.Son art a permis la renaissance et la diffusion de l'art algérien.
Une chose m'attriste est le manque de sa production du début à la fin sur internet.
Mohammed Racim demeure un Maître génial.