mercredi 15 septembre 2010

Ahbab Larbi Bensari: musique andalouse de Tlemcen

L’École musicale de Tlemcen

Tlemcen, capitale de la dynastie ziyanide (1235-1556), est une ville très ancienne située à l’Ouest de l’Algérie. Elle s’enorgueillit d’avoir accueilli 50 000 musulmans chassés d’al-Andalus après la chute de leur capitale Cordoue en 1236. Cette population apporta avec elle tout un savoir-faire dans les domaines artistiques et notamment celui de la musique. C’est à Cordoue, en effet, que le fameux Ziryab, accueilli par l’Émir omeyyade Abd al-Rahmân II (822-852) fonda, dès le début du 9e siècle, une école musicale originale où furent élaborés les principes de la nouba.

L'Ensemble " Ahbab Cheikh Larbi Ben Sari ", placé sous la direction de Kalfat Mohammed Fawzi appartient à l'Association du même nom créée en 1987 à Tlemcen. Elle œuvre, comme le fit le grand maître, dont elle a pris le nom, à la préservation du patrimoine musical andalou-maghrébin dans sa version la plus classique. C’est ce que déclare dans un entretien, le directeur artistique de l’Ensemble :

« Le chantre et maître incontesté de cette musique traditionnelle a su préserver un patrimoine d'une valeur inestimable. L'artiste, qui a atteint le centenaire (sic !), avait une parfaite maîtrise des déclinaisons en chants. Dans notre association, nous essayons de perpétuer son héritage. »

De tous les grands maîtres reconnus dans la tradition andalouse, Cheikh Larbi Ben Sari est celui qui a le plus marqué de son empreinte la musique dite gharnati telle qu’elle est pratiquée dans l’école de Tlemcen. Pourtant, rien ne semblait destiner ce fils de paysan à devenir un des meilleurs interprètes de la musique citadine savante. Employé dans un « salon de coiffure » à quatorze ans, il eut le coup de foudre pour la musique andalouse en écoutant son maâlem (patron) jouer de sa kouitra[1], instrument de musique traditionnel, et entonner des chants appartenant à la nouba.


Sa longévité exceptionnelle – Cheikh Bensari a vécu plus de cent ans- et sa mémoire prodigieuse lui permirent d’être le meilleur trait d’union entre deux siècles de pratique musicale. Élève surdoué, il remplaça naturellement son maître, à la mort de ce dernier, à la direction de l'orchestre. Il rivalisa par la suite avec les plus grands chioukhs de l'époque, les Bakhchi, Baghdadi, Triki, Maqnin et Bendali Yahya. Durant sa longue existence, il remplit la double mission de recueillir et de transmettre un patrimoine séculaire non seulement en Algérie, mais également au-delà des frontières de son pays. En effet c’est à lui qu’échut l’honneur de représenter l’Algérie au premier congrès de musique arabe du Caire en 1932.


1er Document:un enregsitrement d'archive exceptionnel!


Superbe Mcedder Hsine "El jamel Fetten" exécuté magistralement par un grand maître de la musique Arabo Andalouse école de Tlemcen Cheikh EL Arbi Bensari (1872-1964)
Enregistrement réalisé avant 1939.




2e Document: les Héritiers "Ahbâb Larbi Bensari"

une ballade dans l'un des plus beaux sites d'Algérie avec un tchambar Sika exécuté magistralement par l'Ensemble Ahbâb Larbi Bensari




[1] Ancien instrument, appartenant à la famille des cordophones, il est utilisé depuis le 18e siècle en Algérie et il constitue un des symboles de la musique andalouse algérienne. La kouitra ressemble beaucoup au luth arabe, mais sa caisse de résonance est moins profonde. Elle comporte quatre cordes doubles en boyau pincées au moyen d'un plectre donnant ainsi un son grave.


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