dimanche 18 août 2013

Ibn Arabi ou le poète de l'Amour Divin (3), Le temps de l'innocence

 Le temps de l'innocence



" Je naquis sous le règne du Calife Al-Mustandjid à Murcie, dans le royaume du sultan Abû 'Abd Allâh Muhammad Ibn Sa'ad Ibn Mardanīsh la nuit du lundi 17 du mois sacré de Ramadan de l'année   560. Les premières années de ma vie se passèrent surtout dans l'enceinte du château que le sultan  avait fortifié en élevant de puissantes murailles pour se protéger des assauts répétés des troupes Almohades.

Mes premiers souvenirs remontent à l'époque où j'étais sur mes trois ans. Et depuis cette date jusqu'à notre départ pour Séville après la chute du royaume et la mort du sultan, une seule image remplit mon esprit: celle de ma mère. Elle s'appelle Nour et elle a été, par sa présence et sa bienveillance, la Lumière non seulement de ma prime enfance mais de ma vie entière.

Nous quittions rarement le palais à cause de la menace permanente qui pesait sur le royaume. N'ayant pas réussi à prendre d'assaut la forteresse qui nous protégeait, les ennemis du sultan, après de longs sièges finirent par se retirer dans la plaine. C'est alors que la vie devint plus difficile car nous étions désormais privés de tout ce que cette terre fertile produisait comme fruits et légumes. Les figues, les olives, les pommes, les poires, les grenades et toutes sortes de fruits vinrent à manquer cruellement. Nous vivions désormais des stocks de fruits et légumes secs que le sultan prévoyant avait constitués dès qu'il se sentit en danger.

Pour m'occuper, car j'avais, au dire de ma mère, l'énergie de cent soldats réunis, elle s'ingéniait à occuper mes journées de  manière  aussi agréable qu'utile. Elle était disponible pour moi tout le temps dont elle disposait en dehors de ses tâches de maîtresse de maison. Elle insistait pour que chaque journée m'apporte son lot de bienfaits tant physiques qu'intellectuels ou spirituels. Elle me permit très tôt de développer mes capacités physiques. Pour cela, elle jouait avec moi de longs moments dans la cour, inventant mille jeux pour me faire courir et sauter. C'est à elle que je dois aussi mon adresse au tir à l'arc où elle excellait; il n'y a que pour les chevaux qu'elle me confia à un maître qui, dans l'exiguïté du périmètre dont nous disposions, m'apprit quelques secrets de l'art hippique.

Cependant, malgré tout l'engouement que j'avais pour les occupations de la journée, c'est durant la nuit que mon âme trouvait sa nourriture préférée. En hiver, au cours des longues soirées, ma mère venait dans ma chambre et restait auprès de moi jusqu'à ce que je m'endorme. Elle m'avait habitué à un rituel qui dura jusqu'à notre départ de Murcie: elle me faisait d'abord réciter les versets du Livre Saint que j'avais appris la journée, puis choisissant quelques mots dont elle voulait fixer le sens dans mon esprit, elle entamait alors ce qu'elle appelait le jeu des " signes et des sons". Cela consistait en une série d'exercices ludiques qui me ravissaient au plus haut point. Avec une plume en roseau, elle dessinait la première lettre d'un mot d'après lequel je devais deviner la suite. Dès les premières semaines de mon apprentissage, je me suis habitué à retenir les lettres de l'alphabet en associant chacune d'elles à un animal ou une plante ou un fruit. Ainsi le mim était pour moi un abricot (michmach), le fa une souris (fa'r) et le ta un oiseau (tayr) dont la queue était évidemment la barre qui surmontait le corps de la lettre.

 Par la suite, quand j'avais totalement acquis l'alphabet, je me débarrassais de ce genre d'associations et cherchais à pénétrer le sens caché des vingt-huit signes qui permettaient aux Arabes de représenter les noms de tout ce que l'esprit pouvait concevoir. Je me disais que si tous les secrets de l'existence visible et non visible étaient contenus dans si peu de signes c'est que ces lettres possédaient chacune une formidable énergie créatrice de sens. Au lieu de les considérer comme de simples dessins inertes, je découvrais en elles une vitalité qui se manifestait à moi d'une manière évidente.

Ma connaissance du secret des lettres et l'intimité spirituelle que j'avais avec elles avaient pris naissance dès mes premiers mois d'apprentissage de la lecture. J'avais compris que les lettres n'étaient pas que des sons qui, combinés avec d'autres, produisaient un sens, mais qu'elles étaient porteuses de manière autonome de significations avant même qu'elles ne sortent de nos bouches sous leur aspect sonore. Plus tard, avec d'autres frères versés dans la science des lettres, je parachevais ma connaissance du monde merveilleux des hurufs.

Mais ce que je préférais par dessus tout c'étaient les histoires merveilleuses que me racontait ma mère lorsque le sommeil tardait à venir. Elle avait le don de rendre si vivant ce qu'elle me racontait  que j'avais l'impression que les personnages de ses histoires s'incarnaient sous mes yeux. Le visage de Nour s'animait, sa voix se faisait tantôt douce tantôt puissante et ses mains dessinaient au-dessus de ma tête les détails que je n'arrivais pas à saisir. Aussitôt, j'étais témoin des coursiers qui portaient leurs cavaliers à une allure fulgurante à travers plaines et montagnes et j'entendais jusqu'au bruit de leurs sabots sur le sol. Je suivais ainsi la longue épopée de la migration de nos ancêtres depuis le lointain Yémen jusqu'à la terre d'al--Andalus où ils vinrent s'établir aux premières années de la conquête. Elle m'énumérait toutes les villes traversées par la tribu des Banu Taiyy et me les faisait répéter à tel point que je finissais par connaître par cœur l'itinéraire de cette formidable épopée. Elle prenait soin de s'attarder sur la traversée du Maghrib dont sont originaires ses ancêtres les Banu Yughan. Elle me décrivait avec force détails la faune et la flore de cette contrée et me disait: "on ne connait un pays que si l'on connait les noms des fleurs qui y poussent et des oiseaux qui y vivent". Ainsi ses histoires, en plus du fait qu'elles me distrayaient et m'aidaient à trouver le sommeil étaient chaque fois pour moi de véritables leçons de géographie, d'histoire et de sciences de la nature.

J'écoutais ce qu'elle me racontait buvant ses paroles et m'imprégnait de ses connaissances. Mais le plus grand bonheur était pour moi sa présence tout près de moi sur le bord de mon lit. Je ressentais pour elle un sentiment si fusionnel qu'elle arrivait difficilement à quitter ma chambre. Bien des fois, mon père était obligé de venir la réclamer pour que je la laisse partir. Ensuite, une fois la porte de ma chambre refermée, je me repassais les images de ses histoires et me répétais tous les mots qu'elle m'avait appris jusqu'à ce que je sombre dans le sommeil.

Le signe de la sainteté.

"L'été est ma saison préférée pour ses nuits étoilées. J'attendais la fin du jour avec impatience surtout lorsque la chaleur devenait intense rendant pénible tous les exercices physiques. Durant la journée, je passais le plus clair de mon temps à la lecture. Mais le soir, lorsque le ciel se parsemait d'étoiles, il devenait pour moi un parchemin aux dimensions infinies où se déployaient devant mes yeux ébahis tous les savoirs auxquels je voulais accéder. Je pouvais alors saisir d'un seul regard tous les secrets du monde d'en haut comme les lettres de l'alphabet me livraient les sens cachés du monde d'en bas. Ainsi, entre mes lectures du jour sur les pages de mes cahiers remplies de signes et celles de la nuit au cours desquelles je déchiffrais les formes qui décoraient le vaste firmament je prenais conscience de toutes les dimensions de la connaissance que mon jeune esprit pouvait aspirer à embrasser.

Ma mère était souvent près de moi lors de ces "lectures nocturnes", mais elle ne cherchait jamais à m'imposer son point de vue. Elle m'écoutait avec une grande attention lui déchiffrer les mosaïques célestes, ce qui m'encourageait à émettre parfois les hypothèses les plus farfelues qui provoquaient son étonnement. Elle se contentait de me demander des explications que je comblais avec une naïveté qui me valait ses plus beaux sourires plein de tendresse. Je me rappelle un jour avoir affirmé que la constellation qui formait la Grande ourse s'était enrichie d'une nouvelle étoile plus lumineuse que toutes ses voisines. Intriguée, elle examina avec moi un à un chacun des astres, mais n'arrivait pas à voir l'étoile dont je parlais. J'avais beau la lui indiquer de toutes les manières possibles, elle restait invisible pour elle malgré l'éclat exceptionnel qu'elle projetait. Au lieu de me contredire et de corriger ma vision erronée, elle me dit une parole que je n'oublierai jamais: " mon fils, c'est toi qui as raison, ton étoile existe bel et bien, mais il n'est pas donné à tout le monde de la voir. Il y a des signes que ne perçoivent que les enfants, les saints et les prophètes." C'est depuis ce jour que je compris que la réalité n'apparaissait pas de la même manière à tous et qu'il y avait un monde invisible qui ne s'offrait qu'à des êtres privilégiés. Cependant, je ne savais rien des raisons qui faisaient que ces privilèges étaient accordés à certains et pas à d'autres."

“Le ciel avec ses innombrables constellations était pour moi un océan sans rivages où voguaient les vaisseaux de la connaissance. Et mes observation nocturnes faisaient souvent naître en moi l'envie de quitter le corps qui me rattachait à la terre pour aller explorer de près les réalités célestes. J'enviais pour cela les oiseaux et leur capacité à s'élever d'un coup d'aile vers le firmament dont la profondeur infinie attirait mon âme avide d'absolu. Mais je finis par trouver dans les rêves une occasion de me délester de tout ce qui m'empêchait d'atteindre ce que ni mes jambes, ni mes mains ne me permettaient de toucher. Je me voyais souvent, dans certains rêves, approcher les vaisseaux célestes de si près que je pouvais distinguer ce qu’ils transportaient.

Certains étaient chargés de feuillets portant des signes dans des langues que je ne connaissais pas mais dont les significations se révélaient à moi à travers les formes des signes qu’elles utilisaient. Curieusement, on ignorance de ces langues me permettait  d'accéder au sens caché qui n'était livré qu'aux "enfants, aux saints et aux prophètes " comme me disait ma mère. Je me rappelais, lors de ce genre de révélations, des versets dans lesquels l'ordre (iqra! ) quiétait donné au Prophète analphabète de lire un message qu’il pensait inaccesible pour lui. L'Ange porteur de l’injonction divine transmettait à celui que Dieu avait élu le sens ésotérique à travers une langue qui ne livrait aux gens du commun que son sens exotérique. Les Prophètes recevaient la vérité par révélation, les saints y accédaient par leur effort d'interprétation et les enfants par leur spontanéité et leur intuition.

Je voulais savoir l'origine de toutes les choses et c'est ma mère qui fut mon premier maître. Elle nourrit mon jeune esprit de tout ce qu'il était avide de connaître à l'âge où les yeux s'ouvrent sur le champ illimité des connaissances. S'appuyant sur ce que ma mémoire avait retenu de mon apprentissage du Coran,  Nour me retraçait l'histoire de l'existence humaine à travers les récits des prophètes : la création d'Adam et de sa compagne Ève et leur exil du Paradis Céleste, l'odyssée de Noé, le chemin spirituel d'Abraham, l'élection de Moïse et sa mission auprès de Pharaon, l’aventure initiatique de Joseph, la merveilleuse naissance du Christ fils de Maryam et son chemin d'amour. Elle me racontait chaque histoire en partant de ce que je connaissais des versets du Coran, puis elle complétait cela en se servant d'un grand Livre que j'aimais beaucoup : les Récits des Prophètes.

Pendant qu'elle déployait devant moi l'histoire des hommes à travers la vie des plus illustres d'entre eux, j'essayais de comprendre le lien secret qui les unissait malgré la diversité de leurs expériences. Ils étaient tous les bénéficiaires d'une grâce divine qui en fit des élus parfois contre leur propre volonté comme ce fut le cas pour Moïse. Appelé par son Seigneur sur la montagne sacrée, il se sentait incapable de remplir la mission qu'Il lui confia. Comment pouvait-il affronter le puissant Pharaon, lui le faible berger qui n'avait aucun don pour la parole? Il apprit alors que, pour conquérir les hommes, un bâton de berger valait mieux que mille épées. Cette grâce divine fut aussi octroyée à notre Prophète bien-aimé Muhammad qui, orphelin de père et de mère, bénéficia de la protection de trois êtres qui marquèrent sa vie et lui permirent d'accomplir sa mission: son grand-père, son oncle paternel et surtout sa femme Khadidja. N'est-ce pas elle qui, au moment des plus grands doutes le rassura sur sa qualité de Messager et l'épaula durant toute sa vie lors de mission auprès des Mecquois.



L’oncle qui renonça à son royaume.

Pour m’instruire ma mère aimait à me raconter la vie exemplaire non seulement des Compagnons du Prophète, mais aussi celle de gens ordinaires dont le destin a été complètement transformé par un évènement ou une rencontre.

Elle me raconta un soir l'histoire de son frère Yahya. Ce dernier était un prince qui régnait sur la région de Tlemcen.
“Ton oncle vivait dans le luxe et aimait à porter les plus beaux habits. À son époque vivait un ascète qu'on appelait Abû ‘Abd-Allah al-Tûnisî qui s’était retiré dans une mosquée de la localité appelée al-‘Ubbâd, à l’extérieur de la ville de Tlemcen. Il y passait le plus clair de son temps à l’adoration de Dieu. Un jour, cet homme, qui se rendait à Tlemcen rencontra ton oncle accompagné de sa suite. Quand ce dernier fut informé de l’identité du dévôt, il arrêta son cheval, le salua et lui demanda :
-       Ô cheikh, m’est-il permis de faire la prière avec les habits luxueux que je porte?
L’ascète éclata de rire, alors ton oncle demanda:
-       Qu’est-ce qui te fait rire?
-       La petitesse de ton esprit et l’ignorance que tu as de ton âme et de ton état! Pour moi, rien ne te ressemble le plus que le chien qui se vautre dans le sang du cadavre de sa proie puis la dévore avec tous ses immondices, mais qui lève la patte lorsqu’il va pisser pour ne pas être sali par son urine. Ainsi, toi-même, tu es un récipient plein de choses illicites car tu es responsable de tant d’injustices envers tes sujets et tu cherches à savoir s’il est permis de faire la prière avec tes somptueux habits?
Ton oncle pleura, puis descendit de son cheval et renonça sur le champ à son royaume. Il se mit alors au service du cheikh qui l’hébergea, selon la tradition, trois jours et trois nuits à l’issue desquelles il vint le voir avec une corde et lui dit:
-       Ô roi, les journées d’hospitalité sont terminées, maintenant lève-toi et va ramasser du bois.
Ton oncle se mit alors à ramasser du bois qu’il portait sur la tête jusqu’au marché où les gens qui le voyaient se mettaient à  pleurer sur son sort. Quand il avait vendu son bois, il gardait ce dont il avait besoin pour sa subsistance et distribuait le reste en aumômes. Il poursuivit ainsi cette activité dans sa ville jusqu’à sa mort. Il fut alors enterré dans le cimetière du cheikh et sa tombe est devenu, depuis lors, un lieu de pélerinage. Quand les gens venaient rendre visite à l’ascète pour qu’il intercède en leur faveur, il leur disait d’adresser plutôt leurs demandes à ton oncle Yahya ibn Yughân:
-       Il fut roi, leur disait-il, et il renonça à son royaume pour mener une vie d’ascète. Si j’avais été soumis à la même épreuve que lui, je n’aurais peut-être pas renoncé à mon royaume.
Après avoir terminé son histoire ma mère me récita des vers que l’on composa à son propos:
Je suis dans l’état dans lequel tu me vois,
Si tu y réfléchis bien, c’est un état des plus enviables:
Ma demeure se trouve là où je le désire partout sur la terre ferme
Et le Ciel m’abreuve de son eau la plus douce;
Je n’ai ni père ni enfants
Et je n’ai pas de famille;
Je me sers de mon bras droit comme coussin
Et quand je me retourne c’est sur le gauche (que j’appuie ma tête)
J’ai goûté un court instant aux  saveurs de la vie,
Qui ne sont que mirages et illusions si tu y réfléchis bien.


Les secrets de la prière et du jeûne

C’est ma mère qui m’initia à la prière.  Ce fut à ma demande que je commençais très tôt à partager avec elle ces moments de recueillement. Au début, je ne comprenais pas pourquoi elle ne me répondait pas lorsque je la sollicitais pour une chose ou une autre pendant l’oraison. Elle m’expliqua alors qu’ au moment de la prière, l’être humain ne s’appartient plus, c’est comme s’il était en voyage sur son tapis qui devenait ainsi une sorte de vaisseau céleste. L’idée me plut beaucoup et je voulus alors essayer d’entreprendre un tel voyage. Elle me dit alors:
-       Il va falloir alors se préparer, parce que cela ne s’improvise pas comme pour n’importe quel voyage.
-       De quoi a t-on besoin, mère?
-       D’abord de savoir où on va, connaître sa destination…
-       J’ai envie d’aller là où tu vas, mère! Dis-moi où vas-tu quand tu pries?
-       Je vais très loin, je quitte ce monde, je vais chez le Roi des rois, chez Celui qui a élevé les Cieux et aplani la Terre!
-       Mais quans je te regarde, tu es toujours ici, comment fais-tu?
-       C’est un voyage intérieur que tu comprendras quand tu l’essaieras.
-       Je veux essayer tout de suite!
-       D’accord, mais une fois la destination connue, il faut se préparer!
-       Se préparer? Comment?
-       N’entreprend ce voyage que celui qui a préparé son corps et son esprit, mon fils.
-       Montre-moi!
-       Pour le corps, c’est facile, mais pour l’esprit c’est un peu plus compliqué, mais on y parvient avec des exercices…
Elle me prit alors par la main et m’emmena à la salle d’eau puis commença à faire ses ablutions en me commentant chaque geste. Je compris alors le sens profond de cette préparation. Tout ce qui va participer au voyage céleste doit être purifié pour être digne de cette aventure: les mains et les bras deviennent secours pour autrui, la bouche se purifie de toute médisance, les yeux se ferment aux illusions, le visage se remplit de la joie d’aimer, les oreilles deviennent sourdes aux sollicitations d’Iblis et les pieds renoncent à emprunter une autre voie que la Sienne.
Une fois les ablutions terminées, elle ajouta:
- Le voyageur a aussi besoin de provisions, mais cela je te l’expliquerai une autre fois.”

Tous droits réservés: Saadane Benbabaali
Ibn Arabi ou le poète de l'Amour Divin, (à paraître)
 

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