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lundi 5 décembre 2011

Bencheneb Mohamed : Présentation par Saadane Benbabaali


Prologue:

En 2009, M. Daoud Flites, Dr des Éditions du même nom, m'a sollicité pour un article de présentation d'un recueil de textes écrits par Mohamed Bencheneb. Ce fut avec un grand plaisir que je lui fis parvenir le texte ci-après dans lequel j'exprime à la fois ma relation personnelle avec cette grande figure de la culture algérienne et mon point de vue sur la valeur inestimable de son oeuvre.
Je suis heureux de partager avec vous ces impressions et cette analyse succincte en attendant de nouvelles publications sur cet auteur prolifique.
Saadane Benbabaali
Paris, 5 Décembre 2011



Texte de présentation publié en 2009

Mohameb Bencheneb a d’abord pour été pour moi un portrait qui trônait au-dessus de la porte d’entrée du bureau du proviseur du lycée de Médéa qui porte son nom. Il est donc étroitement lié dans ma mémoire à deux hommes exceptionnels qui ont rempli cette fonction après avoir été mes enseignants : M.M Abdi et Benterkia (rahimahoumâ Allah). Avant de pénétrer dans leur bureau, l’élève que j’étais, examinait tous les détails de l’homme dont je ne connaissais alors que l’apparence physique. La photo représentait un homme fier de son algérianité et de sa culture musulmane. Coiffé d’un turban, portant un costume traditionnel et ceint d’un large hizâm, il tenait avec élégance son burnous blanc. L’homme vous regardait droit dans les yeux et sa bouche prête à parler donnait au portrait vie et énergie. Comment, me demandais-je alors, l’administration coloniale avait-elle pu donner son nom à un lycée ? Son statut d’intellectuel francisant et la fonction de professeur d’Université, cas rarissime à cette époque, en faisaient sans doute un alibi. Le système qui a privé d’instruction la quasi totalité des Algériens trouvait en lui quasiment le seul exemple de réussite de la prétendue « mission civilisatrice » de la France.

J’appris plus tard que je partageais avec Mohamed Bencheneb le privilège d’être né dans le même village (Takbou- Aïn Dhahab). Mais ma plus grande surprise eut lieu beaucoup plus tard, à Paris, lors de la préparation de mon doctorat. Je découvris que c’était lui qui avait rédigé l’article de l’Encyclopédie de l’Islam sur le muwashshah, sujet de ma thèse. Loin de la patrie, plus de 50 ans après sa mort, l’homme érudit de mon village continuait à me nourrir de sa science. En lisant l’article biographique qui lui a été consacré dans l’Encyclopédie de l’Islam, je fus étonné par le nombre impressionnant d’articles qu’il avait écrits et de traductions qu’il avait réalisées durant sa carrière. Il fut, en outre, l’auteur d’un ouvrage de grammaire et surtout d’un lexique des « mots turcs et persans conservés dans le parler algérien ». Ce dernier ouvrage m’apporta une lumière inattendue sur un nombre considérable de termes en usage à Médéa et dont je ne connaissais pas l’origine !

Quatre-vingts ans après sa mort, je reçus d’abord une invitation de l’Université d’Alger pour participer au Colloque qui lui sera consacré au mois de décembre 2009, puis une demande de rédiger un « mot d’ouverture » par les éditions Flites. C’est avec beaucoup d’humilité que j’ai répondu à l’une et à l’autre sollicitations.

Les textes choisis pour cette publication révèlent plusieurs compétences exceptionnelles de Mohamed Bencheneb. Chercheur curieux, il savait dénicher les documents historiques oubliés ou les œuvres poétiques de grande valeur. C’est le cas par exemple du Résumé d’éducation et d’instruction enfantine qui date du début du 18e siècle et qui « donne un aperçu succinct des principes pédagogiques chez les Musulmans ». Cet opuscule, dépassé aujourd’hui en ce qui concerne la manière d’éduquer les enfants, constitue un document historique et surtout sociologique. On y apprend, en même temps que l’usage des châtiments corporels, la différence de traitement réservée aux filles auxquelles il était « blâmable d’apprendre l’écriture ». Cependant au fil des pages, le lettré anonyme qui l’a écrit laisse apparaître un début de remise en cause de certaines traditions devenues obsolètes. Surtout, une grande humanité transparaît chez ce maître qui affirme que : « la répétition trop fréquente des châtiments corporels est blâmable. Les coups donnés (…) portent atteinte à la mémoire et à l’intelligence ; bien plus, ils les font disparaître à tel point qu’il n’en reste aucune trace : nous l’avons constaté de visu. Rarement un élève profite des leçons d’un maître qui se plait aux châtiments corporels : c’est ce que nous avons encore constaté par nous-mêmes chez ceux que nous avons instruits. »

L’itinéraire de Tlemcen à la Mekke de Ben Msayeb est précédé d’une importante introduction biographique du poète. Mais le plus remarquable reste, comme dans beaucoup d’autres textes de ce recueil, l’éclairage apporté par l’érudit Bencheneb grâce à ses nombreuses notes et remarques. Sans les précisions topographiques du traducteur et les hypothèses concernant certains termes obscurs, l’itinéraire décrit par Ben Msâyeb perdrait beaucoup de sa valeur pour les générations actuelles.

Deux textes, l’un sur l’Origine du mot « Chāchiyya » et l’autre sur l’emploi du mot Tellîs révèlent une autre dimension de l’érudit Bencheneb. Sa démarche de questionnement étymologique mène le lecteur au cœur d’une véritable quête. Son travail révèle les secrets de la naissance des mots et de leur origine parfois insoupçonnée.

Compilateur comme beaucoup d’intellectuels de son époque, Bencheneb savait cependant enrichir les textes anciens par ses propres observations et investigations. Ainsi le long texte sur le nombre TROIS chez les Arabes, comporte de très nombreuses formules recueillies par un homme à l’écoute de son époque. Il devrait inspirer ceux qui se contentent de répéter ce que les « Anciens » ont dit sans apporter leur pierre à l’édifice.

Bencheneb ne se contente pas de rapporter ce que les autres ont écrit avant lui, mais prend part à des débats d’idées et propose de nouvelles voies de recherche. C’est le cas notamment de son analyse des Sources musulmanes dans la « Divine Comédie ». « Ce travail, dit-il, nous conduit à établir des parallèles entre le thème de la Divine Comédie et les récits d’un voyage merveilleux accompli dans les régions d’outre-tombe par Mahomet. » À l’issue de son importante analyse, il aboutit à la conclusion qu’il « n’existe aucun lien de filiation, de genèse imitative. » Le lettré musulman est d’abord un chercheur objectif qui ne cherche pas à forcer les textes pour leur faire dire ce qui l’arrange.

Mais Mohamed Bencheneb est surtout un traducteur prolifique qui a fait connaître de très nombreux textes aux arabisants de son époque. Il participait, en véritable militant, à la défense et à l’illustration de la culture arabe en général et algérienne en particulier. Sa démarche visait à mettre sous les yeux de ceux qui déniaient aux Algériens une culture, les preuves d’une richesse littéraire, historique et sociologique indéniables. L’homme savait s’y prendre ! Sans polémiques, il multipliait les traductions de textes appartenant aux domaines les plus variés et accompagnait chacune de ses publications de remarques érudites. Bencheneb opposait au mépris des colonialistes, la qualité des textes qu’il choisissait et sa maîtrise de la langue française. Celle-ci, imposée aux colonisés, devenait, grâce à lui, un instrument au service de « l’algérianité » et de « l’arabité ».

La réédition de ces « Textes choisis », dont une partie a déjà été publiée en 2007 par les Éditions Casbah, met entre les mains des lecteurs de la ville natale de Mohamed Bencheneb un précieux trésor. Ce sont les francisants parmi eux qui profiteront encore plus de cet ouvrage car la plupart des textes ne sont pas de notre compatriote. Son travail de traducteur incitera peut-être une nouvelle génération de « quêteurs de textes » à offrir au monde francophone une moisson future de perles littéraires qui demeurent toujours inconnues.


Table des matières


Présentation par Saadane Benbabaali

  1. Notions de pédagogie musulmane
  2. Lettre sur l’éducation des enfants
  3. Itinéraire de Tlemcen à la Mekke
  4. La guerre de Crimée et les Algériens
  5. Poème en l’honneur du Prophète
  6. De l’origine du mot « chāchiyya »
  7. Observations sur l’emploi du mot « tellīs »
  8. Notice sur deux manuscrits
  9. La préface d’Ibn El-’Abbār à sa Takmilat es-Sila
  10. La préface d’Ibn El-’Abbār (suite)
  11. Sources musulmanes dans la « Divine Comédie »
  12. Du nombre TROIS chez les Arabes
  13. Quelques adages algériens

Repères biographiques

Bibliographie

Saadane Benbabaali, Maître de conférences à la Sorbonne Nouvelle, Paris.

Lien pour la Revue Africaine: http://www.algerie-ancienne.com/livres/Revue/revue.htm

Bencheneb Mohamed: Florilège


À l'occasion de la tenue prochaine (12 et 13 Décembre 2011 à Médéa, Algérie) du Colloque National sur Bencheneb et la culture populaire, je mets à la disposition de mes fidèles lecteurs cet article sur le contenu de Florilège le recueil de textes de Bencheneb paru en 2007 aux Éditions Casbah, Alger.
Saadane Benbabaali

Ben Cheneb: un savant à la recherche du vra
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article de Kaddour M’HAMSADJI
L'Expression, 18 Avril 2007 - Page : 21


L’Algérianité de cet érudit exceptionnel est dans sa culture et ses écrits.
Ainsi que cela a été déjà fait lorsque l’OPU a réédité Classes des Savants de l’Ifriqiya de Mohammed Ben Cheneb (lire L’Expression de mercredi 3 janvier 2007), remercions et encourageons vivement, Casbah éditions qui vient de publier Florilège, Mountakhabât fî at-ta’lîf wa at-tardjama wa at-tahqîq de Mohammed Ben Cheneb.

Extrait de la revue Al-Mouqtataf (novembre 1929), un texte de Mohammed es-Sa‘îd ez-Zâhirî sert à la fois de présentation de l’auteur, qui venait de décéder à l’âge de 60 ans, et de préface au présent ouvrage qui réunit un choix -intéressant quoique restreint- d’articles en arabe (67 p.) et en français (300 p.) parus à des époques différentes dans des revues spécialisées (Revue Africaine, Hesperis, Revue Indigène, Journal Asiatique,...) et une célèbre thèse complémentaire, en vue du doctorat ès lettres, ayant pour titre Mots Türks et Persans conservés dans le parler algérien. Cette thèse, comme tous les travaux de longue haleine de Mohammed Ben Cheneb, est toujours consultée par les chercheurs.

L’oeuvre de Mohammed Ben Cheneb est vaste et pourrait constituer à elle seule une grande bibliothèque. Tout entière, de 1895 à 1929, elle concourt à enrichir la culture arabe et à faire connaître à l’Occident le patrimoine arabo-islamique. À cet effet, l’étonnant érudit qu’il fut dès sa première publication en 1895, révéla la qualité de son éducation, de sa formation, de sa curiosité insatiable pour apprendre plusieurs langues (l’arabe, le français, le latin, l’osmanli, le persan, l’anglais, l’espagnol, l’hébreu, le russe) afin de lire dans le texte original l’objet de ses recherches. Ses travaux de «fureteur infatigable» ont suscité un intérêt considérable dans plusieurs pays arabes (il est élu membre de l’Académie arabe de Damas, en 1920), d’Europe, d’Asie et d’Amérique.

Dans l’ouvrage publié par Casbah éditions, on a l’avantage de retrouver et de lire ou de relire quelques traces parmi les belles recherches expressives de Mohammed Ben Cheneb:
  1. Poème en l’honneur du Prophète (traduction d’un original peut-être imité d’El-Bousayrî),
  2. Itinéraire de Tlemcen à la Mekke par Ben Messaïb (le grand chanteur populaire du xviiie siècle, un Tlemcénien issu d’une famille originaire d’Andalousie),
  3. Lettre sur l’éducation des enfants par Abou Hamed El-R’azzaly,
  4. La préface d’Ibn el-‘Abbâr à sa Takmila-t-essila,
  5. la Farisiya ou les débuts de la dynastie hafside par Ibn Qonfod de Constantine,
  6. Du nombre TROIS chez les Arabes,
  7. Mots Türks et Persans conservés dans le parler algérien (ce fameux lexique, et en tant que tel, aurait dû mériter à lui seul une publication à part et une attention plus grande quant au choix de la police de caractère et de sa présentation générale pour en faciliter la consultation par les chercheurs et les étudiants),
  8. La Guerre de Crimée et les Algériens par le cheikh Sidi Mohamed Ben Isma‘il d’Alger (une longue poésie populaire où il est question des héros musulmans repoussant les premières attaques des Russes sur les bords du Danube. Commencé en 1854, le conflit s’est terminé par la défaite de la Russie consacrée par le traité de Paris de 1856),
  9. La Vie civile musulmane en Algérie, Nadhra idjmâliya fî târîkh madinat el-Djazâir,...

Un petit regret, toutefois: outre un meilleur aspect matériel, fort bien utile dans ce genre de publication, il a manqué à ce Florilège une justification éditoriale actualisée, enrichie de commentaires appropriés, -ce qui aurait mieux valu que la simple «présentation» toute prête produite en arabe et en français. Il a manqué de même une table des matières et un peu plus de soin dans l’organisation et la cohésion des textes choisis. Néanmoins, Casbah éditions a fait évidemment oeuvre pie en amorçant la diffusion d’une oeuvre prodigieusement nourrie du premier universitaire algérien, un authentique savant dont la puissance de travail et l’activité scientifique devraient inspirer la jeune génération d’étudiants de notre pays.

Signalons à ceux qui s’intéressent à Mohammed Ben Cheneb et à son oeuvre, une toute première biographie en arabe, documentée, réfléchie et écrite par ech-Chaykh ‘Abd er-Rahmân Mohammed el-Djîlâlî, un des derniers érudits algériens anciens encore en vie; elle a pour titre: Mohammed Ben Abî Cheneb, sa vie et l’empreinte de ses écrits, ENAL, Alger, 1983. La chose est sûre, «Plus d’un parmi nous, affirmait le grand orientaliste français Georges Marçais qui prononçait son discours d’adieu sur la tombe de Mohammed Ben Cheneb, plus d’un parmi nous savent que l’on ne faisait jamais appel en vain à celui que nous aimions à nommer ´´notre chikh´´. Car à la science et à la conscience du vrai savant, il joignait le don plus rare de la bonté.»
La Presse du 7 février 1929 titrait: «Un deuil à l’université d’Alger. La mort de M.Ben Cheneb. L’université d’Alger, l’Algérie et le monde savant viennent d’être éprouvés par la mort de M.le professeur Ben Cheneb de la faculté des lettres d’Alger.»



FLORILÈGE/MOUNTAKHABÂT FÎ AT-TA’LÎF WA AT-TARDJAMA WA AT-TAHQÎQ 
de Mohammed Ben Cheneb

Casbah Éditions, Alger, 2007,
 367 pages, 490 DA.
Kaddour M’HAMSADJI

Lien pour la Revue Africaine: http://www.algerie-ancienne.com/livres/Revue/revue.htm

dimanche 4 décembre 2011

Colloque national sur Mohamed Bencheneb et la culture populaire


Voici le programme du Colloque national sur

Mohamed Bencheneb et la culture populaire

الملتقى الوطني
العلامة محمد بن شنب والثقافة الشعبية

أيام 12و13 ديسمبر 2011

توطئة
:

تزخر الجزائر بأسماء لامعة تركت أثرا واضحا في نهضتها الحضارية ووثبتها الثقافية، ومن أبرز هذه الأسماء العالم الفذ، الرجل الموسوعة الدكتور محمد بن شنب الذي سبق عصره وجمع بين أصالة المظهر والمخبر ورحابة الفكر ، وقوة الحجة والبلاغة وتنوع التأليف والنشر وتعدد اللغة، فأجاد وأفاد في حقول معرفية جمة، كعلوم البلاغة، المنطق ، والسير، والتاريخ، والأمثال الشعبية، والترجمة، والتحقيق ، واللسانيات ، والثقافة الشعبية وغيرها.
ولقد ارتأينا أن نتوقف عند الثقافة الشعبية في فكر العلامة محمد بن شنب لسببين اثنين:

أولهما : الأهمية التي يكتسيها التاريخ الاجتماعي ومكانة الثقافة الشعبية كركن ركين في فهم واستيعاب هذا التاريخ الاجتماعي .

ثانيهما : التعرف على مدى اهتمام الدكتور محمد بن شنب بدراسة الثقافة الشعبية، ومدى مساهمته فيها؟ وكيف تعامل معها في ظل الهيمنة الاستعمارية ؟

وسوف نحاول أن نجيب على هذه الإشكاليات وغيرها في هذا الملتقى العلمي الذي يأتي كتكملة لملتقى محمد بن شنب المنعقد بجامعة الجزائر في الفترة من 15 إلى 17 ديسمبر 2009 ، ولسلسلة الملتقيات والأيام الدراسية التي سنتها مديرية الثقافة بالتنسيق مع جامعة المدية. في محاولة جادة للاقتراب من فكر الرجل الظاهرة محمد بن شنب .

الجـــمهـوريـة الجـزائــرية الديـمـقـــراطــية الشـعــبـيـة
وزارة الثــــقافـة
تحت رعاية معالي وزيرة الثقافة و السيد والي ولاية المدية
وبإشراف مديرية الثقافة لولاية المدية
وبالتنسيق مع جامعة المدية
جمعية بن شنب للمسرح والموسيقى تنظم

برنامج الملتقى الوطني
العلامة محمد بن شنب والثقافة الشعبية

يومي 12و13 ديسمبر 2011


اليوم الأول : 12 ديسمبر 2011
على الساعة 10:00 بجامعة المدية
الافتتاح الرسمي
كلمة السيد مدير الثقافة
كلمة السيد رئيس الجامعة
كلمة السيد رئيس الملتقى الدكتور عبد الحميد بورايو

على الساعة 10:30 انطلاق أشغال الملتقى
رئيس الجلسة: الدكتور جمال كديك
1. المحاضر :أ. محروق اسماعيل / جامعة المدية
عنوان المداخلة : العلامة بن شنب وأثاره الإبداعية
2. المحاضر : د. العربي بوجلال / جامعة سطيف
عنوان المداخلة بن شنب سيرة وأعمال
3. المحاضر : أ.عائشة ملكار/ جامعة المدية
عنوان المداخلة: صورة المرأة في الثقافة الشعبية، من خلال عينة من الأمثال الشعبية في كتاب الأمثال الشعبية لمحمد بن شنب
4. المحاضر: أ.سعيد بن زرقة / المدرسة العليا للأساتذة ببوزيعة
عنوان المداخلة : السخرية في الأمثال الشعبية من خلال معجم بن شنب للحكم والأمثال
5. المحاضر : د.لوصيف لخضر / جامعة الجلفة
عنوان المداخلة : أصالة الإيقاع في الشعر الشعبي

على الساعة 12:00 مناقشة 30 دقيقة
على الساعة : 20:00 حفل موسيقي
اليوم الثاني : 13 ديسمبر 2011
على الساعة 09:30 بجامعة المدية
رئيس الجلسة : الدكتور لخضر لوصيف

6. المحاضر : د. عبد الحميد بورايو/ جامعة الجزائر
عنوان المداخلة : النزعة الشعبية في دراسات العلامة بن شنب
7. المحاضر : د. سعدان بن باباعلي/ جامعة السربون
عنوان المداخلة : بن شنب واللغة والثقافة الشعبية
8. المحاضر: د. يمينة شيكو / جامعة الجزائر
عنوان المداخلة : زواج المسلمين بغير المسلمين في الجزائر في عهد الاحتلال عند الدكتور بن شنب .

على الساعة 11:00 مناقشة 30 دقيقة
استراحة 15 دقيقة
رئيس الجلسة :
9. المحاضر : د. لعمى عبد الرحيم / جامعة المدية
عنوان المداخلة : مستقبل الثقافة الشعبية في ظل تحديات العولمة
10. المحاضر:أ. نعيمة عقريب / جامعة تيزي وزو
عنوان المداخلة :منهج توثيق الأمثال عند الدكتور بن شنب
11. المحاضر :أ. حميد بوحبيب / جامعة البويرة
عنوان المداخلة : بن شنب وترجمة الشعر الشعبي
على الساعة 13:00 مناقشة
على الساعة 13:30 مراسيم الاختتام
قراءة التوصيات
وتوزيع الشهادات

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jeudi 10 novembre 2011

Kamel Malti : un génie exilé en son propre pays


Je ne peux m'empêcher de revenir sur la perte inestimable de mon maître Cheikh Kamel Malti que j'ai eu comme professeur à l'Université d'Alger puis comme collègue et enfin ami passionné de musique andalouse. Je lui ai rendu hommage à ma façon lors du Colloque organisé à Tlemcen en juin 2011, et je ne manquerai pas de revenir sur sa personnalité attachante et sur son génie si rare de nos jours.

Il m'a transmis sa passion de la poésie et de la musique andalouses
Il m'a appris la rigueur dans l'analyse des textes littéraires
Nous avons partagé de grands rêves sur la "résurrection" de la culture en Algérie
Il a soutenu et encouragé mes publications sur la poésie andalouse
Il est toujours vivant en moi comme en tous ceux qui l'ont connu de près ou de loin.


Photo: Avec Kamel Malti lors d'une viste à son modeste domicile de la Cité Sellier en 2005

Je voudrai aujourd'hui diffuser ce témoignage publié dans le quotidien Liberté le 09 – 04 – 2011

Dans la chronique de Abdelhakim Meziani que je salue fraternellement ici.

"Il est parti presque sur la pointe des pieds, dans une sorte d’indifférence assassine. Celle que savent réserver aux meilleurs enfants de ce pays des commis de l’idéologie dominante outrageusement incultes. Un système plus enclin à s’échiner à satisfaire les revendications les plus fantaisistes qu’à accorder une attention fondatrice à ceux qui apportent un plus à ce pays, sans rien demander en retour… Se suffisant d’une retraite des plus ridicules quand elle n’est pas réductrice. Kamel Mahieddine Malti est certes parti dans l’indifférence des clercs, comme ce fut le cas pour Mohammed Dib, Mouloud Mammeri, Kateb Yacine, Mohammed Zinet, Abderrezak Fekhardji, Cheikh Redouane Bensari ou plus récemment encore Mohammed Arkoun. Mais la mémoire des justes saura rattraper ceux-là mêmes qui continuent à jouer indéfiniment de l’avenir d’un peuple dont certaines composantes semblent réduites à ne s’accrocher qu’à la démesure, à tout ce qui est éphémère, à un moment pourtant où la contradiction principale commande une prise en charge salutaire, où le pays a plus que besoin de mettre l’intelligence au pouvoir pour préserver son unité et sa souveraineté nationale insidieusement menacées qu’elles sont par une croisade qui ne dit pas son nom…

Photo. Malti: un homme d'une culture encyclopédique.

Kamel Mahieddine Malti laisse certes un vide incommensurable, mais il a eu le mérite de jeter les bases d’une réflexion salvatrice autour du patrimoine musical classique algérien qui lui tenait particulièrement à cœur, d’abord en tant que Tlemcénien d’origine et ensuite en tant qu’Algérois d’adoption. À une période où, livré à lui-même, le mouvement associatif donnait l’impression de se complaire dans une situation caractérisée le plus souvent par le volontarisme, le mimétisme, et le seul désir de paraître à l’occasion de soirées officielles où quelques fragments des siècles d’or de l’Andalousie sont outrageusement pervertis par d’écœurantes gloutonneries jouées le plus souvent en ut majeur. Agrégé de Lettres et de Latin, il était de toutes les luttes universitaires et culturelles, et parmi les fondateurs de l’Université algérienne dès les lendemains de l’Indépendance nationale. Que d’ingratitude vis-à-vis d’un intellectuel au sens organique du terme qui s’était le premier opposé à ce que ce sanctuaire du savoir et de la science soit profané par des forces extérieures, fussent-elles de l’ordre établi. Electron libre, s’il en est, il vivait exilé en son propre pays, préférant le repli tactique aux feux de la rampe, les joutes scientifiques aux raccourcis démagogiques induits le plus souvent par des projections populistes. Je me souviens d’une contribution qu’il avait dédiée à Saint Augustin, plus précisément à la traduction de ses Confessions, et où, avec la modestie que je lui connaissais, il avait paraphrasé Michel Leiris, préfaçant en 1947 le Baudelaire de Sartre pour souligner : “Si grande poésie il y a, il sera toujours juste d’interroger ceux qui voulaient en être les porte-parole et d’essayer de pénétrer au plus secret d’eux-mêmes afin de parvenir à se faire une idée plus nette de ce dont ils rêvaient en tant qu’hommes. Et de quel autre moyen, quand on cherche cela, que de les aborder sans transe ni balbutiement de religiosité (armé du maximum de rigueur logique) et d’en user, à la fois, eux (si jaloux qu’ils puissent être de leur singularité) comme s’ils étaient des prochains, avec qui l’on se tient de plain-pied ?” Il ne pouvait en être autrement pour celui qui fut, avec son ami Mustapha Bekhoucha, un des rares Algériens à avoir enseigné aux Lycées Henri IV et Louis le Grand à Paris. Inspecteur général de l’enseignement secondaire, il impressionnait beaucoup le personnel relevant de sa compétence tant par l’océan de savoir qu’il était que par sa modestie légendaire. Pour ceux qui ne le savent pas déjà et s’il est permis de paraphraser le musicologue Fayssal Benkalfat, il a joué un rôle fondamental dans la reconstitution du patrimoine musical classique du pays, principalement algérois et tlemcénien, et ce jusqu’à l’ultime khlass zidane dont il nous gratifia, à partir de Dijon où il fut hospitalisé grâce à la sollicitude de Mme la ministre de la Culture. Je me souviens de l’époque où nous étions tous deux à l’association El Fakhardjia où il fut mon seul soutien à un moment où j’avais décidé d’en découdre avec le localisme et le régionalisme donnant une dimension nationale à la réappropriation du patrimoine nous tenant à cœur et d’organiser des concerts de musique classique algérienne dans des quartiers populaires, bien loin des cercles fermés et de l’exclusion castratrice, voire pseudo-citadine…

A. M.mezianide@djaweb.dz