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samedi 28 décembre 2019

Poésie et poètes arabes

 

Poésie et poètes


1- Les bardes du désert

Ce qui caractérise la langue arabe, comme d’autres langues sémitiques – tels l’hébreu ou le syriaque - c’est le fait que chaque mot est formé d’un squelette  de consonnes – trois en général -. Celles-ci constituent la racine invariable qui exprime le sens primitif. Mais, sans les voyelles, les consonnes sont inertes. Le souffle du poète ou plutôt son “ expir ” est justement l’acte par lequel il insuffle une âme à des squelettes qui, revêtus de chair, se mettront à vivre au rythme et à la cadence que leur communique le poète.
L’acte poétique, comme la respiration, est constitué de deux moments : un inspir et un expir. Le poète entretient avec le monde invisible un rapport particulier. Il est un réceptacle privilégié de puissances et de pouvoirs magiques. Il en retire des impressions, des sensations et une vision souvent proches du fantastique. C’est en ceci que le poète est un “ habitant d’une autre planète ”. Ses mots empruntent au langage commun une enveloppe qui recouvre souvent des significations nouvelles et inédites. C’est la raison pour laquelle aucun dictionnaire ne donnera le sens d’un poème.

Le poète de la période préislamique (nommée à tort Djahiliyya = « ignorance » الجاهلية ) considérait sa vocation comme surnaturelle : c’est un “ initié ” et la texture de ses vers lui est dictée par son djinn particulier. Le djinn est cette puissance chtonienne qui inspire le poète. Il est la voix d’une réalité supra-rationnelle qui lui révèle des choses inaccessibles au commun des mortels.
Voici comment un poète du Préislam évoquait sa communication avec “ l’invisible ” :

“ Au lever de l’aurore, j’ai sellé ma chamelle,
Et, la conduisant par la bride, j’ai été me placer sur la montagne.
Là, j’ai appelé, à grands cris, mon démon familier.
Bientôt, ma verve s’est échauffée,
Ma poitrine était semblable à un vase dans lequel l’eau bouillonne.
Je n’ai quitté ce lieu qu’après avoir composé 113 vers ”.

Les mots arabes qui expriment ce moment particulier où le poète est pénétré par les forces invisibles sont al-wahy et al-ilhâm ( الوحي والالهام) qui expriment l’idée de souffle qui se déverse, qui pénètre l’âme du poète. Ces mêmes mots sont utilisés pour exprimer la réalité divine qui s’empare quasiment des prophètes pour leur dicter le message divin.
Mais, aussi inspiré soit-il, le poète est toujours contraint de s’exprimer dans un cadre formel indépendant de son choix. Il doit se plier presque toujours à une structure définie avec rigueur par ses prédécesseurs.


2 - La qasîda archaïque

La poésie arabe est dominée par la forme qasîda (القصيدة). Cette ode ancienne prend sa source dans le désert d’Arabie où les poètes remplissaient, au sein de leurs tribus très fortement soudées, une fonction sociale importante. Porte-paroles de leurs communautés, ils glorifiaient leurs hauts faits et forgeaient contre leurs ennemis des poèmes satiriques parfois plus puissants que des flèches ou des javelots.
La qasîda est construite selon une succession de vers (bayt pl. abyât) composés chacun de deux hémistiches (shatr pl. ashtàr شطر ). Le bayt s’achève par une rime (qâfiya pl. qawâfi  قافية) et il est construit sur un mètre (bahr pl. buhûr بحر) qui reste le même tout le long du poème.

La qasîda est la forme poétique qui correspond le mieux à la réalité du nomade de l’époque préislamique. Parcourant d’immenses contrées, où domine une apparence d’uniformité, il sait cependant percevoir et exprimer la diversité et le changement dans la répétition. Il connait, mieux que personne, la richesse et la variété du paysage désertique. Ici se trouve un point d’eau et là sont visibles les restes d’un campement que des proches ont établi le temps d’une halte.
Du point de vue rythmique, chaque bayt est une unité respiratoire qui ne peut excéder un certain volume. Son étalement est fonction des capacités respiratoires humaines. A l’origine, le poème est composé en vue d’être déclamé en public par un rhapsode (râwi pl. ruwât  راوي) qui seconde souvent le créateur du poème dans cette tâche.

Sur le plan sémantique, chaque bayt possède, selon la tradition, une autonomie. Chaque vers doit se suffire à lui-même et porter un sens complet même s’il participe avec ce qui le précède et / ou le suit à une signification plus large.
Ainsi, le vers apparaît comme étant une entité signifiante tributaire du souffle par son mètre et lié au flux sanguin et au battement du cœur par son rythme (wazn pl. awzân وزن). La structure de la qasîda est binaire. Chaque vers comporte deux hémistiches où s’expriment :
-               des idées complémentaires ;
-               des idées opposées ou antithétiques ;
-               des idées proches ou parallèles.
Quant à la complémentarité, elle permet de lier la cause à la conséquence, le thème au prédicat, l’action au lieu où elle se déroule ou à celui qui l’accomplit.

De cette période primitive nommée Djahiliyya après la révélation coranique, il ne reste que peu de choses des créations poétiques. Transmis oralement, beaucoup de poèmes ont été soit complètement perdus, soit fondus dans la production ultérieure selon un mécanisme qui serait à peu près le suivant : “ on garde et on continue à véhiculer la part de poésie qui correspond aux transformations de la société arabe et on oublie ce qui devient anachronique ”. Ce qui nous est parvenu est un ensemble de compositions appelées “ mu‘allaqat ” qui serviront longtemps de modèles à tous les poètes arabes, notamment des premiers siècles de l’Islam. Mais cette poésie pose de si nombreux problèmes que le lettré égyptien Taha Husayn (1889-1973) a jeté, en 1926, un doute profond sur son authenticité. Ses positions, exprimées dans une thèse célèbre (Fî al-shi‘r al-djâhilî ), ont suscité un profond débat et ébranlé les convictions de l’intelligentsia arabe de l’époque.

             
3 - L’inspiration divine

Le Coran comporte une sourate intitulée précisément al-shu‘arâ’(“ les poètes ”) où Dieu dit à son messager :
“ Le Coran est une révélation du Seigneur des mondes,
 l’Esprit fidèle est descendu avec lui dans ton cœur”. (Versets) 193-194
Le Coran est d’abord un texte sacré qui s’adresse aux hommes pour les appeler à nouer une “ alliance ” avec le Créateur sur la base de rites et d’une éthique communautaires. Mais l’une des particularités du Coran est d’avoir été révélé dans une langue dont les premiers destinataires ont cru reconnaître celle des poètes et surtout celle des kuhhân (كاهن كهّان), ces devins de la société préislamique. En effet, les premières sourates annoncent l’imminence de la fin du monde et décrivent les châtiments auxquels seront voués les mécréants dans des images terribles et saisissantes. Le style des sourates mecquoises fit dire à Taha Husayn que le Coran peut être considéré comme « le premier texte écrit » de la période préislamique par la vision du monde et la représentation sociale et cosmique qu’il contient.
Mais pour répliquer aux Quraychites qui accusaient Muhammad d’être un poète inspiré par les “ démons ”, Le Coran précise :
“ Ce ne sont pas les démons qui sont descendus avec le Coran ”.
 Suit alors un jugement sévère à l’égard des poètes :
“ Quant aux poètes : ils sont suivis par ceux qui s’égarent.
Ne les vois-tu pas ? Ils divaguent dans chaque vallée
Et disent ce qu’ils ne font pas ”.

Le Coran met les poètes au défi de pouvoir forger un seul verset équivalent à ceux que Dieu a révélés à son Prophète. D’ailleurs, le seul miracle dont fait état l’Islam est cette mu`djiza ou miracle verbal sans précédent.
Dans ces conditions, on peut imaginer ce qu’a pu être la situation des poètes au cours des premiers siècles de l’Islam. Mis en demeure de produire une parole de même force expressive ou de reconnaître leur impuissance, ils se retrouvèrent dans une situation très intenable. Soit ils tentaient de relever le défi et se déclaraient, de ce fait, concurrents du Créateur, avec toutes les conséquences qu’on peut imaginer, ou ils déclaraient leur infériorité et  se condamnaient ainsi au silence.
Cependant, la société arabe, même islamisée, ne pourra pas se passer des poètes. Le Prophète, réceptacle et émissaire de la parole de Dieu, est aussi un arabe sensible à la magie du verbe. Il offre alors une issue aux poètes en se référant au texte divin lui-même qui, dans son rejet des poètes, fait une exception - qu’on oublie souvent de citer- pour ceux d’entre-eux qui se soumettent à Dieu. C’est ainsi que Muhammad utilisera le talent du poète Hassan Ibn Thâbit dans sa lutte contre les ennemis de la nouvelle doctrine. Désormais, le poète n’est d’aucune tribu ; il est au service d’une communauté soudée non plus par des liens de sang mais par une conviction religieuse et un credo plus puissant que les rapports de parenté. Beaucoup de choses ont changé mais la fonction du poète est demeurée fondamentalement la même : il est le porte parole d’une communauté, le défenseur d’une cause et le gardien d’une nouvelle mémoire collective.


4 - Évolution de la poésie

Les Omeyyades transfèrent la capitale de l’Islam à Damas, mais ils maintiennent l’héritage poétique en l’état pendant leur règne. Avec les Abbasides, qui feront de Bagdad une véritable mégapole vers laquelle affluent les convertis de toutes les contrées conquises, la société musulmane devient véritablement citadine. Les anciens liens sociaux éclatent permettant l’émergence de l’individu au sens moderne du mot. Le poète cesse de se sentir prisonnier de liens claniques ou tribaux étroits. Il doit désormais assurer sa subsistance en vendant la seule chose monnayable qu’il possède : sa capacité de forger des poèmes. Le mécénat se met en place dans ces conditions pour pallier à la disparition de la protection que le poète trouvait auparavant au sein de sa tribu. C’est une période difficile pour certains poètes, mais elle fut pour les meilleurs d’entre eux une occasion d’enrichissement et de renommée. Les califes, princes ou membres influents de la société arabe, enrichie par sa formidable expansion, s’attachent des poètes qui sont obligés de donner à leurs œuvres une nouvelle configuration. Les poètes des cités abbassides abandonnent les thèmes liés à l’errance bédouine parce que les auteurs du IIIème/IXème siècle vivent dans un nouvel environnement tant géographique que social.
Les contemporains d’Abû Nuwâs (756-814), à l’époque de Harûn al-Rachid ont besoin de commentaires pour comprendre le sens des “Mu‘allaqât”. Pour saisir toutes les nuances qui faisaient la richesse et l’originalité des descriptions du désert, des éléments naturels et de la faune qui se trouvent dans les poèmes d’un Labid, Chanfara ou Imru’ al-Qays, il fallait désormais des “dictionnaires”. On abandonne alors un langage qui a été forgé pour exprimer des relations sociales et une nature que beaucoup de gens ne connaissent plus concrètement. Par contre, dans sa structure, le poème ne changera pas fondamentalement avant le mouvement de rénovation poétique qu’a connu al-Andalus à la fin du 10e siècle

 
5 - La “ création ” du muwashshah

C’est en Espagne Musulmane qu’une étape importante de l’évolution poétique arabe sera franchie. Après une période où les différentes populations vécurent dans l’ignorance mutuelle, une symbiose exemplaire finit par se réaliser. Commencée sous le régime  des “ gouverneurs ”, poursuivie sous l’Emirat puis le Califat omeyyade (de 756 au début du XIe siècle) , elle atteignit son sommet à l’époque des “ Mulûk al-Tawâ’if ”. Les communautés religieuses (musulmans, juifs et cgrétien) et ethniques (arabes, berbères et ibères) tissèrent entre elles des liens solides et la masse des convertis et arabisés espagnols finit par dépasser largement, en nombre, celle des Arabes et même des Berbères du Maghreb.
Dans ces conditions, une synthèse s’opère sur le plan culturel en général et linguistique en particulier. Si, pour les besoins administratifs et la production savante ou littéraire châtiée, on utilise l’arabe littéraire, dans la rue, pour leurs besoins quotidiens, les habitants d’al-Andalus communiquent dans un arabe local. Mélange des différentes langues, l’andalou reflète l’état d’une société métissée où les particularismes coexistent dans une tolérance mutuelle fructueuse. Le muwashshah (poésie strophique الموشّح) et surtout le zadjal (recourant à la la langue vernaculaire) vont désormais constituer la signature d’al-Andalus sur le plan poétique et l’emblème de son indépendance culturelle par rapport à l’Orient.

Jusqu’ici, la seule poésie tolérée dans les cours omeyyades d’Espagne et par les hommes de lettres andalous était celle qui se contentait d’imiter ce qui se pratiquait à Damas ou à Bagdad. Toute  tentative d’innovation était bannie : “ il fallait composer comme les Anciens ou se taire ”. Mais la nouvelle sensibilité andalouse finit par triompher des attitudes conservatrices. Par ailleurs, sur le plan musical, une rénovation importante a vu le jour à partir de la fin du Xe siècle avec la constitution du système modal appelé nawba. Celle-ci exigeait une poésie qui correspondait aux combinaisons rythmiques variées qui la caractérisaient. La qasîda antique perdra peu à peu de sa prééminence dans le domaine du chant jusqu’à sa disparition complète dans le répertoire maghrébo-andalou.

La qasîda, comme son nom l’indique, constitue un itinéraire que le poète emprunte pour parvenir à son qasd, c’est à dire son objectif, son but. Ouvrant son poème par un prologue amoureux (le nasîb), le shâ`ìr accomplissait un parcours dans le rahîl ( où il décrivait le paysage traversé) avant de montrer sa prouesse dans la jactance et surtout l’éloge (le madîh) du mécène auquel il adressait sa demande.
Construit différemment, le muwashshah comporte lui aussi un itinéraire. L’apparente monotonie de la rime et du mètre unique a laissé la place à la diversité du tissage rythmique de la strophe. Le poète fait alterner des vers de mètres et de rimes différents constituant une texture apparemment désordonnée. Mais, si “ désordre ” il y a, il s’agit d’un désordre organisé.
Le plus souvent, le muwashshah dit tâmm (complet) s’ouvre sur le matla` ou madhhab, littéralement  “ point de départ ”. Il se poursuit ensuite avec un nombre variable de strophes constituées chacune d’ensembles liés sémantiquement : le ghusn qui annonce un thème et un qufl, véritable “ fermoir ” qui la clôt.
Mais la particularité de ce nouveau genre de poème réside dans son aboutissement. Le parcours se termine en effet par une pointe finale toujours attendue par les amateurs du muwashshah : la “ succulente ” khardja. Cette “ sortie ”, est l’étape ultime d’un parcours agréable où dans une nature complice, les amants dégustaient les coupes de l ‘amour « courtois ». Composée à la fois bien en arabe qu’en langue hispanique, elle devient une sorte de lieu de rencontre, le carrefour de sensibilités différentes mais complémentaires. 

Saadane Benbabaali
Texte revu et corrigé le 27 Décembre 2019
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lundi 10 octobre 2011

L'infinitif en arabe

Au cours de la prochaine séance, nous aborderons la question de l'infinitif. Je vous demande de réfléchir à la question en traduisant les expressions suivantes:

L'infinitif ( seul) a des fonctions très diverses. Il marque une action placée hors du temps dont le sujet est le même que celui du verbe précédent.


1. Infinitif complément:
Je veux te voir.
‎أريد أن أراك‫/‬ أريد رؤيتكك
Il s'efforce de bien écrire
‎ يحاول \يجتهد في الكتابة الحسنة
‎في أن يُحسن الكتابة


2. Mentir est honteux
‎الكذب عار

3. après un verbe inchoatif (aspect d’un verbe propre à indiquer soit le commencement d'une action ou d'une activité, soit l'entrée dans un état)
Il est sur le point de partir
‎إنّه على وشك المغادرة/الذهاب
Il s'est mis à écrire
‎بدأ/شرع يكتب/في الكتابة

4. Valeur finale:
Il étudie pour réussir
‎يدرس لينجح
je suis venu pour vous visiter
‎جئت لأزوركم/ لزيارتكم

5. remplacement d'une exceptive:
Il resta deux jours sans manger
‎بقي يومين دون أكل‫/‬ بقي يومين دون أن يأكل

6. complément de nom ou d'adjectif:
Le désir d'apprendre
‎الرغبة في التعلم
il est beau à voir
‎هو جميل المنظر

2° La proposition infinitive suppose que son sujet est différent de celui de la proposition principale, et il est souvent inversé:
Le roi vit partir son fils (un matin).
‎رأى الملك ابنه ينطلق (في صباح أحد الأيام

Traduire pour le 19 Octobre 2011:

Le roi appela son vizir et lui dit:
- Je veux voir mon fils tout de suite!
- Majesté, je vais l'appeler.

Le vizir revint et annonça au roi:
- votre fils refuse de vous voir
- il refuse de me voir? Et pourquoi donc?
- il dit qu'il se prépare à partir
- partir où?
- à la chasse!
- partir à la chasse sans mon ordre? faites-le venir de force s'il le faut, mais faites-le venir! Désobéir à son père est honteux! Il doit obéir sinon je le ferai emprisonner dans la tour.
- Je m'efforçais de lui expliquer cela, mais je l'ai vu sur le point de partir.

mardi 22 mars 2011

شغف Dans Lisân al-'Arab

شغف: الشُّغافُ: داء يأْخذ تحت الشَّراسِيفِ من الشِّقِّ الأَيمن؛ قال
النابغة:
وقد حالَ هَمٌّ دونَ ذلك والِجٌ
مَكانَ الشُّغافِ تَبْتَغِيه الأَصابِعُ
(* في ديوان النابغة: شاغل بدل والج.)
يعني أَصابع الأَطِبّاء، ويروى وُلُوج الشُّغاف.
والشَّغافُ: غِلافُ القَلْب، وهو جلدة دُونَه كالحجاب وسُوَيْداؤه.
التهذيب: الشَّغافُ مَوْلِجُ البَلْغم، ويقال: بل هو غشاء القلب. وشَغَفَه
الحُبُّ يَشْغَفُه شَغْفاً وشَغَفاً: وصَل إلى شَغافِ قلبه. وقرأَ ابن
عباس: قد شَغَفَها حُبّاً، قال: دخل حُبُّه تحت الشَّغاف، وقيل: غَشَّى
الحبُّ قَلْبَها، وقيل: أَصاب شَغافها؛ قال أَبو بكر: شَغافُ القلب وشَغَفُه
غِلافُه؛ قال قيس بن الخطيم:
إني لأَهْواكِ غيْرَ ذي كَذِبٍ،
قد شَفَّ منِّي الأحْشاءُ والشَّغَفُ
أَبو الهيثم: يقال لحجابِ القلب وهي شَحْمة تكون لِباساً للقلب
الشَّغافُ، وإذا وصل الداء إلى الشَّغاف فلازَمه مَرِضَ القلب ولم يصِحّ، وقيل:
شُغِفَ فلان شَغْفاً. أَبو عبيد: الشَّغفُ أَن يبلغ الحب شَغاف القلب، وهي
جلدة دونه. يقال: شَغَفَه الحُبُّ أَي بَلغ شَفافَه. وقال الزجاج: في
قوله شَغَفَها حُبّاً ثلاثة أَقوال: قيل الشَّغاف غِلاف القلب، وقيل: هو
حَبّة القلب وهو سُوَيْداء القلب، وقيل: هو داء يكون في الجوف في
الشَّراسِيف، وأَنشد بيت النابغة. قال أَبو منصور: سمي الداء شَغافاً باسم شَغاف
القلب، وهو حجابه وروى الأَصمعي أَن الشغاف داء في القلب إذا اتصل
بالطِّحال قتل صاحبه، وأَنشد بيت النابغة، وروى الأَزهري عن الحسن في قوله قد
شغفها حبّاً، قال: الشَّغَفُ أَن يَكْوِي بَطنَها حُبُّه. وروي عن يونس
قال: شَغَفَها أَصاب شَغافها مثل كَبَدَها. ابن السكيت: الشَّغاف هو
الخِلْبُ وهي جُليدة لاصقة بالقلب، ومنه قيل خَلبَه إذا بلغ شَغافَ قلبِه. وقال
الفراء: شغفها حُبّاً أَي خَرَقَ شَغافَ قلبها ووصل إليه. وفي حديث عليّ،
كرم اللّه وجهه: أَنْشَأَه في ظُلَمِ الأَرْحامِ وشُغُفِ الأَسْتار؛
استعار الشُّغُفَ جمع شَغاف القلب لموضع الولد. وفي حديث ابن عباس: ما هذه
الفُتْيا التي تَشَغَّفَتِ الناسَ أَي وَسْوَسَتْهم وفَرَّقَتهم كأَنها
دخلت شَغاف قلوبهم. وفي حديث يزيد الفَقِير: كنت قد شَغَفني رأْيٌ من رأْيِ
الخوارجِ. وشُغِف بالشي، على صيغة ما لم يسم فاعله: أُولِعَ به. وشَغِفَ
بالشيء شَغَفاً، على صيغة الفاعل: قَلِقَ. والشَّغَفُ: قِشْرُ شجر
الغافِ؛ عن أَبي حنيفة.
وشَغَفٌ: موضع بِعُمانَ يُنْبِتُ الغافَ العظام؛ وأَنشد الليث:
حتى أَناخَ بذاتِ الغافِ من شَغَفٍ،
وفي البلاد لهم وُسْعٌ ومُضْطَرَبُ

غلم Dans Lisân al-Arab

غلم: الغُلْمةُ، بالضم: شهوة الضِّرَاب. غَلِمَ الرجلُ وغيرهُ، بالكسر،
يَغْلَِمُ غَلْماً واغْتَلَمَ اغْتِلاماً إذا هاجَ، وفي المحكم: إذا
غُلبَ شهوةَ، وكذلك الجارية. والغِلِّيمُ، بالتشديد: الشديد الغُلْمة، ورجل
غَلِيمٌ وغِلِّمٌ ومِغْلِيمٌ، والأُنثى غَلِمة ومِغْلِيمةٌ ومِغْلِيمٌ
وغِلِّيمةٌ وغِلِّيمٌ؛ قال:
يا عَمْرُو لو كُنتَ فَتىً كَريما،
أَو كُنْتَ ممَّنْ يمنع الحَرِيما،
أو كان رُمْحُ اسْتِكَ مُسْتَقِيما
نِكْتَ به جاريةً هَضِيما،
نَيْكَ أَخيها أُخْتَكَ الغِلِّيما
وفي الحديث: خَيْرُ النساء الغَلِمةُ على زوجها؛ الغْلْمةُ: هَيَجان
شهوة النكاح من المرأَة والرجل وغيرهما. يقال: غَلِمَ غُلْمةً واغْتَلَمَ
اغتلاماً، وبَعِيرٌ غِلِّيمٌ كذلك. التهذيب: والمِغْلِيمُ سواء فيه الذكر
والأُنثى، وقد أَغْلَمهُ الشيءُ. وقالوا: أَغْلَمُ الأَلبان لَبَنُ
الخَلِفةِ؛ يريدون أَغْلم الأَلبان لمن شربه. وقالوا: شُرْبُ لبن الإيَّل
مَغلَمةٌ أي أَنه تشتدُّ عنه الغْلْمة؛ قال جرير:
أَجِعْثِنُ قَدْ لاقَيْتِ عِمرانَ شارِباً،
عَلى الحَبَّةِ الخَضْراءِ، أَلْبانَ إيَّلِ
وفي حديث تميم والجَسَّاسة: فصادفنا البحر حين اغْتَلَم أي هاج واضطربت
أَمواجه. والاغُتِلام: مجاوزة الحدّ. وفي نسخة المحكم: والاغْتِلامُ
مجاوزة الإنسان حَدَّ ما أُمر به من خير أَو شر، وهو من هذا، لأن الاغتلام في
الشهوة مجاوزة القدر فيها. وفي حديث عليّ، رضي الله عنه: قال تَجَهِّزوا
لقتال المارِقِين المُغْتَلمين. وقال الكسائي: الاغْتلام أن يتجاوز
الإنسان حدّ ما أُمر به من الخير والمباح، أي الذين جاوزوا الحد. وفي حديث
علي: تَجَهَّزوا لقتال المارقين المُغْتَلمين أي الذين تجاوزوا حَدَّ ما
أُمروا به من الدين وطاعة الإمام وبَغَوْا عليه وطَغَوْا؛ ومنه قول عمر،
رضي الله عنه: إذا اغْتَلَمَتْ عليكم هذه الأَشربة فاكْسِروها بالماء. قال
أَبو العباس: يقول إذا جاوزت حَدَّها الذي لا يُسْكِرُ إلى حدها الذي
يسكر، وكذلك المغتلمون في حديث علي. ابن الأعرابي: الغُلُمُ المحبوسون،
قال: ويقال فلان غُلامُ الناس وإن كان كَهْلاً، كقولك فلان فَتى العَسْكَر
وإن كان شيخاً؛ وأَنشد:
سَيْراً ترى منه غُلامَ الناس
مُقَنَّعاً، وما بهِ مِنْ باس،
إلا بَقايا هَوْجَلِ النُّعاس
والغُلامُ معروف. ابن سيده: الغُلامُ الطَّارُّ الشارب، وقيل: هو من حين
يولد إلى أَن يشيب، والجمع أَغْلِمَةٌ وغِلْمَةٌ وغِلْمانٌ، ومنهم من
استغنى بِغِلْمَةٍ عن أَغْلِمَةٍ، وتصغير الغِلْمة أُغَيْلِمَةٌ على غير
مُكَبَّره كأنهم صَغَّرُوا أَغْلِمَة، وإن لم يقولوه، كما قالوا
أُصَيْبِيَة في تصغير صِبْيَة، وبعضهم يقول غُلَيْمة على القياس، قال ابن بري:
وبعضهم يقول صُبَيَّة أَيضاً؛ قال رؤبة:
صُبَيَّة على الدُّخانِ رُمْكا
وفي حديث ابن عباس: بَعثَنا رسول الله، صلى الله عليه وسلم، أُغَيْلِمَة
بني عبد المطلب من جَمْعٍ بلَيْلٍ؛ هو تصغير أَغْلِمة جمع غُلام في
القياس؛ قال ابن الأثير: ولم يرد في جمعه أَغْلِمة، وإنما قالوا غِلْمَة،
ومثله أُصَيْبِيَة تصغير صِبْيَة، ويريد بالأُغَيْلمة الصِّبْيان، ولذلك
صغرهم، والأُنثى غُلامةٌ؛ قال أَوس بن غَلْفاء الهُجَيمي يصف فرساً:
أَعانَ على مِراس الحَرْب زَغْفٌ،
مُضاعَفَةٌ لها حَلَقٌ تُؤَامُ
ومُطَّرِدُ الكُعوب ومَشْرَفِيٌّ
من الأُولى، مَضَارِبُه حُسامُ
ومُركضَةٌ صَرِيحِيٌّ أَبُوها،
يُهانُ لها الغُلامةُ والغُلامُ
وهو بَيِّنُ الغُلُومة والغُلُوميَّة والغُلامِيَّة، وتصغيره غُلَيِّم،
والعرب يقولون للكهل غُلامٌ نَجيبٌ، وهو فاشٍ في كلاهم؛ وقوله أَنشده
ثعلب:
تَنَحَّ، يا عَسيفُ، عَنْ مَقامِها
وطَرِّحِ الدَّلْوَ إلى غُلامِها
قال: غُلامُها صاحِبُها.
والغَيْلَمُ: المرأَة الحَسْناء، وقيل: الغَيْلَمُ الجارية
المُغْتَلِمةَ؛ قال عياض الهذلي:
مَعِي صاحِبٌ مِثلُ حَدِّ السِّنان،
شَدِيدٌ عَلى قِرْنِهِ مِحْطَمُ
وقال الشاعر:
من المُدَّعِينَ إذا نُوكِرُوا،
تُنِيفُ إلى صوته الغَيلَمُ
الليث: الغَيلَمُ والغَيْلَمِيُّ الشابُّ العظيم المَفْرِق الكثير
الشعر. المحكم: والغَيْلَمُ والغَيلَمِيُّ الشاب الكثير الشعر العريض مَفْرِقِ
الرأْس. والغَيْلَمُ: السُّلَحْفاة، وقيل: ذكَرُها. والغَيْلَمُ أَيضاً:
الضِّفْدَع. والغَيْلَمُ: مَنْبَعُ الماء في البئر. والغَيْلَمُ:
المِدْرى؛ قال:
يُشَذِّبُ بالسِّيْفِ أَقْرانَهُ،
كما فَرَّقَ اللِّمَّةَ الغَيْلَمُ
قال الأزهري: قوله الغَيْلم المِدْرى ليس بصحيح، ودل استشهاده بالبيت
على تصحيفه. قال: وأَنشدني غير واحد بيت الهذلي:
ويَحْمِي المُضافَ إذا ما دَعا،
إذا فَرَّ ذو اللِّمِّةِ الغَيْلَمُ
قال: هكذا أنشدنيه الإيادي عن شمر عن أبي عبيد وقال: الغَيْلَمُ العظيم،
قال: وأَنشدنيه غيره:
كما فَرَّقَ اللِّمَّةَ الفَيْلَمُ
بالفاء، قال: وهكذا أَنشده ابن الأَعرابي في رواية أَبي العباس عنه،
قال: والفَيْلَمُ المُشْط، والغَيْلَمُ: موضعٌ في شعر عَنترة؛ قال:
كيْفَ المَزارُ، وقد تَرَبَّعَ أَهْلُها
بعُنَيزَتَيْنِ، وأَهْلُنا بالغَيْلَم؟

jeudi 1 juillet 2010

ماذا يترجم العرب وكيف يترجمون؟ Amin Zaoui et le problème de la traduction


ماذا يترجم العرب وكيف يترجمون؟ ارتجال وقرصنة وفوضى

2009.04.23 بقلم الدكتور: أمين الزاوي

خلال الخمسين سنة الماضية، لم يتجاوز العرب في كل ما ترجموه وفي كل الطبوع والفنون عتبة العشرة آلاف كتاب، أربعة آلاف منها قامت بترجمتها هيئات أجنبية. وحتى في هذا العدد المخجل والبئيس تميز هذا المنجز الترجمي بالفوضى والارتجال والقرصنة. وبهذه الحال ومن خلالها تكشف عن علاقة مبتورة ومتخلفة مع الآخر ومع الفكر والإبداع الإنسانيين. وهي الحال الحزين التي تعري علاقة العرب بالكتاب.

•إن الترجمة تكشف وبشكل مباشر عن ذوق القارئ الذي تتم الترجمة لأجله وله، وتكشف في الوقت نفسه عن مستوى الانشغالات الأساسية للإنتلجانسيا التي يراهن عليها المجتمع في عملية التغيير والتنمية.
•إذا ما أردنا أن نعرف مدى تطور شعب من الشعوب أو لغة من اللغات أو فكر من الأفكار العالمية علينا أن نقيس ما قيمة الترجمة عند هذه الأمة أو في هذه اللغة أو منها. واللغة التي لا يترجم إليها ولا يترجم بها تموت. لأن الترجمة تمرين للغة من خلال استعمالها واستيعابها وتوصيلها وتبنّيها ما يجد في المحيط التاريخي الراهن الذي تعيشه.
•إن عزوف العربي عن الترجمة ليس سببه تدهور تعليم اللغات في البلدان العربية وحسب، هذا التعليم الذي أضحى هزيلا في الجامعات الحكومية كما في الجامعات الخاصة، إنما هو نتاج إحساس مريض يسكن الذات العربية ونعني به »الشعور بالاكتفاء الذاتي« في الفكر والإبداع، فنحن أمة الشعر إذن لا داعي لترجمة الشعر، ونحن أمة لغة الجنة فلا داعي لتعلم لغات أخرى، ونحن من صدّرنا الطب والحكمة للآخر إذن لا داعي لتعلم ما أعطيناه البارحة للآخر، ونحن شعب لغة البيان فلا داعي لترجمة الرواية ونحن ونحن ونحن... إن ثقافة النخوة التي ورثناها من عهود الفكر الفروسي لاتزال هي المتحكمة في سلوكنا وفي طرق تعاملنا مع الآخر فكرا وإبداعا.
•كل شيء قد يكون فيه اكتفاء ذاتي، في الاقتصاد والتجارة والتقنيات، إلا الفنون والآداب. تظل كل أمة، مهما تطورت، بحاجة إلى اكتشاف منجزات الآخر. وهذا الاكتشاف هو الذي ينقذ البشرية من أمرين: التخلف (حالنا) من جهة والتنميط (حالة الغرب) من جهة أخرى.
•وحتى يدخل العرب التاريخ دخولا مضمونا ومؤكدا عليهم إعادة النظر في واقع الترجمة لديهم. وحتى تكون الترجمة التي ننشدها مندرجة ضمن رؤية تنموية ومستقبلية نحتاج أول ما نحتاج إليه وقبل الانطلاق في أي مشروع وطني أو قومي إلى:
•1-وضع قاعدة بيانات مضبوطة ودقيقة لكل ما ترجم حتى الآن من اللغات والحضارات المختلفة إلى العربية وهذا مشروع يمكن أن تتبناه جهة من الجهات التي تعنى بالبحث.
•2- نحتاج أيضا إلى وضع تقييم دقيق وجريء بعيدا عن السياسوية الشعبوية التعليمية لواقع تعليم اللغات الأجنبية في جامعاتنا، وذلك لمعرفة واقع التدريس وكذا لمعرفة واقع اللغات الأجنبية في العالم العربي. وبالتالي وضع استراتيجية جديدة لإنقاذ تعليم اللغات الأجنبية وكذا لمعرفة لماذا يعزف العربي عن تعلم اللغات الأجنبية.
•3- ونحتاج أيضا إلى وضع قاعدة بيانات دقيقة لكل ما ترجم من العربية أو من فكر العرب إلى اللغات الأخرى. ومحاولة قراءة هذه الترجمات لأنها الخطاب الذي يسوق صورتنا المشكلة في ذهن وتصورات الآخر عنا. حين ندرك ذلك نكون بالمقابل قادرين، إذا ما توفرت الرغبة، على تصحيح هذه الصورة وتوجيهها وإعادة تشكيلها.
•4- ونحتاج قبل هذا وذاك إلى قاعدة بيانات لمعرفة قائمة شاملة للمترجمين العرب لأن هذه الطاقة العربية الكبيرة هي التي نعتمد عليها في نقل الآخر إلينا، وهي نافذتنا التي نطل منها على هذا الآخر بكل تنوعه.
•5- ونحتاج إلى قاعدة بيانات عن المترجمين العالميين، على قلتهم، في كل اللغات الذين ينقلون بها وفيها ما ينتجه العرب إلى شعوب العالم. وهو ما يجعلنا نفكر بجد في دعم هذا الطابور من جنود الخفاء.
•للأسف فعلى قدر ما قدمه بعض المترجمين الأجانب والعرب وما بذلوه من مجهودات من أجل توصيل صورة عن ثقافتنا إلى الآخر إلا أن العرب لم يولوهم أية أهمية ولعلي هنا أذكر ببعض الأسماء الكبيرة للتدليل على ذلك: أندريه ميكال، روني خوام؛ جاك بيرك، جمال الدين بن الشيخ وغيرهم والذين تم تجاهل فضلهم على الثقافة العربية ولم يكرموا التكريم اللائق بمقامهم لا في الحياة ولا بعد الموت
•على هذه القاعدة الأولية وانطلاقا من هذه المقاربة أريد أن أؤكد أيضا على ضرورة حضور الدولة في دعم الترجمة، وأن يكون هذا الدعم موجها لهيئات خاصة وحكومية تتولى متابعة الترجمة مع المحافظة على استقلالية العمل من الضغوطات والتوظيفات السياسوية.
•6- و لمعاينة حجم الكارثة التي يعيشها الفكر العربي في باب الترجمة، وعلى المباشر، أدعو إلى تأسيس مكتبة عربية خاصة تجمع فيها جميع الكتب المترجمة وفي كافة الميادين، الكتب المترجمة من وإلى العربية. آنذاك سنكتشف هول الكارثة الفكرية ونكتشف لماذا طغيان ثقافة الخوف من الآخر عند الإنسان العربي ولماذا ثقافة الخوف من العربي عند الآخر.
•وحين أقف أمام هول هذه الكارثة التي نعيش نفقها ونفاقها، فإنني لا أنفي أبدا بعض المجهودات التي بذلت من قبل بعض الشخصيات التي تحولت إلى مؤسسات وهنا أذكر بما تقوم به الدكتورة سلمي خضراء الجيوسي من ترجمات الآداب والحضارة العربية إلى الإنجليزية.
•كما لا يمكن تجاهل العمل الذي كان يشرف عليه الدكتور طه حسين في خمسينيات القرن الماضي حين كان على رأس الهيئة المصرية للتأليف والترجمة والذي سعى إلى ترجمة ألف كتاب. في تصوري يعد هذا المشروع أهم مشروع ترجمي عند العرب حتى الآن لما كان يتمتع به من منهجية في الاختيار، إذ عمد، في البدء، إلى ترجمة الكلاسيكيات الانسانية التي عليها يتأسس الفكر المعاصر. انطلاقا من ذلك تمت ترجمة بعض من الفكر اليوناني وبعض من كلاسيكيات الآداب الأوروبية والأمريكية: الإلياذة وبعض كتب سقراط وأفلاطون وأوروبيديس والإنياذة والكوميديا الإلهية وراسين وموليير وبلزاك وزولا وجوته ونتشه وتولستوي ودوستويفسكي وغيرها...
•وعلى الرغم من الجدية التي حكمت وتحكمت في هذه الأعمال المترجمة والتي من المفروض أن تمثل إقلاعا حقيقيا لتأسيس النهضة الثانية، إلا أنها هي الأخرى لم تنج من الرقابة والمنع والقص كما حدث (للتمثيل فقط) مع الكوميديا الإلهية لدانتي التي تم حذف كثير منها وخاصة ما يتصل بالحديث عن الإسلام.
•كما يجب التنويه ببعض ما تقوم به بعض دور النشر العربية من ترجمات كما هو الشأن بالنسبة لدار الآداب، دار توبقال، دار الطليعة، ودار جرير وغيرها.
•تظل الترجمة أيضا مقياسا حقيقيا لمستوى حرية التعبير المهددة في العالم العربي.
•أربع مؤسسات متواجدة في العالم العربي، من المفروض، أنها هي التي تتحمل عبء الترجمة، وهذا قليل في أمة تريد أن تخرج من التخلف.
•وهذه المؤسسات هي:
•أ- المركز القومي للترجمة والذي يترأسه الأستاذ الدكتور جابر عصفور وأعتقد أنه يتقدم بكثير من الثقة وهذا نظرا للخبرة التي يتمتع بها هذا المثقف الكبير الذي يشرف عليه ولعل ما قدمه من عمل متميز تجاه الكتاب حين كان منشطا ومديرا عاما للمجلس الوطني للثقافة يؤكد على ذلك، إذ استطاع أن يجعل من هذا المجلس مزارا ثقافيا ومحطة متميزة في الفكر والحوار والنشر، عربيا ودوليا.
•ب- المنظمة العربية للترجمة، ومقرها في لبنان والذي يرأسها الباحث الدكتور طاهر لبيب وأعتقد أن هذا المركز بدأ يفقد كثيرا من قوته ووجوده الفاعل على المستوى القومي.
•ج- المعهد العربي العالي للترجمة الذي تترأسه الدكتورة إنعام بيوض ومقره في الجزائر وهو تابع للجامعة العربية وهو حديث النشأة وأعتقد أن قانونه الأساسي الذي يجعل منه معهدا للتكوين غير صائبة ويحمله عبئا إضافيا وربما أكبر من حجمه، فالتكوين من مهمات الجامعات، وكان الأحرى هو توجيه عمل هذا المعهد للترجمة الفعلية.
•د- مؤسسة »كلمة« (أبو ظبي ـ الإمارات العربية) التي أنشئت في السنوات الأخيرة قبل وأعتقد أن المال الذي يعول عليه في مثل هذه المؤسسة ليس هو الكافي لحل مسألة تخلف العرب في الترجمة، إنما المسألة أكثر تعقيدا من ذلك.
•تبدو صورة الترجمة عند العرب وبعد مرور قرن تقريبا على ترجمة الإلياذة إلى العربية والتي كانت احتفالا كبيرا ثقافيا، سياسيا وأدبيا حضر حفل صدورها المفكرون والأدباء والقادة السياسيون آنذاك، تبدو هذه الصورة رهينة العمل »الهاوي« والارتجالي ولم تدخل بعد عالم الاحترافية.
•((الكتاب الأبيض للثقافة في الجزائر الحلقة رقم 8).
المرجع:جريدة الشروق اليومي

lundi 3 août 2009

La langue arabe




L’arabe (العربية, al ʿarabīya en transcription traditionnelle) est la langue parlée à l'origine par les Arabes. C'est une langue sémitique (comme l'akkadien, l'hébreu, le syriaque, le phénicien et l'araméen) et flexionnelle dont l'alphabet est un abjad. L'arabe s'écrit de droite à gauche.
Du fait de l'expansion territoriale au Moyen Âge et par la diffusion du Coran, cette langue, devenue langue liturgique, s'est répandue dans toute l'Afrique du Nord et en Asie mineure.
On fait remonter l'origine de la langue arabe au IIe siècle. La tradition orale considère cependant qu'il s'agit d'une langue révélée directement à Ismaël, fils d'Abraham, dans une forme assez proche de l'arabe classique actuel. La tradition donne par moments des origines bien antérieures : la reine de Saba, l'ancien Yémen ainsi que des tribus disparues auraient parlé l'arabe dans une forme plus ancienne. Les premières traces de l'écriture arabe, telle qu'on la connaît de nos jours, remontent au IIIe siècle comme l'ont attesté Healey et Smith par les Inscriptions de Raqush (Jaussen-Savignac 17): Les plus anciennes inscriptions Arabes Préislamiques (date 267).

Origines de l'écriture arabe:

Des inscriptions en langue arabe sont conservées depuis la fin du Ier siècle de notre ère, mais l’écriture arabe elle-même n’est attestée que trois siècles plus tard. En effet, les Arabes ont d’abord utilisé les systèmes d’écritures d’autres langues employées depuis la péninsule Arabique jusqu’au Nord de la Mésopotamie, comme le sud-arabique et le nabatéen.
Bien que l'écriture arabe ait un aspect très différent des graphies sud-arabiques, tous les spécialistes s’accordent à lui reconnaître une lointaine origine araméenne. Mais les uns font l’hypothèse d’un développement à partir de l’écriture nabatéenne, les autres à partir de l’écriture syriaque.

L’hypothèse de l’origine nabatéenne

Proposée d’abord par Theodor Nöldeke en 1865, l’origine nabatéenne a trouvé un grand écho chez des chercheurs qui s’appuient sur la comparaison entre les formes des caractères pris individuellement. Leur hypothèse est celle d’un développement à partir d’une écriture nabatéenne cursive, développement favorisé par le fait que, depuis la destruction de Pétra en 106, l’écriture n’était plus contrôlée officiellement par une chancellerie. Les modifications menant à l’alphabet arabe auraient affecté les ligatures entre les lettres, la constitution d’une ligne de base, la distinction par des signes diacritiques de lettres ayant le même tracé, les variations de forme des lettres en fonction de leur position initiale, médiane ou finale. Généralement, les tenants de l’origine nabatéenne reconnaissent aussi une influence de l’écriture syriaque dans la structure de l’écriture arabe.

L’hypothèse de l’origine syriaque

Inversement, les tenants de l’origine syriaque ne nient pas l’influence de l’écriture nabatéenne sur la forme des signes, mais considèrent comme déterminante la structure de l’écriture. Les ligatures se font en bas pour le syriaque et les lettres sont appuyées sur une ligne de base. Il en est de même en arabe tandis qu’en nabatéen les lettres sont alignées par le haut, comme suspendues, et les ligatures se font à des endroits différents selon les lettres. En nabatéen, les lettres sont plus hautes que larges ; en syriaque, comme en arabe, elles sont plus larges que hautes. Autre argument en faveur de cette hypothèse : les plus anciennes inscriptions arabes sont datées d’une période où l’écriture syriaque, grâce à la diffusion du christianisme, connaît un grand développement alors même que l’écriture nabatéenne tombe en désuétude.
Ce sont probablement des raisons de prestige et d’autres, certainement liées au commerce, qui ont fait préférer une écriture araméenne aux écritures sud-arabiques, pourtant mieux adaptées à la transcription de la langue arabe.


L'arabe, une écriture commune à l'ensemble de l'Islam

Rendue obligatoire par l’administration omeyyade dès la fin du VIIe siècle, l'écriture arabe connaît une extraordinaire diffusion au Proche-Orient et au Maghreb grâce à l'expansion géographique de l'islam et au développement de sa civilisation. Langue liturgique de populations nouvellement converties, l’arabe devient alors le principal instrument de communication de l’empire islamique naissant ainsi que l’outil principal de transmission du savoir et de l’administration. L'écriture arabe s'impose pour des raisons culturelles : copie du Coran et production textuelle due à la constitution des sciences religieuses islamiques, plus tard traductions des textes scientifiques et philosophiques et leur appropriation par la majorité des chrétiens du Proche-Orient. L’écriture arabe prend place au cœur de la civilisation arabo-musulmane et assume très vite une triple fonction, à la fois religieuse, utilitaire et ornementale., Cette écriture transcrira également les langues de l’Empire ottoman jusqu’au début du XXe siècle. Ses caractères sont utilisés aujourd’hui pour écrire le persan, l’urdu et de nombreuses langues d’Afrique.

L'alphabet arabe

L’arabe appartient au groupe sémitique, comme l'hébreu ou le syriaque. Depuis son origine, il utilise un alphabet consonantique et s’écrit de droite à gauche. À la notation des vingt-six consonnes s’ajoute celle de trois voyelles longues. Les difficultés de lecture dues à la confusion entre les consonnes de même tracé (un même signe peut représenter plusieurs lettres) et à l’absence de notation des voyelles brèves ont entraîné l’invention de signes facilitant la lecture. On a d'abord indiqué les voyelles par l’adjonction de points de couleurs, placés au-dessus ou en dessous des lettres. Cet usage s'est modifié et aboutit à la pratique actuelle consistant à noter les voyelles par de petits signes sur ou sous les caractères. Cette différenciation des consonnes par des signes diacritiques existait déjà dans les plus anciens corans sous forme de traits fins ou parfois de points.
Avant l'islam, l’écriture était très peu pratiquée, servant principalement à noter transactions commerciales ou contrats. Révélée oralement au Prophète à partir de 610 et ses transcriptions rassemblées en 653 par 'Uthmân, la parole divine insuffle un formidable élan à l’écriture. La nécessité de magnifier la parole sacrée s’impose alors et la calligraphie, dès les premiers corans, constitue une composante essentielle de l’art arabo-musulman.

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