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jeudi 29 janvier 2015

نصفُ حياة Vivre à moitié de Gibran Khalil Gibran



.نصفُ حياة
Vivre à moitié ..

لا تجالس أنصاف العشاق،
Ne fréquente pas ceux qui sont à moitié amoureux,
ولا تصادق أنصاف الأصدقاء،
Ne sois pas l’ami de ceux qui sont à moitié des amis..
لا تقرأ لأنصاف الموهوبين،
Ne lis pas ceux qui sont à moitié inspirés.
لا تعش نصف حياة،
Ne vis pas la vie à moitié
ولا تمت نصف موت،
Ne meurs pas à moitié
لا تختر نصف حل،
Ne choisis pas une moitié de solution
ولا تقف في منتصف الحقيقة،
Ne t’arrête pas pas au milieu de la vérité
لا تحلم نصف حلم،
Ne rêve pas à moitié
ولا تتعلق بنصف أمل،
Ne t’attache pas à la moitié d’un espoir
إذا صمتّ.. فاصمت حتى النهاية، وإذا تكلمت.. فتكلّم حتى النهاية
Si tu te tais, garde le silence jusqu’à la fin, et si tu t'exprimes, exprime -toi jusqu'au bout aussi.
، لا تصمت كي تتكلم، ولا تتكلم كي تصمت
Ne choisis pas le silence pour parler, ni la parole pour être silencieux ...
إذا رضيت فعبّر عن رضاك، لا تصطنع نصف رضا،
Si tu es satisfait, exprime pleinement ta satisfaction et ne feins pas d’être à moitié satisfait …
وإذا رفضت.. فعبّر عن رفضك، لأن نصف الرفض قبول..
et si tu refuses, exprime pleinement ton refus, car refuser à moitié c’est accepter..
النصف هو حياة لم تعشها، وهو كلمة لم تقلها، وهو ابتسامة أجّلتها، وهو حب لم تصل إليه، وهو صداقة لم تعرفها..
Vivre à moitié, c’est vivre une vie que tu n'as pas vécue…
Parler à moitié, c’est ne pas dire tout ce que tu voudrais exprimer
sourire à moitié, c’est ajourner ton sourire,
aimer à moitié, c’est ne pas atteindre ton amour
être ami à moitié c’est ne pas connaître l’amitié
النصف هو ما يجعلك غريباً عن أقرب الناس إليك، وهو ما يجعل أقرب الناس إليك غرباء عنك،
Vivre à moitié, c’est ce qui te rend étranger à ceux qui te sont les plus proches, et te les rend étrangers à toi....
النصف هو أن تصل وأن لاتصل، أن تعمل وأن لا تعمل، أن تغيب وأن تحضر..
La moitié des choses, c’est aboutir et ne pas aboutir, travailler et ne pas travailler, c’est être présent et …absent
النصف هو أنت، عندما لا تكون أنت.. لأنك لم تعرف من أنت.
Quand tu fais les choses à moitié, c’est toi, quand tu n'es pas toi même, car tu n'as pas su qui tu étais
النصف هو أن لا تعرف من أنت ..
C'est ne pas savoir qui tu es...
ومن تحب ليس نصفك الآخر.. هو أنت في مكان آخر في الوقت نفسه!!..
Celui que tu aimes n'est pas ton autre moitié...c'est toi même,à un autre endroit, au même moment.نصف شربة لن تروي ظمأك، ونصف وجبة لن تشبع جوعك،
Boire à moitié n’apaisera pas ta soif, manger à moitié ne rassasiera pas ta faim...
نصف طريق لن يوصلك إلى أي مكان، ونصف فكرة لن تعطي لك نتيجة..
Un chemin parcouru à moitié ne te mènera nulle part et une idée exprimée à moitié ne donnera aucun résultat ...
النصف هو لحظة عجزك وأنت لست بعاجز.. لأنك لست نصف إنسان.
Vivre à moitié, c’est être dans l’incapacité et tu n'es point incapable... Car tu n’es pas la moitié d’un être humain
أنت إنسان.. وجدت كي تعيش الحياة، وليس كي تعيش نصف حياة!!
Tu es un être humain…Tu as été créé pour vivre pleinement la vie, pas pour la vivre à moitié
جبران خليل جبران
Traduction: Saadane Benbabaali

jeudi 11 avril 2013

عبد الحليم حافظ لست ادري Abdelhalim Hafez chante lastou adri


لست أدرى
‎ جئت لا أعلم من اين ولكنى أتيت
‎ ولقد أبصرت للدنيا طريقا فمشيت
‎ وسأبقى سائرا إن شئت هذا أم أبيت
‎ كيف جئت كيف أبصرت طريقى
‎ لست أدرى
Je suis  venu, je ne sais d'où, mais je suis venu
J'ai vu devant moi un chemin alors j'ai marché
Et je  continuerai à marcher que je le veuille ou non
Mais comment suis-je venu? comment  ai-je vu mon chemin?
Je ne le sais pas
I came, I know not, yet came this way:
I saw a path-along it made my way,

I must go on- or say I yea or nay!
How I have come? How did I find the way?
I do not know!




‎أين ضحكى وبكائى وانا طفل صغير
‎ اين جهلى ومزاحى وانا غصن نضير
‎ اين احلامى وكانت كيفما سرت تسير
‎ كلها ضاعت ولكن كيف ضاعت
‎ لست أدرى
Où est mon rire, où sont mes pleurs de petit enfant?
Où est mon ignorance, où sont mes plaisanteries
Alors que j'étais un tendre rameau?
Où sont mes rêves, que je suivais où qu'ils me menaient?
Tout  a été perdu, mais comment tout cela a t-il été perdu?
Je ne le sais pas.
‎أنا لا اذكر شيئا من حياتى الماضيه
‎ انا اعلم شيئا عن حياتى الاتيه
‎ لى ذات غير انى لست ادرى ماهي
‎ فمتى تعرف ذاتى كنه ذاتى
‎ لست أدرى
 Je ne me rappelle rien de ma vie passée,
Je ne sais rien de ma vie future,
Je suis un être, mais je ne sais pas ce que je suis
Quand saurai-je qui je suis?
Je ne le sais pas
 Traduction: Saadane Benbabaali

samedi 17 novembre 2012

Louisa Nadour: poétesse et traductrice



Entretien avec Louisa Nadour

Marie Virolle --- Vous venez de publier un très beau recueil de poésie bilingue (arabe-français), que vous avez traduit vous-même, aux éditions L’Harmattan, Le pinceau et les par-chemins. Je peux supposer qu’il n’est pas très évident, en France, de publier ainsi un texte bilingue. Pouvez-vous nous parler des difficultés inhérentes à la publication d’un tel ouvrage ? Pourquoi teniez-vous à une publication bilingue ? Est-ce seulement parce que vous êtes vous-même traductrice de profession… ?


Louisa Nadour--- Le bilinguisme est le passage en souplesse, et avec une relative aisance, d'une langue à l’autre. Pour ma part, c’est une évidence et une belle gymnastique linguistique qui s'est imposée à moi, et facilitée par mes pérégrinations entre mon pays natal, la France, et mon pays d’origine, l’Algérie. Je suis fière d’appartenir à ces deux Nations. J’ai eu de la chance de vivre en Algérie, le temps de m’imprégner de son paysage, de ses saveurs, de ses us et coutumes. Ma culture ancestrale est un vivier intarissable dans lequel je ne cesse de puiser pour nourrir mon âme poétique. Mes études en langue arabe m’ont amenée à acquérir ensuite les subtilités de cette langue, devenue un outil de travail et d’enchantement. La littérature arabe regorge de textes sublimes ; elle est bien connue pour ses poésies. Elle m’a tout simplement séduite et donné généreusement toute latitude pour m’exprimer. La langue française est aussi ma langue d’expression comme pour la plupart des Algériens. C’est une langue que j’apprivoise au quotidien en tant que traductrice. C’est un challenge et une belle expérience que de traduire mes poèmes en français. Ce n’était pas évident au départ de trouver une maison d’édition qui accepterait de publier un texte bilingue. Les éditions l’Harmattan
m'ont offert cette possibilité et j’en suis très ravie.

M.V. ---Votre titre, « Le pinceau et les par-chemins », suggère un dialogue entre création littéraire et création plastique. Par ailleurs, votre recueil est accompagné de treize reproductions en couleurs d’œuvres du peintre algérien Kamel Yahiaoui. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette démarche ?

L.N. --- Kamel Yahiaoui m'a fait l’honneur d’illustrer mes poèmes de treize peintures ; il les a conçues après avoir lu le recueil, il s’en est inspiré pour en faire une série d’œuvres. La poésie occupe une place prépondérante dans l'œuvre plastique de Kamel Yahiaoui. Plusieurs poètes ont inspiré ses créations: Si Mohand, Kateb Yacine, Nabile Farès, Léopold Sédar Senghor, François Villon, Mallarmé, Paul Eluard, Jacques Prévert ....D’après Kamel Yahiaoui
" la peinture abrite le poème et la poésie est la palette du peintre" de ce fait, je suis enchantée que Kamel Yahiaoui accompagne et habille ma poésie de ses créations.

M.V. --- Qu’est-ce qui a présidé au choix des peintures de Kamel Yahiaoui ? Pourquoi cet artiste ? Pourquoi ces œuvres-là, « peuplé[es] de silhouettes et de fantômes, d’âmes impalpables et de souvenirs innombrables », comme l’écrit Jean-Louis Pradel dans sa présentation ?

L.N. --- Kamel Yahiaoui s'est accordé, à la lecture du recueil, un voyage à travers les mots.Les poèmes sont tellement imagés, d’après lui, qu’ils lui ont soufflé les traits et les contours de ses silhouettes ; il a su déchiffrer la quintessence des mots. Les silhouettes de Kamel Yahiaoui nous invitent à aller au-delà de l’apparence pour toucher laprofondeur de l’imaginaire, c’est une évasion en soi. Il a su conserver le mystère, tout en livrant des codes au sein de ses fresques pour permettre au lecteur d’accéder au bal des songes. L’Historien et critique d'art français Jean-Louis Pradel, nous a, de surcroît, gratifiés
d’un très beau texte de présentation concernant cette étreinte artistico-poétique.

M.V. --- Marcel Khalifé, le grand chanteur et musicien libanais, que le poète Mahmoud Darwich a souvent inspiré, vous fait l’honneur de préfacer votre ouvrage — gage, s’il en fallait, de sa qualité. Il écrit dans sa préface que vous « dénude[z] votre exil », pouvez-vous nous parler de ce sentiment et des conditions de cet exil, car vous êtes née en France, n’est-ce pas ?

L.N. --- L’exil et le voyage perpétuel sont omniprésents (ou en filigrane) dans mes poèmes. Notre exil diffère de celui de nos pères, qui se sont installés en France dans l’espoir de retourner un jour
au bercail. L’exil a jeté sur eux un déni au quotidien tandis que l’éloignement était à la fois
géographique et symbolique. Les poètes « dits de l’exil » comme Slimane Azem, El-Hasnaoui, Ahmed Wahbi pansaient une inquiétude vécue par des textes poétiques souvent mélancoliques mais non moins instructifs. Je fais partie de la troisième génération issue de l’immigration. En France, je me sens tout à fait chez moi comme en Algérie d’ailleurs. Néanmoins, une autre forme d'exil me préoccupe ; un sentiment inachevé s’empare de mon être, ici comme là-bas ; je saurais peut- être un jour l’expliquer et mettre des mots dessus.

M.V. --- Revenons au bilinguisme de vos textes, qui est, en lui-même, passionnant. Quelles sont les difficultés, en poésie, du passage d’une langue à l’autre ? Vous êtes dans une position très particulière car ce sont vos deux langues d’expression — comme d’ailleurs pour la plupart des Algériens —, auxquelles s’ajoute, parfois, le berbère. Avez-vous composé en arabe et traduit en français, et/ou l’inverse ? Quel est le niveau de langue utilisé pour l’arabe ? Est-ce une création totalement bilingue ? Avez-vous eu parfois l’impression de « trahir » dans l’une ou l’autre langue, selon l’expression bien connue « traduction, trahison » ? Les deux
univers linguistiques ont-ils induit deux univers poétiques, si l’on considère les héritages poétiques dans les deux langues ?

L.N. --- L’aphorisme italien résume bien cette idée «Traductore, traditore » il signifie que
toute traduction est fatalement infidèle et trahit par conséquent la pensée de l’auteur du texte
original. Partant de ce constat, vous imaginez bien qu’il n’y a pas plus périlleux que de se tra-
hir soi-même. La traduction poétique pose, effectivement, un problème particulier parce que le poème est un tout indissoluble de sens et de son. La lisibilité du texte ne pourra, en aucun cas, être cherchée dans sa littéralité même, et le traduire par son seul sens, serait le dépouiller de toute son enveloppe charnelle, visible-lisible. Traduire ne peut être que poésie recommencée, la traduction se fonde plus ou moins sur ce paradoxe de l’infidélité. Le traducteur le plus fidèle est celui qui donne la version la plus parfaitement réussie et la plus crédible dans sa langue à lui. Face au poème-source(en arabe), je me suis arrêtée à son niveau de langue, ses images, ses subtilités qui constituent une respiration unique, une voix particulière et une élégance linguistique propre aux impératifs esthétiques de la langue arabe. J’ai puisé par la suite dans la langue française, je me suis tenue à ses exigences, ses propres formes d’éloquence et j’ai traduit tout en gardant la réalité culturelle de la langue arabe et en évoquant mes inspirations originelles. C’est tout simplement un bel exercice linguistique et poétique qui a allie probablement deux univers poétiques.

M.V. ---Vous dédiez votre ouvrage à votre mère et à vos enfants, ce qui vous situe dans la lignée de celles qui transmettent la vie… Mais vous êtes aussi celle qui transmet la parole. La mère est d’ailleurs évoquée dans l’un de vos poèmes, « Le foulard vert », comme celle qui conte — et l’« éternelle du voyage » la cherche dans « la foule mouvante » qui brasse « les partants et les revenants » —, avez-vous été nourrie de littérature orale algérienne ? Dans quelle langue ? Pensez-vous que ce viatique soit important pour votre création, et comment ?

L.N.--- Encore une fois, je considère que j’ai eu une immense chance de vivre en Algérie et de puiser dans la profondeur de sa culture ancestrale ; en langue kabyle comme en arabe dialectal. L’Algérie recèle un patrimoine culturel précieux et immatériel transmis d’une génération à l’autre dans une expression populaire imagée, formée bien souvent d’assonances rimées et de rythmes. On y trouve aussi de nombreuses réminiscences de la spiritualité et de la sagesse populaire algérienne. Comme tout Algérien, je me suis nourrie de cette oralité. Aussi c’est peut- être dans un besoin intense de me rattacher à mes racines que j’ai approfondi mes recherches dans la littérature populaire algérienne. J’ai animé pendant quatre ans l’émission des « rythmes et des rimes » à Radio-Soleil, une émission qui m’a permis d’offrir une tribune à cette oralité et cette sagesse populaire. Ce rendez-vous radiophonique a eu beaucoup d’écho auprès des auditeurs qui venaient se joindre à nous à travers les ondes pour recréer la convivialité d’antan. Nous éprouvons tous le besoin de nous rattacher à notre spécificité culturelle, tout en évoluant et en nous adaptant à travers le monde car, à mon sens, la capacité d’adaptation et d’évolution passe aussi par la conservation de notre spécificité culturelle tout en nous propulsant dans l’universalité. Plus nous entretenons la quête personnelle et la recherche identitaire, plus les murs entre les peuples tombent, et plus nous nous apercevons que les peuples sont frères. Si nous prenons comme exemple, les contes et proverbes, nous y trouverons beaucoup de similitudes ainsi que la même portée morale d’une sagesse qui appartient à la première tribu, qui est la tribu humaine. La littérature orale est effectivement un bout de moi-même que j’emporte tel un viatique dans mes créations. Et justement, vous avez bien vu, dans le poème « le foulard vert » la maman incarne la filiation et la transmission. Je la cherche partout par souci d’existence à travers un patrimoine précieux et immatériel qu’on risque malheureusement de perdre.

M.V. --- Quels sont vos projets ?

L.N. -- Je continuerai à publier mes poèmes après les avoir traduits et fait illustrer par
d’autres artistes de tous horizons. J’ai aussi un projet de livre autour des proverbes, contes et
énigmes populaires algériennes en kabyle et arabe dialectal.

Texte remis pour publication par Louisa Nadour
Propos recueillis par Marie Virolle
Revue Algérie Action Littérature
2010 Novembre – Décembre. N° 145-146

mercredi 26 septembre 2012

"Les mots sont des pierres précieuses"



Les mots sont des pierres précieuses
rivalisant d'éclats et de valeur;
ils sont étoiles dans un ciel obscur,
perles étincelantes sur la page noire du firmament;
les mots sont des fruits de toutes les saisons
offrant chacun son goût et sa saveur;
Les mots sont des arbres centenaires
donnant des fruits doux ou des fruits amers;
les mots sont des fleurs, au bord des chemins,
Revêtues par le Seigneur d'incomparables parures ;
Ils sont fleurs d'intérieurs ou de jardins
Étalant leurs couleurs, exhalant leurs parfums;

Les mots sont notre mémoire et notre avenir
inscrits sur des tablettes d'argile ou de précieux parchemins
Ils sont les récits des exploits d'hier ou des rêves de demain.
Ils sont les contes des Mille et Une Nuits
Et les discours enflammés des bâtisseurs d'utopie.

Les mots sont de beaux nuages,
vaisseaux ailés invitant au voyage;
les mots sont comme des eaux vives
portant nos espoirs de rive en rive;
ils sont le sable chaud du désert,
or fin et dunes aux formes lascives;
les mots sont comme les vents
Qui sait d'où ils viennent et où ils vont?
les mots sont d'étranges comètes
flammes issues de la langue du poète.

Ils sont d'ineffables caresses
pleines d'amour et de tendresse;
ils sont des oiseaux de passage
partant à tire-d'aile vers des contrées sauvages
les mots sont comme des rocs:
cruels, durs et secs.
Les mots sont des coupes de cristal
si fins et si fragiles.

Les mots sont des armes redoutables
qui défendent et qui agressent;
ils sont des lances et des épées
capables de blesser et de tuer;
Ils sont vérité, ils sont mensonge
invitant à la paix, incitant à la guerre;

Les mots sont des images
qui égayent nos paysages;
ils sont les cinq doigts de la main
unis et solidaires;
ils sont des chiens
obéissants et fidèles;
ce sont des chats libres et sournois.

Les mots sont des plaintes qui brisent nos coeurs;
Les mots sont des orages
effrayants pour nos esprits d'enfants;
Ils sont éclairs, ils sont tonnerre
semant la peur et la frayeur.
Ils sont feux, ils sont flammes
ils nous éclairent et ils nous brûlent.

Ils sont la pleine lune et le visage de l'Aimée;

Ils sont l'Étoile du Nord, ils sont Vénus,
guidant le nomade dans le désert;
Les mots se font tempêtes
dévastant tout et que rien n'arrête;
ils sont vagues douces, vagues violentes
qui glissent sur le sable ou qui emportent;
Ils sont tentes, ils sont roulottes,
demeures de nomades ambulantes;

Ils sont incantations et prières
adressées au Seigneur;
ils sont paroles sacrées
de la Tora, des Vedas, des Évangiles ou du Coran;
Ils sont les Tables inscrites pour Moïse
avec le feu sur le flanc du SinaÏ
Ils sont mantras
que répètent les sadhus sans fin

Ils sont "Iqra au nom de ton Seigneur
qui a créé les Cieux et façonné la terre";
Ils sont "Bouraq", cheval ailé
coursier-éclair pour Le Prophète;
Ils sont vers, ils sont versets
chants de poètes ou visions d'ascètes
Ils sont les Quatrains de Khayyam
Ils sont les Psaumes de David
et les Versets de Sourate al-Rahman
Ils sont des parchemins codés
Que ne comprennent que les initiés;

Ils sont des murs, ils sont des fenêtres
séparant des frères ou menant à l'amour;
ils sont des hymnes guerriers menant à la mort
ou symphonie fraternelle qui rassemble et unit.



Saadane Benbabaali, Paris  14 Sept 2010/ 26 Sept. 2012

mardi 3 novembre 2009

ألا يا نسيم الريح بلغ مها نجد texte arabe et commentaire d'Ibn Arabi



Les poèmes contenus dans Dhakhâ'ir al-A'lâq fî Turjumân al-Ashwâq ont un sens spirituel qu'Ibn 'Arabî expose après chacune de ses qasâ'id. Voici le texte arabe et les commentaires d'Ibn Arabi du poème qui commence par: ألا يا نسيم الريح بلغ مها نجد

Voir aussi, dans ce même Blog, la page :
http://adabarabiqadim.blogspot.com/2009/11/blog-post.html







Traduction du poème:
O souffle léger du vent !
Va dire aux antilopes du Najd
Que je remplis l’engagement
Dont elles ont connaissance.
Et dis à la jeune fille noble de la tribu
Que notre rendez-vous est à l’enceinte sacrée,
A l’aurore du jour du samedi,
Sur les collines du Najd,
Sur le promontoire rouge,
Tout près des monticules,
A la droite des ruisselets,
Et vers le repère solitaire.
Si ce qu’elle dit est vrai,
Et qu’elle ressent pour moi
L’obsédant désir
Que je ressens pour elle,
Alors, dans la touffeur du midi,
Sous sa tente, en secret,
Nous nous rencontrerons,
Pour accomplir complètement la promesse.
Nous nous révélerons la passion
Que, l’un pour l’autre, nous éprouvons,
Ainsi que l’âpreté de l’épreuve,
Et les douleurs de l’extase.
Est-ce fantasmes incohérents,
Ou bien rêves prémonitoires,
Ou encore propos de tous les jours,
Dans lesquels mon bonheur repose ?
Il se peut que celui qui stimule les désirs
Les réalise vraiment;
Leurs jardins alors m’offriraient
La cueillette des roses.

L’interprète des désirs Albin Michel, 1996, Traduction M. Gloton, : pp. 432-433

O souffle léger du vent ! d'Ibn Arabi ألا يا نسيم الريح بلغ مها نجد

Page dédiée à ma collègue Anne CLÉMENT, Université de Toronto.


ألا يا نسيم الريح بلغ مها نجد
O souffle léger du vent !
Va dire aux antilopes du Najd
Que je remplis l’engagement
Dont elles ont connaissance.

Et dis à la jeune fille noble de la tribu
Que notre rendez-vous est à l’enceinte sacrée,
A l’aurore du jour du samedi,
Sur les collines du Najd,

Sur le promontoire rouge,
Tout près des monticules,
A la droite des ruisselets,
Et vers le repère solitaire.

Si ce qu’elle dit est vrai,
Et qu’elle ressent pour moi
L’obsédant désir
Que je ressens pour elle,

Alors, dans la touffeur du midi,
Sous sa tente, en secret,
Nous nous rencontrerons,
Pour accomplir complètement la promesse.

Nous nous révélerons la passion
Que, l’un pour l’autre, nous éprouvons,
Ainsi que l’âpreté de l’épreuve,
Et les douleurs de l’extase.

Est-ce fantasmes incohérents,
Ou bien rêves prémonitoires,
Ou encore propos de tous les jours,
Dans lesquels mon bonheur repose ?


Il se peut que celui qui stimule les désirs
Les réalise vraiment;
Leurs jardins alors m’offriraient
La cueillette des roses.

L’interprète des désirs Albin Michel, 1996, Traduction M. Gloton, : pp. 432-433.

Cité par Anne Clément in Des dunes du désert aux jardins d’Eden: L’interprétation des desirs par Ibn ‘Arabi, à travers une appropriation du nasib, du ghazal et du muwashshah, Alif 28 (2008) Artistic Adaptations: Approaches and Positions.

samedi 24 octobre 2009

L'amour et l'exaltation poétique

L'exaltation poétique est omniprésente dans la littérature arabe, comme en témoigne le Saint Coran lui-même dont les Sourates sont ordonnées selon un rythme d’une grande beauté littéraire. C’est du Coran que la sensualité arabe prend sa source.

Les sujets favoris de la poésie arabe sont l’amour et la description des sentiments amoureux, thèmes de prédilection s’il en est de la littérature arabe. Contrairement aux idées reçues, il y a peu de tabous et les conteurs et poètes arabes les plus illustres accordent dans leurs productions une grande place aux plaisirs charnels avec parfois des descriptions très osées.

Avant l’avènement de l’islam, la littérature arabe évoque une figure féminine éthérée, lointaine, inaccessible et en termes vagues. On dit que les nasib, ces poèmes amoureux auraient été suspendus au mur de la Ka’aba, à la Mecque. Ce sont sept poètes amoureux qui évoquent leurs belles. Imru’ul-Qays se souvient de son amour perdu avec nostalgie et n’en garde que le souvenir du parfum, tout à la fois désespoir et plaisir de l’évocation. Zuhair, lui, décrit la femme comme parabole de l’adoration du Seigneur. Pour Labid, le solitaire, la femme évoque à fois la beauté du désert et la grâce de la gazelle. Antara le plus sensuel évoque Abla, la femme qui occupe toutes ses pensées, ses récits exaltent un érotisme raffiné et poétique. Amr vante la beauté de la femme. Tarafa lui, dépeint un amour qui le conduit jusqu’à l’ivresse . L’amour d’Al Hârith semble irréel. Plus pudique mais pas platonique pour autant.
Les poètes de l’amour courtois décrivent une passion d’une telle intensité qu’elle les conduit à la folie ou à la mort. Omar Ibn Abi Rabia est l’une des figures les plus fameuses de la poésie arabe. Dans un recueil de quatre cents poèmes, il décrit une passion amoureuse qui le consume.
« Il n’y a pas d’amour au delà de mon amour
A moins de sombrer dans le suicide ou la folie ». 


Sous les Abassides, l’alliance des thèmes arabes et persans ajoute à la grâce du genre poétique une vigueur nouvelle. Omar Kayyam, l’un des plus illustres poètes à la fois pessimiste et joyeux fait l’éloge des plaisirs dans un style marqué d’une liberté de ton étonnante. Dans ses Rubayat, il pourfend l’ordre établi et le rigorisme religieux et se livre à une véritable apologie du péché :
« Quel homme n’a jamais transgressé Ta loi, dis ?
Une vie sans péché, quel goût a t-elle, dis ?
Si Tu punis le mal que j’ai fait par le mal
Quelle est la différence entre Toi et moi, dis ? ».


Contribution de Anas

dimanche 11 octobre 2009

Mahmoud Darwich n'est pas mort, il est vivant dans chacun de ses poèmes


لا أعرف الصحراء

Sublime poète, Sublime poésie et voix qui résonne
même après l'Envol de l'albatros arabe vers les cieux!



لا أعرف الصحراء،
لكني نَبتّ على جوانبها كلاما...
قال الكلام كلامهُ ، ومضيت
لم أحفظ سوى الإيقاع
أسمعه
وأتبعه
وأرفعه يماما
في الطريق إلى السماء,
سماء أغنيتي،
أنا ابن الساحل السوري،
أسكنه رحيلاً أو مقاما
بين أهل البحر،
لكن السراب يشدني شرقاً
إلى البدو القدامى،
أورد الخيل الجميلة ماءها،
وأجس نبض الأبجدية في الصدى،
وأعود نافذة على جهتين...
أنسى من أكون لكي أكون
جماعة في واحدٍ، ومعاصراً
لمدائح البحارة الغرباء تحت نوافذي،
ورسالة المتحاربين إلى ذويهم:
لن نعود كما ذهبنا
لن نعود ... ولو لماما!
لا أعرف الصحراء،
مهما زرت هاجسها،
وفى الصحراء قال الغيب لي:
أكتب!
فقلت: على السراب كتابة أخرى
فقال: أكتب ليخضر السراب
فقلت: ينقصني الغياب
وقلت: لم أتعلم الكلمات بعد
فقال لي: أكتب لتعرفها
وتعرف أين كنت، وأين أنت
وكيف جئت، ومن تكون غداً،
ضع اسمك في يدي واكتب
لتعرف من أنا، واذهب غماما
في المدى ...
فكتبت: من يكتب حكايته يرث
أرض المكان، ويملك المعنى تماما!
لا أعرف الصحراء،
لكني أودعها: سلاما
للقبيلة شرق أغنيتي: سلاما
للسلالة في تعددها على سيفٍ: سلاما
لابن أمي تحت نخلته: سلاما
للمعلقة التي حملت كواكبنا: سلاما
للشعوب تمر ذاكرة لذاكرتي: سلاما
للسلام علي بين قصيدتين:
قصيدة كتبت
وأخرى مات شاعرها !
أأنا أنا؟
أأنا هنالك ... أنا هنا؟
في كل "أنت" أنا,
أنا أنت المخاطب, ليس منفى
أن أكونك. ليس منفى
أن تكون أناي أنت. وليس منفى
أن يكون البحر والصحراء
أغنية المسافر للمسافر:
لن أعود, كما ذهبت,
ولن أعود ... ولو لماما!

Je ne reviens pas, je viens

Entretien du 7 février 1996 à Amman publié dans la revue israélienne Hadarim n° 12, printemps 1996 et traduit de l'hébreu par Simone Biton.
N° 9 nouvelle série - automne 1996 - Revue d'Études Palestiniennes (Éditions de Minuit)
Extraits

(…)

YELIT YESHURUN : Y a-t-il un seul de vos poèmes qui ne soit pas écrit à partir de l'exil ? La situation d'exil n'est-elle pas une concrétisation de la position du poète dans le monde, de tout poète dans sa patrie ou en exil ?

MAHMOUD DARWICH : On peut dire de tous mes écrits qu'ils sont une poésie d'exilé. Je suis né exilé. L'exil est un concept très vaste et très relatif. Il y a l'exil social, l'exil familial, l'exil dans l'amour, l'exil intérieur. Toute poésie est l'expression d'un exil ou d'une altérité. Lorsqu'elle correspond à un vécu réel, c'est un exil concentré, comprimé. Je trouve l'exil dans chacun des mots que je cherche dans mon lexique. Mais je ne m'en plains pas. Après tout, l'exil a été très généreux pour mon écriture. Il m'a donné la possibilité de voyager entre les cultures, entre les peuples.

YELIT YESHURUN : L'exil a enrichi votre poésie. Il lui a permis la transformation qui manquait tellement dans ce que vous écriviez avant de quitter le pays.

MAHMOUD DARWICH : C'est vrai. Mais permettez-moi seulement de corriger les concepts : avant, je croyais que la poésie participait de la lutte, aujourd'hui je ne pense pas qu'elle ait une fonction immédiate. L'influence poétique est très lente, c'est une affaire d'accumulation. Ce qui m'a permis d'adoucir le ton est la distance. La distance m'a permis de m'observer moi-même, d'observer l'occupation, le paysage et la prison, en y ajoutant une mesure de sainteté ; la poésie s'est transformée en culte de la beauté, un culte libéré de toute obligation. Disparaître ailleurs est une libération. Moins on vous connaît, plus vous vous connaissez vous-même. C'est aussi une question de maturité. Je lisais davantage, j'ai écouté la poésie européenne. J'ai appris à pardonner. Car en fin de compte, nous sommes tous des exilés. Moi et l'occupant, nous souffrons tous deux de l'exil. Il est exilé en moi et je suis la victime de son exil. Nous tous, sur cette belle planète, nous sommes tous voisins, tous exilés, la même destinée humaine nous attend, et ce qui nous unit est le besoin de raconter l'histoire de cet exil.

YELIT YESHURUN : Le rapport entre la "terre" et la "poésie" nourrit tous vos poèmes. En quoi consiste-t-il ?

MAHMOUD DARWICH : La terre est ma première mère. Je suis né d'elle et à elle je retournerai. La terre recèle en elle le cercle de l'existence humaine. Elle est notre ciel concret. Un ciel inversé, pourrait-on dire. Nous nous élevons, puis nous descendons et nous nous endormons. C'est peut-être par là que nous rencontrerons Dieu, par la terre. Comme la terre m'a été enlevée et que j'en ai été exilé, elle s'est transformée en origine et en adresse de mon esprit et de mes rêves. Ce sont des circonstances extérieures au lieu que la terre occupe dans mon travail. Le symbole de la patrie. Elle est toute la nostalgie et les rêves de retour. Mais on ne doit pas la considérer seulement comme un lieu circonscrit. Elle est aussi la terre du monde, et cela aussi est à la base de mon travail. La terre est une synthèse : elle est à l'origine de la poésie, et elle en est aussi la matière et le langage. Parfois la terre et la langue sont inséparables. La terre est l'existence physique de la poésie.

YELIT YESHURUN : Dans votre poésie des dix dernières années je sens de plus en plus un rapprochement avec la conception juive qui a mûri pendant des siècles d'exil : le texte face à la réalité, le lieu abstrait face au lieu physique. Dans Une mémoire pour l'oubli, vous écrivez : "Nous n'avons vu du Liban qu'une langue nous rendant à l'instinct de l'existence". Et dans un autre passage : "La Palestine n'était plus une patrie mais un slogan vide de sens". Je sais que la comparaison entre le destin juif et le destin palestinien vous révolte, car elle implique une sorte de "compétition" pour savoir qui est plus victime que l'autre.

MAHMOUD DARWICH : Tout d'abord, cette comparaison ne me choque pas s'il s'agit de profondeur littéraire. En ce domaine le nationalisme n'existe pas. Je pense que ce complexe qui consiste à accepter ou à refuser la comparaison sera résolu avec la paix. Le Juif n'aura pas honte de la composante arabe qui est en lui, et l'Arabe n'aura pas honte de déclarer qu'il est également fait de composantes juives. Surtout qu'il s'agit de la même terre, Eretz Israël en hébreu, Palestine en arabe. Je suis le produit de toutes les cultures qui sont passées dans ce pays, la grecque, la romaine, la perse, la juive, l'ottomane. Cette présence existe jusque dans ma langue. Toute culture forte y a laissé quelque chose. Je suis le fils de toutes ces cultures, mais je n'appartiens qu'à une seule mère. Est-ce à dire que ma mère est une prostituée ? Ma mère est cette terre qui a accueilli tout le monde, qui a été témoin et victime. Je suis aussi le fils de la culture juive qui fut en Palestine. C'est pourquoi je ne crains pas la comparaison. Mais la tension politique - si Israël est présent, les Palestiniens doivent s'absenter, et si les Palestiniens sont là, Israël ne peut y être - a fait que nous avons refusé de nous considérer comme nés des mêmes conditions et nous sommes devenus rivaux dans la question de savoir qui de nous est davantage la victime de l'autre. J'ai déjà vu des sionistes perdre l'esprit lorsqu'on leur rappelle les génocides perpétrés contre d'autres peuples. Comme Elie Wiesel, qui a écrit qu'il se demande comment on a pu dire que ce qui se passe en Bosnie est un génocide. Comme s'il y avait là un monopole juif.

(…)

YELIT YESHURUN : Dans Une mémoire pour l'oubli, vous écrivez : "Il nous faut savoir ce que nous désirons (...) : notre pays, ou l'image de nous-mêmes loin de notre pays, ou bien encore l'image de notre nostalgie pour notre pays à l'intérieur du pays". Nostalgie pour la chose en elle-même ou pour son reflet ?

MAHMOUD DARWICH : Les grands mots tels que patrie, révolution, patriotisme, recouvrent des choses fragiles. La patrie est un vaste concept, mais lorsqu'on va dans sa patrie on cherche un arbre particulier, un rocher particulier, une fenêtre. Ce sont des composantes très chaleureuses, pas un drapeau ou un hymne national. Je languis des petits détails. Votre question sur la chose ou son reflet prépare le terrain de mon cœur à la déception. Mais pour que je puisse arriver à me poser cette question, m'accorderez-vous au moins le droit de revenir ?!

YELIT YESHURUN : Voici plusieurs années que l'on vous considère comme le poète national des Palestiniens et que vous êtes l'objet de leur admiration. Ce statut ne menace-t-il pas votre devenir en tant que poète ? Ne vous emprisonne-t-il pas ?

MAHMOUD DARWICH : Tout dépend de ce que l'on veut dire par "national". Si un poète national est un représentant, et bien je ne représente personne. Je ne suis pas responsable de la manière dont mes textes sont lus. Mais la voix collective est présente dans ma voix personnelle, que je le veuille ou non. Même lorsque je raconte une triste soirée d'hiver à Paris, chaque Palestinien pense que je le représente, que cela me plaise ou non. Je n'y peux rien. Mais si l'on veut dire qu'un poète national est celui qui exprime l'esprit du peuple, je l'accepte, c'est beau. Tous les poètes du monde rêvent que leur voix soit aussi celle des autres. A mon grand regret, lorsque les critiques me désignent ainsi, ils veulent dire que je suis le poète d'une communauté, ils tentent de confiner le texte au domaine du politique. Or, dans nos vies, la politique n'est pas une affaire de partis, c'est plutôt l'un des noms du destin. Je me tiens au milieu, sur la frontière entre la voix publique et la voix personnelle. Mais vraiment, je m'en fous ; peut-être que si l'on m'oubliait, je la désirerais à nouveau. Ce qui compte pour moi, c'est de me sentir libre. Le fait même qu'il y ait une attente pour un nouveau poème de moi me gêne, mais je ne succombe pas à cette attente. A chaque fois que j'écris un poème d'amour, on dit que c'est un poème pour la terre.