Saadane BENBABAALI, ancien Maître de Conférences UNIVERSITÉ SORBONNE PARIS 3
mercredi 16 septembre 2015
mercredi 4 juillet 2012
Qum antabih li-sharbi قم انتبه للشرب
قم انتبه للشرب
lundi 18 juin 2012
La brise matinale offre en passant
Un parfum de musc et d'ambre;
Le vin, on aurait dit qu'il a été pressé
De la joue du bel échanson qui le sert.
Quelle belle journée où l'âme s'épanouit:
Des fleurs, l'ombre, l'eau qui ruisselle
Et un délicieux nectar que sert la belle.
Une robe dont un convive, pris d'ivresse, traîne les pans
Puis un commensal qui, ayant bu, a de la peine à s'éveiller
Il passe son temps à boire
Et chaque fois qu'il ouvre les yeux,
Il réclame une nouvelle coupe et s'écrie :
Bois et oublie celle qui se fait attendre.
vendredi 26 août 2011
«LA JOIE DES ÂMES DANS LA SPLENDEUR DES PARADIS ANDALOUS »
Publié dans le supplément Arts et Lettres d'El Watan
« Derrière l'apparence d'une rose »
Le titre est exquis : « La joie des âmes dans la splendeur des paradis andalous ». Le livre, de couleurs or et noir, est soigné. Il comprend une étude du thème des fleurs et jardins en arabe et en français, des poèmes en arabe traduits en français, un CD et un DVD d'un concert-live de Beihdja Rahal donné à l'Institut du monde arabe (IMA) à Paris en février 2010 . Le tout est emballé dans 300 pages.
Le livre, qui vient de paraître aux éditions ANEP, est signé Saadane Benbabâali, universitaire, essayiste et traducteur, et Beihdja Rahal, interprète et enseignante de musique. Ce duo d'artistes a déjà co-signé un premier ouvrage, « La plume, la voix et le plectre », paru en 2008 à Alger aux éditions Barzakh. Le nouvel ouvrage se veut une suite du premier. « Nous restons dans le même domaine celui de la poésie et de la musique arabo-andalouse. Dans le premier ouvrage, j'ai étudié le système de la nawba. Dans ce second livre, nous nous intéressons au thème de l'amour, de la femme et du jardin. Le livre comporte la traduction de 62 poèmes alors que le premier n'en contenait qu'une douzaine. Le texte est plus consistant et est accompagné d'un index comportant toute la terminologie arabe transcrite », nous a expliqué Saâdane Benbabâali.
Selon Beihdja Rahal, le concert de l'IMA a été choisi en fonction du thème du livre: les fleurs et les jardins. « Le premier livre était quelque peu destiné à un public non initié à la musique arabo-andalouse. Dans ce deuxième livre, nous avons essayé d'approfondir l'étude et de donner plus de poèmes et de traduction. Un choix plus grand », a-t-elle noté. « Nous poursuivons notre périple poético-musical avec ce deuxième ouvrage sur le thème des « fleurs et jardins dans la poésie andalouse chantée ». L'importance de ce sujet dans les azdjal appartenant à la nawba maghrébo-andalouse est telle que nous avons eu la curiosité d'aller visiter l'univers poétique floral présent dans ces poèmes », ont précisé les deux auteurs dès l'entame du livre.
Pour Saâdane Benbabâali, les poèmes qui évoquent ou décrivent les jardins ne sont pas mono-thématiques mais traitent plusieurs sujets en même temps. « C'est un prétexte pour parler des amants qui se retrouvent dans les jardins et de la femme d'une certaine manière. L'amour andalou était courtois. J'ai pris le temps de revoir tout ce qui a été écrit depuis la Jahiliya (période préislamique) jusqu'à l'époque andalouse dans le genre de la poésie florale, les rawoudiyyat », a-t-il souligné.
"Dans le livre, nous avons répertorié tous les poèmes andalous du répertoire chanté qui évoquent les jardins. Le lecteur trouvera une étude approfondie sur les jardins et prendra connaissance d'Abu Al Walid Al Himyari, qui a écrit « Kitâb al-rabi'e » (le livre du printemps), des poètes persans et d'Ibn Khafadja. Dans « Nafh al-Tîb », Al Maqqari n'a pas tari d'éloges sur Ibn Khafadja, ce poète libre, qui a, sans doute, écrit les plus beaux textes, y compris en prose, sur la belle nature qui entourait l'actuelle ville espagnole de Valence. Il adorait les fleuves et les jardins. On a abouti à la poésie andalouse chantée ici en Algérie, au Maroc ou en Tunisie comme « qoum tara », « Dakhalt al boustan » et « al-Louzou fah ».
Beihdja Rahal a observé qu'il y a trois ou quatre ans, le public assistait à des concerts de musique andalouse, regardait des chanteurs interpréter des poèmes et repartait. « Il n'y avait pas d'explication. Le public n'entrait pas dans cet univers de poésie et s'évadait. Grâce à ces ouvrage, il peut voyager et entrer dans ce monde », a-t-elle noté.
ce précieux répertoire est aujourd'hui en grande partie sauvé de l'oubli.
Des artistes de plus en plus nombreux l'interprètent et l'enregistrent,
des associations dans toutes les grandes villes du Maghreb et d'Europe
l'enseignent et des musicologues et des poéticiens l'étudient ».
L'Ensemble "Beihdja Rahal" à la Maison des cultures du monde à Paris
Saadane Benbabaali note dans cet ouvrage que malgré le ton souvent grave et l'austérité qui caractérisent certaines interprétations des chansons andalouses, la joie de vivre domine les azdjal chantés.« On ne parle ni de la guerre ni de la mort. Ces sujets ont fini par être définitivement abandonnés à la poésie de facture classique ». Selon l' auteur, ce livre n'est ni un essai de botanique ni un essai sur le métier de jardinier. « Nous cherchons à montrer comment des poètes andalous ou maghrébins ont su nous révéler avec simplicité et délicatesse la « réalité esthétique » que l'on peut percevoir derrière l'apparence d'une rose ou d'un jasmin ».
Les titres sont délicatement choisis pour les chapitres de cet ouvrage:
-« Du désert d'Arabie aux jardins d'Andalousie »,
-« Paradis terrestres et Eden céleste »
-« Ton corps est un jardin d'amour ».
Les poèmes traduits soyeux et raffinés. Un exemple ?
Gloire à Celui qui t'a conçu tel un astre,
c'est toi qui donnes au jardin sa beauté
et à l'eau qui y coule sa couleur argentée ;
c'est toi qui as appris aux narcisses à baisser les yeux
et qui a donné leur sourire aux jasmins ».
Le livre est accompagné par des photos sélectionnées de jardins andalous pris par Saadane Benbabaali au cours de ses nombreux voyages en Espagne et au Portugal. Kamel Bouchama a dressé un portait de Beihdja Rahal. «Beihdja a mûri, et de sa voix suave, limpide, elle joue avec sa gorge, en émettant des sons harmoniques, comme si elle jouait avec sa mandoline. Elle interprète de grandes poésies en mettant tout son cœur pour nous envoûter », a-t-il témoigné.
Leur premier ouvrage en commun « La plume, la voix et le plectre » a été entièrement vendu en six mois. Le prochain ouvrage de Saâdane Benbabâali sera sur le thème du l'art de vivre andalou et l'ivresse. « La joie et la vie, c'est quoi ? C'est l'amour et l'ivresse évoqués par les azdjal et les muwashshahât », a relevé Saâdane Benbabâali.
Le livre est en vente sur ebay:
http://annonces.ebay.fr/viewad/La-Joie-des-ames-Bahdjat-an-noufous-Livre-CD-DVD/5038695008
jeudi 5 mai 2011
Fleurs et Jardins andalous à la Sorbonne
mardi 12 avril 2011
Fleurs et jardins dans la poésie andalouse
Mercredi 4 Mai, à 18h00, Centre Censier, 13 Rue Santeuil , Paris 5e
Salle des Périodiques
Cette nouvelle rencontre autour de la poésie arabo-andalouse chantée au Maghreb aura pour thème les fleurs et les jardins.
Les poètes andalous et maghrébins ont su nous révéler avec simplicité et délicatesse, une « réalité esthétique » particulière derrière l’apparence d’une rose ou d’un jasmin. Leur poésie se distingue par la place primordiale accordée aux jardins dans lesquels ils ont situé les scènes bachiques et amoureuses qui constituent leurs thèmes favoris.
Ces vers qui évoquent les merveilles de la nature, le printemps et ses fleurs sont l’occasion pour le poète de cour d’ éblouir l’assistance par un tableau printanier enchanteur qui faisait naître le plaisir dans l’âme des auditeurs. Les images dont se sert le poète ne sont jamais gratuites, elles sont souvent destinées à susciter la générosité du mécène et à le pousser aux plus larges gratifications.
Chaque poème est porteur, par ses images, d’un sens métaphorique ; il est à son tour porté par une mélodie que les amateurs de musique andalouse peuvent écouter et même chanter. Le lecteur/auditeur est convié à partager à la fois le plaisir des mots grâce à la fraîcheur des images et l’harmonie de l’atmosphère mais aussi le plaisir du cœur et de l’esprit au contact d'un univers d’amour et de beauté.
Les poètes andalous et leurs successeurs ont ainsi concentré dans le corps de la femme un univers miniature avec ses minéraux, végétaux et animaux. Ils y ont uni aussi les plaisirs du monde terrestre aux délices du Paradis promis aux bienheureux dans l’Au-delà.
Comme les bienheureux cités dans Le Coran, les amants évoqués dans cette poésie, trouvent dans les jardins toutes sortes de bienfaits. Ils s’adonnent à la boisson en compagnie d'agréables compagnons avec lesquels ils partagent des moments de plaisir.
Les fleurs, dans le jardin, exhalent leurs senteurs
À l’approche du jour,
Le jardin est un vrai parfumeur ;
Les oiseaux lancent leurs chants
Par-dessus les branches chargées de fruits
Et les rameaux laissent tomber leurs voiles.
Le rossignol, plein d’éloquence,
Mêle son chant haut et clair
Au son des cordes et aux refrains des chansons !
Douce est la lumière du matin,
Alors que les norias tournent en chantant
Et que, dans les canaux, l’eau coule effrontément!
Regarde les branches danser
Chaque fois que la brise passe,
Tout ici n’est que charme et beauté.
Lève-toi et admire le jardin pendant que les oiseaux chantent à tue–tête.
L’eau, comme un serpent, s’échappe des bassins
Et luit parmi les plantes tel un sabre étincelant.
Vois comme le vin inonde les coupes qui jettent leur éclat !
Réveille celui qui dort, tire-le de son sommeil !
Réveille aussi la belle,
Splendide comme le rayon du jour
Étoile du matin et front de lumière !
Écoute le chant du rossignol
auquel répond l’ortolan
Et remplis la coupe de cristal !
samedi 5 mars 2011
بهجة النفوس في بهاء جنات الأندلس
jeudi 24 février 2011
أصول الرّوضيّات عند شُعراء الَمشرِق
١. أصول الرّوضيّات عند شُعراء الَمشرِق
إنّ تصنيف القصائد، في الشعر العربي، وفقا للأغراض التي تُعالجها، نشاط أدبيّ، قام به النُّقّاد والأُدباء القدماء، منذ العهد الأموي. و من أشهرم ابن قتيبة (7) الّذي يُعتبَر أوّل من وضع بدقّة مقاييس و قواعد هيكل القصيدة العموديّة القديمة التي نشأت في الجاهلية. فعليه أخذنا تقسيم القصيدة إلى ثلاث مراحل: ـ
أ. النسيب الذي يَفتح القصيدة وتُذكَر فيه المعشوقة
ب. الرحيل الذي تُوصَف فيه مَراحل السَّفر
ج. الغرض الذي يختِم القصيدة بالثَّناء على المَمدوح
فِوفقا لهذه النظرية تُعالِج القصيدة القديمة جميع الأغراض ضمن هذه البنية الأساسية الثُّلاثيّة . فيعالج الشاعر في قصيدته عِدّة أغراض منها الحبّ، والسُّكر، ووصف الخيل والمناظر الطبيعية، ومدح القبيلة أوسيِّدها. فلهذاالسبب إختلف النُقّاد العرب القدامى في عدد الأغراض الشعرية التي تدخل في تصنيف القصائد وفقا لموضوعاتها. ـ
فيذكر ثعلب (أبو العباس أحمد ، توفي في 291هـ/ 903 م) في "كتاب قواعد الشعر" سبعة أغراض وهي: المدح والهجاء والمراثي والاعتذار والتشبيب والتشبيه واقتصاص الأخبار. وتَبِع ثعلب قدامة بن جعفر( ت337 هـ) الذي ذكر أن أقسام المعاني ِممّا لانهاية لعدده، واكتفى بإيراد ''الأعلام من أغراض الشعراء وما هم عليه أكثر حوما، وعليه أشدّ روما، وهي: المديح والهجاء والنسيب والمراثي والوصف والتشبيه''. ـ
أمّا ابنُ رشيق القيرواني (ت 456 هـ/1063)ـ فيذكر تسعة أغراض : النسيب، والمديح، والإفتخار، والرثاء، والعتاب، والوعيد، والإنذار، والهجاء والاعتذار (8). وقد يرجع هذا التناقض بين النقّاد إلى انتمائهم الى حقب تاريخية مختلفة. لإنّ الأجناس الأدبية لا تُشَِّكل واقعا ثابتا ومستقرّا بصفة نهائية. فبينما يتطوّر بعضها يختفي البعض الآخر فاسحاً المجال لأنواع حديثة تنشأ نتيجة الشروط الاقتصادية والاجتماعية الجديدة. ـ
لا توجد حاليا دراسة شاملة ودقيقة حول الأغراض في الشعر العربي القديم ، ولكنّنا نعلم ماذا كانت طبيعة الاتجاه في هذا المجال. وتتلخّص هذه الحركة الشعرية في الإنتقال من القصيدة متعدِّدة الأغراض إلىالقصائد التي انفردت بمعالجة غرض فريد فأُلقِي عليها إسم الموضوع الأساسي الذي يعالحه الشاعر فيها. ـ
فمثلا قبل أن يُصبح موضوع الخمر غرضاً مستقلا بذاته، كان يُكوِّن قسماً من أقسام القصيدة القديمة يُدرجه الشاعر فيها بين مواضيع مختلفة كما ذكرنا ذلك سابقاً. ولكنّ بفضل أبي نواس بلغ وصف الخمر وذِكر مجالسه مرحلة النُّضج والإستقلال الكامل. لقد منح هذا الشاعرالعبقري للخمر مكانة عالية "ومعنًى وُجودِيّا الذي لا يمكن اختزاله في مجرّد متعة الشُّرب" على حدّ قول الأستاذ المرحوم جمال الدين بن شيخ. (9) ـ
أمّا بالنسبة للموضوع الذي يهمّنا، لا نزال نَفتقِر إلى تحليل دقيق وشامل للشعر المخصَّص للزهور والحدائق وفصل الربيع. وليس لدينا حتى الآن دراسات تسمح لنا بتحديد أهمية وتوضيح تطوّر هذا النوع الخاصّ من الشعر. ولكن، بفضل العناصرالموجوة لدينا (10)، نعلم أنّ الروضيات عرفت تطوّراً طبيعيّاً خلال مرور المجتمع البدوي محدود الآفاق إلىالحياة الحَضرية ضمن الإمبراطورية الإسلامية شاسعة الأطراف. ـ
لقد ظهر نوع شعريّ مستقلّ انفرد بوصف الزهور والحدائق وكان ذلك في أعقاب الفتوحات والاتِّصال بالحضارة الفارسيّة، والإحتكاك بتقاليدها القديمة الواسعة في هذا المجال. وأُطلِق على هذا النوع الجديد من القصائد، أسماء الروضيّات، و النوريات، والزهريات، و الرَّبِيعِيّات حسب الموضوع السائد فيها. ـ
إنطِلاقاً من عصر الجاهلية قام الشعراء العرب في بلاط الحيرة (11) بإنشاء نوع من الشعر الحَضاري وَصَفوا فيه الزهور والحدائق. ولكن لم يحصل هذا النوع الشعري على استقلاله قبل الفترة الذهبية للعصر العباسي في نهاية القرن الثاني هجري . في البداية إكتفى الشعراء بتقليد القدامى وذكر الزخرفة النباتية في لوحات ومشاهد تدور غالبا داخل الحانات. ولكن لم تلعب الطبيعة دورا واضحا في القصائد الخمرية قبل نشأة أبي نواس. حتى و لو كان أبو الهندي (12) قد سبقه في هذه المهمة يبقى أنّ أبا نواس، هذاالشاعرالاستثنائي، هو المخترع الحقيقي للخمرية، وجَعل منها جنساً شعريّا مُستقِلّاً ضمن الحركة التجديدية التي قادها مع اكفائه مثل ابن المعتزّ وبشّار بن برد. ـ
إنّ وصف الحدائق التي تُقام فيها المآدب أتاحت لأبي نواس فرصة لذكر عدد محدود من الزهور وتوظيفها ضمن عالم اللّهو والسُّكر الذي يتغنّى به دَوماً. أصبحت الزهور والمناظر الطبيعية تكوِّن عاملاً هامّاً في المراكز المدنية والحضرية الجديدة فاستخدمها أبو نواس لإظهار البؤس الذي تتّسم به الحياة البدوية التي يتغنّى بها الشعر القديم. ترك أبو نواس في معظم خمرياته ذكر الاطلال والبكاء عليها ساخراً من الشعراء الذين يؤثروون حياة البدو وبساطتها : ـ
دَعِ الأَطلالَ تَسفيها الجَنوبُ وَتُبلي عَهدَ جِدَّتِها الخُطوبُ
وخَلّ لِراكِبِ الوَجْناءِ أرْضاً تَخُبُّ بها النَّجيبة ُ والنّجيبُ
بلادٌ نَبْتُها عُشَرٌ وطَلْحٌ، وأكثرُ صيْدِها ضَبُعٌ وذيبُ
و لا تأخُذْ عن الأعرابِ لهْواً، ولا عيْشاً فعيشُهُمُ جَديبُ
دَعِ الألبانَ يشْرَبُها رِجالٌ، رقيقُ العيشِ بينهُم غريب
إذا رابَ الْحَلِيبُ فبُلْ عليهِ، و لا تُحرَجْ فما في ذاك حُوبُ
فأطْيَبُ منْه صَافِية ٌ شَمُولٌ، يطوفُ بكأسها ساقٍ أديبُ
(...)
فهذا العيشُ لا خِيمُ البوادي ، و هذا العيشُ لا اللبن الحليبُ
فأيْنَ البدْوُ من إيوان كِسْرَى ، وأيْنَ منَ المَيادينِ الزُّرُوبُ؟
لقد عوّض أبو نواس الوقوف على الأطلال ووصف المناظر الخالية بذكر البيئة التي يتّسم بها العالم الحضاري الجديد. فكلّ شعره يحثّ على السُّكر والتغزّل بالفتيان في جوًّ من الفرحة والسرور(13) : ـ
أما يسُرُّكَ أنَّ الأرضَ زَهْراء و الخمرُ ممكنةٌ، شمْطاءُ عذْراءُ
ما في قعودِكَ عذْرٌ عن مُعَتّقة كاللّيل وَالدُها، وَالأمّ خَضراء ٍ
بادِرْ؛ فإنّ جِنَانَ الكَرْخ مُونقة لمْ تلْتَقِفْها يدٌ للحرْبِ عَسراءُ
فيها من الطيْرِ أصنافٌ مُشَتتَّة ما بينهنّ، وبين النّطْقِ شَحْنـاءُ
إذا تَغَنّينَ لا يُبْقِينَ جانِحَة إلاّ بِهَا طَرَبٌ يُشْفَى بهِ الدّاءُ
وكان أبو َتمّام (م804-م845) أوّل من أدخل تغييراً ملموساً باالتخلّي عن النسيب، في قصيدة من قصائده، وتعويضه بوصف الربيع وازهاره "كانعِكاس ناقص الكمال للممدوح. فنال بذلك نجاحا هائلا ليس فقط بين الشعراء العرب ولكن حتى بين الفرس والأتراك واليهود". (14) ــ
وهذه بعض الأبيات من " ربيعيّته " الشهيرة : ـ
أربيعنا في تسع عشرة حجـــــة حقا لهنك للربيع الأزهــــــــــــــر
ما كانت الأيام تسلب بهجـــــــة لو أن حسن الروض كان يعمــــر
أولا ترى الأشياء إن هي غيرت سمجت وحسن الأرض حين تغيـر
يا صاحبي تقصيا نظريكمــــــــا تريا وجوه الأرض كيف تصــــور
تريا نهارا مشمسا قد شابـــــــه زهــــر الربا فكأنما هو مقمـــــــر
دنيـــــــا معاش للورى حتى إذا جــــــلي الربيع فإنما هي منظـــــر
أضحت تصوع بطونها لظهورها نـــــورا تكاد له القلوب تنـــــــــور
من كل زاهرة ترقرق بالنـــــدى فكأنهــــــا عين عليه تحـــــــــــدر
تبدو ويحجبها الجميم كأنهــــــا عــــذراء تبدو تارة وتخفـــــــــــــر
حتى غدت وهداتها ونجادهــــا فئتين في خلع الربيــــع تبختـــــــر
مصفرة محمرة فكأنها عصـــب تيمن في الوعا وتمضــــــــــــــــــر
من فاقع غض النبات كأنـــــــه در يشقق قبل ثم يزعفــــــــــــــــــر
أو ساطع في حمرة فكأن مــــا يدنو إليه من الهواء معصفــــــــــر
عند ابن الرومي (836م-896م) يكتسي وصف الزهور والحدائق بُعدًا جديدًا "أظهَر فيه الشاعر إحساساً عميقاً وجديداً بالنسبة للطبيعة بالمقارنة مع شعراء زمانه. فأصبحت الطبيعة ، في قصائده ، كائناً حيّاً يشعر بالأفراح والأحزان وبالآمال وخيبات الأمل. وهو ربما أول شاعر عربي قديم تمكّن من إدماج ذاته بذات الطبيعة. فتغنّى بها وتشوّق إليها كما لم يفعله أحد من قبله فأعطى رؤية جديدة لأشياء وُصِفت قبله ألف مرّة" (15) ـ
ويمكن القول أنّ النّورية لم تُصبح فنّاً شعريّاً مستقلّاً إلّا بفضل ابن الرومي. لقد عانى هذا الشاعر في حياته من المشقّات ما جعل وحيه يتّسم بمرارة العيش والحزن العميق. ولكنّ وصفَه للطبيعة يتميّز بالسرور والبهجة. فغالباً ما نراه يجسِّدها ويُشخِّصها ويمنح لها روحاً. وبذلك يجِد فيها ملجئا مُهدِّئا عندما يستولى عليه اليأس في الأوساط الإجتماعية المُعادية الّتي كان يُعاشرها(16). ـ
إنّ الطبيعة عند ابن الرومي أصبحت مرآةً تعكِس ما يحدُث في النفس من المشاعر ومشهداً مُريحاً للرّوح بفضل جمالها ورونقها. وبالتالي يصبح الشِّعر وسيلة للتّفوُّق على المعاناة وآلام الحياة. وهذه قصيدة من قصائده يرسم فيها إبن الرومي لوحة مؤثِّرة للغاية بوصف الشمس وهي تُودِّع النّهار قبل الفناء في جوف ظلمات اللّيل (17) : ـ
وقد رَنّقت شمسُ الأصيل ونفّضت على الأفـق الغربيّ وَرْساً مُزعزعـاَ
وروّعت الدنـيا لتقضـيَ نحـبَـهــــــا وشـوَّل بـاقي عمرِها فتشـعـشـعــا
ولاحظـت النّـوار، وهـي مـريضــــة وقد وضعت خدّاً إلى الأرض أضرعا
كما لاحـظــت عُوّادَه عـينُ مـدنـِف تـوجّـع مـن أوْصـابـه مـا تـوجّعـــا
وظلّت عيونُ النَّور تخضـلُّ بالنّدى كما اغرَورقَت عينُ الشجيِّ لِتدمَعا
أمّا الحديقة في فصل الربيع فتصبح في وصف ابن الرومي صلاةً توجّهها الطبيعة ثناءً للخالق: ـ
ورياض تخايل الارض فيها خيلاء الفتـاة فــي الأبـــــراد
ذات وشي تناسجته سـوار لـبــقــات بـحــوكــه وغــواد
شكـرت نـعمـة الـولي عـلى الوسمي ثم العهاد بعد العهادى
فهي تُثني على السماء ثناء طيب انشر شائعا في البلاد
من نسيم مسراه الارواح مسرى الارواج في الاجساد
حملت شكرها الرياح تؤديه فأدت ما تأديه السن العواد
ولكنّ أكبر وأشهر شاعر في الروضيّات في المنطقة العربية من العالم الإسلامي هو لا شك فيه أبو بكر الصَّنوبري (18) حتى ولو كان قد سبقه ابن الرومي في هذا الفنّ. لقد أعظى هذا الشاعر السُّوري، الذي عاشر البلاط الحمداني وسيف الدوله في حلب، المزيد من الأهمية لوصف المناظر الطبيعية والحدائق بنباتاتها وأزهارها. ويُعتبر الصنوبري المُمثّل الرئيسي و المُبدع لهذا النوع الشعري كما يظهر ذلك في عدد النَّوريّات المتوفِّرة في ديوانه (19). فمن قبله كان يدخل شعرالنوريات ضمن وصف الطبيعة خلال ما يُسمّى بالرحيل في القصيدة القديمة متعددة الأغراض. فهو الذي أعطى، من دون شك، لهذا النوع هويته الحقيقية. ولكن للأسف ضاع الكثير من انتاجه الشعري ولم يصلنا منها إلّا القليل. ولِسوء حظّه عاصر الصنوبري المتنبّي، فأخفى هذا العملاقُ في فنّ النَّظم نورَه ولم تَظهر محاسن إبداعه على حقيقتها إلّا بمرور الزمان. ـ
عالج الصنوبري جميع الأغراض الشعرية ، مثل الغزل، والطرديّات ، والرثاء الخ... ولكنّ الدور الاستثنائي الذي لَعِبه كشاعر الروضيات هو الذي كان سَببَ شُهرته والعامل الأساسي الّذي نجّاه من النِّسيان. ـ
يقتصر ديوانه على أربعين قصيدة تنتمي إلى الربيعيّات والزهريات وحتّى إلى الثلجيّات. وتَغنّى الصنوبري في قصائده بمدن حَلَب والرِّقة و حدائق دمشق، عاصمة الأمويين القديمة، الحافلة بالزهور. ويمكن القول بدون تردُّد أنّ الروضيات أخذت معه بُعدا جديدا لم يُعرف في الشّعر العربي قبله. إنّه أوّل شاعر اشتهر، في الأدب العربي، بحبِّه للطبيعة وبهجتها، وهو الذي عبّر بأسلوب جديد على بهائها. إنّ روضيات الصنوبري ليست بأي حال نوعاً من الزخرفة الشعرية ولكنّها قصائد نًظِمت لِتُلقى على مسامع الجلّاس في أماكن الّلهو الّتي كانت تُقام وسط الطبيعة وخارجَ القصور. إنّه شاعر فريد من نوعه في وصف الزهور والأضواء الخافقة ، ورسم السماء والنور والجوّ كما نراه في بعض الأبيات الرّائعة التي تركها لنا: ـ
إن كان في الصيف ريحان و فاكهة فـالأرض مسـتوقد و الجوّ تـنـور
وإن يكن في الخريف النخل مخترفا فالأرض محسورة و الجوّ مأسور
وإن يكن في الشتاء الغيـث متـصلا فـالأرض عـريانـة و الجوّ مـقرور
مـا الـدهــر إلا الـربـيـع المسـتـنـير إذا أتـى الربيع أتاك النَّوْر و النور
فـالأرض ياقـوتـة و الـجـو لـؤلــؤة و النـبـت فـيروز و الـمـاء بِـلــور
ما يعدم النبت كأسـا من سحـائبـه فالنبت حيـران سكران و مخمـور
فـيـه لـنـا الـورد مـنـضـود مـورده بـين المـجالس و المنـثـور مـنـثـور
هذا البنفسـج، هـذا الياسمـين و ذا النسرين قد قرنا فالحسن مشهور
تظـل تـنـثـر فيه السـحـب لؤلؤهـا فالأرض ضاحكة و الطير مسرور
حيث التـفـت، فـقمـري و فـاخـتـة يغــنـــيـان، وشـفـنـين و زرزور
إذا الـهـزران فيه صـوت فـهـمـــا بحـسـن صوتهما عـود و طمبور
تطيب فيه الصحـارى للمقيم بـهـا كمـا تطـيـب له في غيـره الـدور
من شـمّ طيـب رياحين الربيع يقل لا المسك مسك ولا الكافـور كافـور
ليس لدينا أمثلة عن روضيّات الشعراء الفارسيّين قبل ظهورالصنوبري فلهذا السبب ، يبدو أنّه لَعِبَ دور الُملهِم بالنسبة إليهم فقلّده معظمهم وفي طليعتهم أبو نجم أحمد. هذا الشاعرالمعروف بلقب "رسَّام الطبيعة" هو مؤلف النشيد الشهير الذي تغنّى فيه بفصل الربيع، بمناسبة عيد "نوروز" المهرجان الفارسي. تُشبِه قصيدته روضيات الصنوبري وفي الوقت نفسه يُخيَّل لنا أنّنا أمام زجل من الأزجال الأندلسية الّتي نقدِّمها فيما بعد: ـ
عند الفجر...عمّ الفرح الحَوز
سحابة سوداء على العُشب المعَطَّر
فصل الشتاء مضى، وُلِد الربيع
وأصبح العالم مهداً للسّلام
الورود تبَهرجَت والسِّياج رتّبت ظفائرها
وعلى أدواح الأشجار
شكّلت الأطيارُ جَوقها
ازدهرالخشخاش المنثور
وقطرات الندى
زّينت الزهور
وحِجاب من المسك
غطّى رؤوسها
وتحجّبت
بقناع من اللؤلؤ
الحمام يعزف على الناي
بينما تَخيط الأشجار كِسوة جديدة
على ضفّتي الجدول
فضاعت روح العُشّاق
وفُقِد الفؤاد
فمزّقنا قلوبنا من شدّة الشجن (20) ـ
أ (7) أبو محمد عبد الله بن مسلم بن قتيبة (ت.276 هـ - 889 م) من أشهر أدباء القرن الثالث وصاحب "كتاب الشعر والشعراء".
(8) ابن رشيق المعروف بالقيرواني صاحب "كتاب العمدة في معرفة صناعة الشعر ونقده وعيوبه".
(9) جمال الدين بن شيخ، مقال "الخمريّة" في الموسوعة الإسلامية،الجزء الثالث، ص. 1030-31.
(10) راجع مقال "النوريّة" للأستاذة تيريزا غرولو Teresa Garulo, الموسوعة الإسلامية، الجزء الثامن.
(11) الحيرة هي مدينة تاريخية قديمة تقع في جنوب وسط العراق على مسافة 7 كيلومترات إلى الجنوب الشرقي من مدينتي النجف والكوفة. لم تبدأ فترة ازدهارها إلا مع حكم سلالة المناذرة الذين عمّروها واهتمّوا بها. تعتبر من أهمّ المدن التي جمعت بين الحضارات الثلاث: الفارسية والعربية القديمة والبزنطية. وقد جلبت عددا كبيرا من الشعراء من بينهم عبيد وطرفة والنابغة.
(12) هو عبد الله بن ربعي بن شبث بن ربعي الرياحي (ت. هـ180-م796) من بني رياح بن يربوع بن حنظلة. وكان قد ارتحل الى خراسان، واستوطن آخر عمره سجستان، وقد أدرك الدولتين : الأموية والعباسية. كما كان مغرما بالشراب، مستهترا به، فخصّص كلّ شعره لوصف الخمر ولمجالس الشراب. وكان أوّل من جعل من الخمريّة نوعا شعريا مستقِلّاً. وأهمل إنتاجه الشعري فلم يهتمّ أصلاً بتدوينه ممّا أدّى من دون شك إلى ضياع معظم خمريّاته.
(13) ديوان أبي نواس، تحقيق احمد عبد المجيد الغزالي، دار الكتاب العربي، بيروت، ص. 700.
(14) راجع مقال "النوريّة" المذكور أعلاه.
(15) البستاني:" ابن الرومي، حياته وشعره"، بيروت، 1967، ص. 335 .
(16) أبو الحسن علي بن عباس بن جريح مولى عبد الله بن عيسى بن جعفر البغدادي. كانت أُمّه من أصل فارسي وأبوه مسيحي مما لقبه 'ابن الرومي'. ولد ونشأ ببغداد، ومات فيها مسموماً. قيل : "دسّ له السمَّ القاسم بن عبيد الله -وزير المعتضد- وكان ابن الرومي قد هجاه".
قال المرزباني: "لا أعلم أنه مدح أحداً من رئيس أو مرؤوس إلا وعاد إليه فهجاه، ولذلك (...) تحاماه الرؤساء وكان سبباً لوفاته. ـ.
(17) حنّا الفخوري، "الجامع في تاريخ الأدب العربي"، بيروت، 1986، ص. 770.
(18) توفّي نحو 334/945.
(19) "ديوان الصنوبري"، تحقيق إحسان عبّاس، بيروت، 1970.
(20) "الحجازي، شاعر الطبيعة"، مجلة طهران، La revue de Téhéran، أفريل 2007 .
أصول الرّوضيّات عند شُعراء الَمشرِق
١. أصول الرّوضيّات عند شُعراء الَمشرِق
إنّ تصنيف القصائد، في الشعر العربي، وفقا للأغراض التي تُعالجها، نشاط أدبيّ، قام به النُّقّاد والأُدباء القدماء، منذ العهد الأموي. و من أشهرم ابن قتيبة (7) الّذي يُعتبَر أوّل من وضع بدقّة مقاييس و قواعد هيكل القصيدة العموديّة القديمة التي نشأت في الجاهلية. فعليه أخذنا تقسيم القصيدة إلى ثلاث مراحل: ـ
أ. النسيب الذي يَفتح القصيدة وتُذكَر فيه المعشوقة
ب. الرحيل الذي تُوصَف فيه مَراحل السَّفر
ج. الغرض الذي يختِم القصيدة بالثَّناء على المَمدوح
فِوفقا لهذه النظرية تُعالِج القصيدة القديمة جميع الأغراض ضمن هذه البنية الأساسية الثُّلاثيّة . فيعالج الشاعر في قصيدته عِدّة أغراض منها الحبّ، والسُّكر، ووصف الخيل والمناظر الطبيعية، ومدح القبيلة أوسيِّدها. فلهذاالسبب إختلف النُقّاد العرب القدامى في عدد الأغراض الشعرية التي تدخل في تصنيف القصائد وفقا لموضوعاتها. ـ
فيذكر ثعلب (أبو العباس أحمد ، توفي في 291هـ/ 903 م) في "كتاب قواعد الشعر" سبعة أغراض وهي: المدح والهجاء والمراثي والاعتذار والتشبيب والتشبيه واقتصاص الأخبار. وتَبِع ثعلب قدامة بن جعفر( ت337 هـ) الذي ذكر أن أقسام المعاني ِممّا لانهاية لعدده، واكتفى بإيراد ''الأعلام من أغراض الشعراء وما هم عليه أكثر حوما، وعليه أشدّ روما، وهي: المديح والهجاء والنسيب والمراثي والوصف والتشبيه''. ـ
أمّا ابنُ رشيق القيرواني (ت 456 هـ/1063)ـ فيذكر تسعة أغراض : النسيب، والمديح، والإفتخار، والرثاء، والعتاب، والوعيد، والإنذار، والهجاء والاعتذار (8). وقد يرجع هذا التناقض بين النقّاد إلى انتمائهم الى حقب تاريخية مختلفة. لإنّ الأجناس الأدبية لا تُشَِّكل واقعا ثابتا ومستقرّا بصفة نهائية. فبينما يتطوّر بعضها يختفي البعض الآخر فاسحاً المجال لأنواع حديثة تنشأ نتيجة الشروط الاقتصادية والاجتماعية الجديدة. ـ
لا توجد حاليا دراسة شاملة ودقيقة حول الأغراض في الشعر العربي القديم ، ولكنّنا نعلم ماذا كانت طبيعة الاتجاه في هذا المجال. وتتلخّص هذه الحركة الشعرية في الإنتقال من القصيدة متعدِّدة الأغراض إلىالقصائد التي انفردت بمعالجة غرض فريد فأُلقِي عليها إسم الموضوع الأساسي الذي يعالحه الشاعر فيها. ـ
فمثلا قبل أن يُصبح موضوع الخمر غرضاً مستقلا بذاته، كان يُكوِّن قسماً من أقسام القصيدة القديمة يُدرجه الشاعر فيها بين مواضيع مختلفة كما ذكرنا ذلك سابقاً. ولكنّ بفضل أبي نواس بلغ وصف الخمر وذِكر مجالسه مرحلة النُّضج والإستقلال الكامل. لقد منح هذا الشاعرالعبقري للخمر مكانة عالية "ومعنًى وُجودِيّا الذي لا يمكن اختزاله في مجرّد متعة الشُّرب" على حدّ قول الأستاذ المرحوم جمال الدين بن شيخ. (9) ـ
أمّا بالنسبة للموضوع الذي يهمّنا، لا نزال نَفتقِر إلى تحليل دقيق وشامل للشعر المخصَّص للزهور والحدائق وفصل الربيع. وليس لدينا حتى الآن دراسات تسمح لنا بتحديد أهمية وتوضيح تطوّر هذا النوع الخاصّ من الشعر. ولكن، بفضل العناصرالموجوة لدينا (10)، نعلم أنّ الروضيات عرفت تطوّراً طبيعيّاً خلال مرور المجتمع البدوي محدود الآفاق إلىالحياة الحَضرية ضمن الإمبراطورية الإسلامية شاسعة الأطراف. ـ
لقد ظهر نوع شعريّ مستقلّ انفرد بوصف الزهور والحدائق وكان ذلك في أعقاب الفتوحات والاتِّصال بالحضارة الفارسيّة، والإحتكاك بتقاليدها القديمة الواسعة في هذا المجال. وأُطلِق على هذا النوع الجديد من القصائد، أسماء الروضيّات، و النوريات، والزهريات، و الرَّبِيعِيّات حسب الموضوع السائد فيها. ـ
إنطِلاقاً من عصر الجاهلية قام الشعراء العرب في بلاط الحيرة (11) بإنشاء نوع من الشعر الحَضاري وَصَفوا فيه الزهور والحدائق. ولكن لم يحصل هذا النوع الشعري على استقلاله قبل الفترة الذهبية للعصر العباسي في نهاية القرن الثاني هجري . في البداية إكتفى الشعراء بتقليد القدامى وذكر الزخرفة النباتية في لوحات ومشاهد تدور غالبا داخل الحانات. ولكن لم تلعب الطبيعة دورا واضحا في القصائد الخمرية قبل نشأة أبي نواس. حتى و لو كان أبو الهندي (12) قد سبقه في هذه المهمة يبقى أنّ أبا نواس، هذاالشاعرالاستثنائي، هو المخترع الحقيقي للخمرية، وجَعل منها جنساً شعريّا مُستقِلّاً ضمن الحركة التجديدية التي قادها مع اكفائه مثل ابن المعتزّ وبشّار بن برد. ـ
إنّ وصف الحدائق التي تُقام فيها المآدب أتاحت لأبي نواس فرصة لذكر عدد محدود من الزهور وتوظيفها ضمن عالم اللّهو والسُّكر الذي يتغنّى به دَوماً. أصبحت الزهور والمناظر الطبيعية تكوِّن عاملاً هامّاً في المراكز المدنية والحضرية الجديدة فاستخدمها أبو نواس لإظهار البؤس الذي تتّسم به الحياة البدوية التي يتغنّى بها الشعر القديم. ترك أبو نواس في معظم خمرياته ذكر الاطلال والبكاء عليها ساخراً من الشعراء الذين يؤثروون حياة البدو وبساطتها : ـ
دَعِ الأَطلالَ تَسفيها الجَنوبُ وَتُبلي عَهدَ جِدَّتِها الخُطوبُ
وخَلّ لِراكِبِ الوَجْناءِ أرْضاً تَخُبُّ بها النَّجيبة ُ والنّجيبُ
بلادٌ نَبْتُها عُشَرٌ وطَلْحٌ، وأكثرُ صيْدِها ضَبُعٌ وذيبُ
و لا تأخُذْ عن الأعرابِ لهْواً، ولا عيْشاً فعيشُهُمُ جَديبُ
دَعِ الألبانَ يشْرَبُها رِجالٌ، رقيقُ العيشِ بينهُم غريب
إذا رابَ الْحَلِيبُ فبُلْ عليهِ، و لا تُحرَجْ فما في ذاك حُوبُ
فأطْيَبُ منْه صَافِية ٌ شَمُولٌ، يطوفُ بكأسها ساقٍ أديبُ
(...)
فهذا العيشُ لا خِيمُ البوادي ، و هذا العيشُ لا اللبن الحليبُ
فأيْنَ البدْوُ من إيوان كِسْرَى ، وأيْنَ منَ المَيادينِ الزُّرُوبُ؟
لقد عوّض أبو نواس الوقوف على الأطلال ووصف المناظر الخالية بذكر البيئة التي يتّسم بها العالم الحضاري الجديد. فكلّ شعره يحثّ على السُّكر والتغزّل بالفتيان في جوًّ من الفرحة والسرور(13) : ـ
أما يسُرُّكَ أنَّ الأرضَ زَهْراء و الخمرُ ممكنةٌ، شمْطاءُ عذْراءُ
ما في قعودِكَ عذْرٌ عن مُعَتّقة كاللّيل وَالدُها، وَالأمّ خَضراء ٍ
بادِرْ؛ فإنّ جِنَانَ الكَرْخ مُونقة لمْ تلْتَقِفْها يدٌ للحرْبِ عَسراءُ
فيها من الطيْرِ أصنافٌ مُشَتتَّة ما بينهنّ، وبين النّطْقِ شَحْنـاءُ
إذا تَغَنّينَ لا يُبْقِينَ جانِحَة إلاّ بِهَا طَرَبٌ يُشْفَى بهِ الدّاءُ
وكان أبو َتمّام (م804-م845) أوّل من أدخل تغييراً ملموساً باالتخلّي عن النسيب، في قصيدة من قصائده، وتعويضه بوصف الربيع وازهاره "كانعِكاس ناقص الكمال للممدوح. فنال بذلك نجاحا هائلا ليس فقط بين الشعراء العرب ولكن حتى بين الفرس والأتراك واليهود". (14) ــ
وهذه بعض الأبيات من " ربيعيّته " الشهيرة : ـ
أربيعنا في تسع عشرة حجـــــة حقا لهنك للربيع الأزهــــــــــــــر
ما كانت الأيام تسلب بهجـــــــة لو أن حسن الروض كان يعمــــر
أولا ترى الأشياء إن هي غيرت سمجت وحسن الأرض حين تغيـر
يا صاحبي تقصيا نظريكمــــــــا تريا وجوه الأرض كيف تصــــور
تريا نهارا مشمسا قد شابـــــــه زهــــر الربا فكأنما هو مقمـــــــر
دنيـــــــا معاش للورى حتى إذا جــــــلي الربيع فإنما هي منظـــــر
أضحت تصوع بطونها لظهورها نـــــورا تكاد له القلوب تنـــــــــور
من كل زاهرة ترقرق بالنـــــدى فكأنهــــــا عين عليه تحـــــــــــدر
تبدو ويحجبها الجميم كأنهــــــا عــــذراء تبدو تارة وتخفـــــــــــــر
حتى غدت وهداتها ونجادهــــا فئتين في خلع الربيــــع تبختـــــــر
مصفرة محمرة فكأنها عصـــب تيمن في الوعا وتمضــــــــــــــــــر
من فاقع غض النبات كأنـــــــه در يشقق قبل ثم يزعفــــــــــــــــــر
أو ساطع في حمرة فكأن مــــا يدنو إليه من الهواء معصفــــــــــر
عند ابن الرومي (836م-896م) يكتسي وصف الزهور والحدائق بُعدًا جديدًا "أظهَر فيه الشاعر إحساساً عميقاً وجديداً بالنسبة للطبيعة بالمقارنة مع شعراء زمانه. فأصبحت الطبيعة ، في قصائده ، كائناً حيّاً يشعر بالأفراح والأحزان وبالآمال وخيبات الأمل. وهو ربما أول شاعر عربي قديم تمكّن من إدماج ذاته بذات الطبيعة. فتغنّى بها وتشوّق إليها كما لم يفعله أحد من قبله فأعطى رؤية جديدة لأشياء وُصِفت قبله ألف مرّة" (15) ـ
ويمكن القول أنّ النّورية لم تُصبح فنّاً شعريّاً مستقلّاً إلّا بفضل ابن الرومي. لقد عانى هذا الشاعر في حياته من المشقّات ما جعل وحيه يتّسم بمرارة العيش والحزن العميق. ولكنّ وصفَه للطبيعة يتميّز بالسرور والبهجة. فغالباً ما نراه يجسِّدها ويُشخِّصها ويمنح لها روحاً. وبذلك يجِد فيها ملجئا مُهدِّئا عندما يستولى عليه اليأس في الأوساط الإجتماعية المُعادية الّتي كان يُعاشرها(16). ـ
إنّ الطبيعة عند ابن الرومي أصبحت مرآةً تعكِس ما يحدُث في النفس من المشاعر ومشهداً مُريحاً للرّوح بفضل جمالها ورونقها. وبالتالي يصبح الشِّعر وسيلة للتّفوُّق على المعاناة وآلام الحياة. وهذه قصيدة من قصائده يرسم فيها إبن الرومي لوحة مؤثِّرة للغاية بوصف الشمس وهي تُودِّع النّهار قبل الفناء في جوف ظلمات اللّيل (17) : ـ
وقد رَنّقت شمسُ الأصيل ونفّضت على الأفـق الغربيّ وَرْساً مُزعزعـاَ
وروّعت الدنـيا لتقضـيَ نحـبَـهــــــا وشـوَّل بـاقي عمرِها فتشـعـشـعــا
ولاحظـت النّـوار، وهـي مـريضــــة وقد وضعت خدّاً إلى الأرض أضرعا
كما لاحـظــت عُوّادَه عـينُ مـدنـِف تـوجّـع مـن أوْصـابـه مـا تـوجّعـــا
وظلّت عيونُ النَّور تخضـلُّ بالنّدى كما اغرَورقَت عينُ الشجيِّ لِتدمَعا
أمّا الحديقة في فصل الربيع فتصبح في وصف ابن الرومي صلاةً توجّهها الطبيعة ثناءً للخالق: ـ
ورياض تخايل الارض فيها خيلاء الفتـاة فــي الأبـــــراد
ذات وشي تناسجته سـوار لـبــقــات بـحــوكــه وغــواد
شكـرت نـعمـة الـولي عـلى الوسمي ثم العهاد بعد العهادى
فهي تُثني على السماء ثناء طيب انشر شائعا في البلاد
من نسيم مسراه الارواح مسرى الارواج في الاجساد
حملت شكرها الرياح تؤديه فأدت ما تأديه السن العواد
ولكنّ أكبر وأشهر شاعر في الروضيّات في المنطقة العربية من العالم الإسلامي هو لا شك فيه أبو بكر الصَّنوبري (18) حتى ولو كان قد سبقه ابن الرومي في هذا الفنّ. لقد أعظى هذا الشاعر السُّوري، الذي عاشر البلاط الحمداني وسيف الدوله في حلب، المزيد من الأهمية لوصف المناظر الطبيعية والحدائق بنباتاتها وأزهارها. ويُعتبر الصنوبري المُمثّل الرئيسي و المُبدع لهذا النوع الشعري كما يظهر ذلك في عدد النَّوريّات المتوفِّرة في ديوانه (19). فمن قبله كان يدخل شعرالنوريات ضمن وصف الطبيعة خلال ما يُسمّى بالرحيل في القصيدة القديمة متعددة الأغراض. فهو الذي أعطى، من دون شك، لهذا النوع هويته الحقيقية. ولكن للأسف ضاع الكثير من انتاجه الشعري ولم يصلنا منها إلّا القليل. ولِسوء حظّه عاصر الصنوبري المتنبّي، فأخفى هذا العملاقُ في فنّ النَّظم نورَه ولم تَظهر محاسن إبداعه على حقيقتها إلّا بمرور الزمان. ـ
عالج الصنوبري جميع الأغراض الشعرية ، مثل الغزل، والطرديّات ، والرثاء الخ... ولكنّ الدور الاستثنائي الذي لَعِبه كشاعر الروضيات هو الذي كان سَببَ شُهرته والعامل الأساسي الّذي نجّاه من النِّسيان. ـ
يقتصر ديوانه على أربعين قصيدة تنتمي إلى الربيعيّات والزهريات وحتّى إلى الثلجيّات. وتَغنّى الصنوبري في قصائده بمدن حَلَب والرِّقة و حدائق دمشق، عاصمة الأمويين القديمة، الحافلة بالزهور. ويمكن القول بدون تردُّد أنّ الروضيات أخذت معه بُعدا جديدا لم يُعرف في الشّعر العربي قبله. إنّه أوّل شاعر اشتهر، في الأدب العربي، بحبِّه للطبيعة وبهجتها، وهو الذي عبّر بأسلوب جديد على بهائها. إنّ روضيات الصنوبري ليست بأي حال نوعاً من الزخرفة الشعرية ولكنّها قصائد نًظِمت لِتُلقى على مسامع الجلّاس في أماكن الّلهو الّتي كانت تُقام وسط الطبيعة وخارجَ القصور. إنّه شاعر فريد من نوعه في وصف الزهور والأضواء الخافقة ، ورسم السماء والنور والجوّ كما نراه في بعض الأبيات الرّائعة التي تركها لنا: ـ
إن كان في الصيف ريحان و فاكهة فـالأرض مسـتوقد و الجوّ تـنـور
وإن يكن في الخريف النخل مخترفا فالأرض محسورة و الجوّ مأسور
وإن يكن في الشتاء الغيـث متـصلا فـالأرض عـريانـة و الجوّ مـقرور
مـا الـدهــر إلا الـربـيـع المسـتـنـير إذا أتـى الربيع أتاك النَّوْر و النور
فـالأرض ياقـوتـة و الـجـو لـؤلــؤة و النـبـت فـيروز و الـمـاء بِـلــور
ما يعدم النبت كأسـا من سحـائبـه فالنبت حيـران سكران و مخمـور
فـيـه لـنـا الـورد مـنـضـود مـورده بـين المـجالس و المنـثـور مـنـثـور
هذا البنفسـج، هـذا الياسمـين و ذا النسرين قد قرنا فالحسن مشهور
تظـل تـنـثـر فيه السـحـب لؤلؤهـا فالأرض ضاحكة و الطير مسرور
حيث التـفـت، فـقمـري و فـاخـتـة يغــنـــيـان، وشـفـنـين و زرزور
إذا الـهـزران فيه صـوت فـهـمـــا بحـسـن صوتهما عـود و طمبور
تطيب فيه الصحـارى للمقيم بـهـا كمـا تطـيـب له في غيـره الـدور
من شـمّ طيـب رياحين الربيع يقل لا المسك مسك ولا الكافـور كافـور
ليس لدينا أمثلة عن روضيّات الشعراء الفارسيّين قبل ظهورالصنوبري فلهذا السبب ، يبدو أنّه لَعِبَ دور الُملهِم بالنسبة إليهم فقلّده معظمهم وفي طليعتهم أبو نجم أحمد. هذا الشاعرالمعروف بلقب "رسَّام الطبيعة" هو مؤلف النشيد الشهير الذي تغنّى فيه بفصل الربيع، بمناسبة عيد "نوروز" المهرجان الفارسي. تُشبِه قصيدته روضيات الصنوبري وفي الوقت نفسه يُخيَّل لنا أنّنا أمام زجل من الأزجال الأندلسية الّتي نقدِّمها فيما بعد: ـ
عند الفجر...عمّ الفرح الحَوز
سحابة سوداء على العُشب المعَطَّر
فصل الشتاء مضى، وُلِد الربيع
وأصبح العالم مهداً للسّلام
الورود تبَهرجَت والسِّياج رتّبت ظفائرها
وعلى أدواح الأشجار
شكّلت الأطيارُ جَوقها
ازدهرالخشخاش المنثور
وقطرات الندى
زّينت الزهور
وحِجاب من المسك
غطّى رؤوسها
وتحجّبت
بقناع من اللؤلؤ
الحمام يعزف على الناي
بينما تَخيط الأشجار كِسوة جديدة
على ضفّتي الجدول
فضاعت روح العُشّاق
وفُقِد الفؤاد
فمزّقنا قلوبنا من شدّة الشجن (20) ـ
أ (7) أبو محمد عبد الله بن مسلم بن قتيبة (ت.276 هـ - 889 م) من أشهر أدباء القرن الثالث وصاحب "كتاب الشعر والشعراء".
(8) ابن رشيق المعروف بالقيرواني صاحب "كتاب العمدة في معرفة صناعة الشعر ونقده وعيوبه".
(9) جمال الدين بن شيخ، مقال "الخمريّة" في الموسوعة الإسلامية،الجزء الثالث، ص. 1030-31.
(10) راجع مقال "النوريّة" للأستاذة تيريزا غرولو Teresa Garulo, الموسوعة الإسلامية، الجزء الثامن.
(11) الحيرة هي مدينة تاريخية قديمة تقع في جنوب وسط العراق على مسافة 7 كيلومترات إلى الجنوب الشرقي من مدينتي النجف والكوفة. لم تبدأ فترة ازدهارها إلا مع حكم سلالة المناذرة الذين عمّروها واهتمّوا بها. تعتبر من أهمّ المدن التي جمعت بين الحضارات الثلاث: الفارسية والعربية القديمة والبزنطية. وقد جلبت عددا كبيرا من الشعراء من بينهم عبيد وطرفة والنابغة.
(12) هو عبد الله بن ربعي بن شبث بن ربعي الرياحي (ت. هـ180-م796) من بني رياح بن يربوع بن حنظلة. وكان قد ارتحل الى خراسان، واستوطن آخر عمره سجستان، وقد أدرك الدولتين : الأموية والعباسية. كما كان مغرما بالشراب، مستهترا به، فخصّص كلّ شعره لوصف الخمر ولمجالس الشراب. وكان أوّل من جعل من الخمريّة نوعا شعريا مستقِلّاً. وأهمل إنتاجه الشعري فلم يهتمّ أصلاً بتدوينه ممّا أدّى من دون شك إلى ضياع معظم خمريّاته.
(13) ديوان أبي نواس، تحقيق احمد عبد المجيد الغزالي، دار الكتاب العربي، بيروت، ص. 700.
(14) راجع مقال "النوريّة" المذكور أعلاه.
(15) البستاني:" ابن الرومي، حياته وشعره"، بيروت، 1967، ص. 335 .
(16) أبو الحسن علي بن عباس بن جريح مولى عبد الله بن عيسى بن جعفر البغدادي. كانت أُمّه من أصل فارسي وأبوه مسيحي مما لقبه 'ابن الرومي'. ولد ونشأ ببغداد، ومات فيها مسموماً. قيل : "دسّ له السمَّ القاسم بن عبيد الله -وزير المعتضد- وكان ابن الرومي قد هجاه".
قال المرزباني: "لا أعلم أنه مدح أحداً من رئيس أو مرؤوس إلا وعاد إليه فهجاه، ولذلك (...) تحاماه الرؤساء وكان سبباً لوفاته. ـ.
(17) حنّا الفخوري، "الجامع في تاريخ الأدب العربي"، بيروت، 1986، ص. 770.
(18) توفّي نحو 334/945.
(19) "ديوان الصنوبري"، تحقيق إحسان عبّاس، بيروت، 1970.
(20) "الحجازي، شاعر الطبيعة"، مجلة طهران، La revue de Téhéran، أفريل 2007 .
mardi 24 août 2010
Fleurs et jardins dans la poésie andalouse
Mères, Sœurs,
Amoureuses ou épouses
sans lesquelles les plus beaux jardins
ne seraient pour les hommes
que des lieux de solitude, tristes et stériles.
إلى جميع النِّساء
إلى الأُمَّهات
والأخوات
والمَعشوقات
والزّوجات
لولاهنّ
لأصبحت أجمل الحدائق
أماكن جدباء
للرِّجال
تسودها الكآبة والانعزال
Et avec en épilogue, ce poème de Nathalie Vinciguerra, une poétesse contemporaine :
Pourquoi vivre si
Nous savons que
Nous allons mourir ?
Alors vis chaque instant
Avec autant d’intensité
Que si c’était le dernier.
Remplis tes cinq sens
D’une orgie de sensations.
En voici la présentation et le sommaire:
Après La Plume, la Voix et le Plectre, paru en 2008 aux éditions Barzakh à Alger, nous poursuivons notre périple poético-musical avec ce deuxième ouvrage sur le thème des “Fleurs et Jardins dans la poésie andalouse chantée“. L'importance de ce sujet dans les azdjâl appartenant à la Nawba maghrébo-andalouse est telle que nous avons eu la curiosité d'aller visiter l'univers poétique floral présent dans ces poèmes.
Nous reprenons dans ce livre, en l'enrichissant, la formule adoptée dans le précédent ouvrage :
1. Une étude approfondie du thème choisi qui offrira quelques clés de lecture d'une poésie souvent mal comprise.
2. Une traduction en français des poèmes appartenant au thème floral. Nous donnons une large place à ce volet avec plus de cinquante pièces dans leurs versions complètes et intégralement traduites. Ainsi cet ouvrage est de tous les recueils de chansons andalouses celui qui réunit le plus grand nombre de pièces traduites. Un index des termes d’origine arabe et leurs définitions se trouve à la fin de ce texte.
4. Des photographies réalisées par Saadane Benbabaali au cours de ses nombreux voyages en Andalousie et appartenant à sa collection personnelle. Elles permettent d’illustrer et de donner à voir la beauté des jardins andalous.
3. Un CD-audio live d'un concert donné par Beihdja Rahal à l'Institut du Monde Arabe à Paris en Février 2010.
4. En bonus, un DVD de près de 40 minutes du concert du 5 Février 2010.
Nous espérons que le lecteur trouvera dans ce livre “la joie de l'âme“ que prédit le titre que nous avons choisi. Nous espérons surtout avoir mené à bien notre mission de “transmetteurs“ d'un pan important de la culture maghrébo-andalouse qui est un héritage commun au Maghreb et à l'Europe.
Sommaire:
Première partie: Fleurs et jardins dans la poésie andalouse
Préambule
La poésie de la nature
I. Premier jardin : du désert d’Arabie aux jardins d’Andalousie
A. L’Orient et les origines de la poésie florale.
B. L’Occident musulman et la rénovation poétique
C. Rawdiyyât et Nawriyyât dans le répertoire chanté
II. Deuxième jardin : paradis terrestres et Éden Céleste
A. Al-Firdaws al-mafqûd ou le Paradis perdu.
B. Djanna et djinân
III. Troisième jardin : “Ton corps est un jardin d’amour“
A. “Les roses ont la couleur de tes joues“.
B. “Le saule d’Égypte a volé la finesse de ta taille“.
C. Quand les jardins s’exhibent comme des belles.
Notes
Documents annexes
Interview de Saadane Benbabaali dans la Revue Kalila
Portrait de Beihdja Rahal par Kamel Bouchama
Bibliographie
Index des mots arabes transcrits
Deuxième partie : Florilège de chansons andalouses printanières
I. Poèmes chantés par Beihdja Rahal
II. Poèmes “printaniers“ traduits
Extraits:
1er extrait:
Nous cherchons à montrer comment des poètes andalous et maghrébins ont su nous révéler avec simplicité et délicatesse, la « réalité esthétique » que l’on peut percevoir derrière l’apparence d’une rose ou d’un jasmin. Leur poésie se distingue par la place primordiale accordée aux jardins dans lesquels ils ont situé les scènes bachiques et amoureuses qui constituent leurs thèmes favoris. Il demeure néanmoins que, longtemps avant eux, tant d’autres poètes arabes (shu‘arâ’) avaient aussi chanté la nature avec ses arbres et ses fleurs. Afin de renouer le fil invisible - et pourtant si solide - qui relie la poésie orientale à sa jumelle de l’Occident musulman, nous allons remonter le fleuve jusqu’à sa source.
2e extrait:
B. L’Occident musulman et la rénovation poétique
Comme pour les autres genres littéraires, l’Espagne musulmane resta longtemps tributaire de la production poétique orientale. Le genre appelé rawdiyya avait atteint un tel degré avec Ibn al-Rûmî et al-Sanawbarî qu’il paraissait impossible pour les Andalous de rivaliser avec leurs pairs orientaux. Cependant, dans ce domaine, l’Espagne musulmane avait un avantage sur les contrées orientales : son climat et sa nature. Dans son livre sur la poésie classique en terre d’al-Andalus, Henri Pérès écrit :
“Ce genre, qui a reçu le nom de rawdiyyât (…), fournirait à lui seul la matière de plusieurs volumes ; c’est à croire que l’Andalousie et l’Espagne tout entière n’ont été qu’un vaste jardin où les fleurs et les arbres déployaient leurs couleurs les plus séduisantes et leurs frondaisons les plus fraîches ; mais on remarquera aussi que le thème du jardin est inséparable de celui du printemps et des premières pluies fécondantes qui marquent la fin de l’hiver et l’arrivée des premières chaleurs.“ (30)
Malgré cet avantage, les Andalous manifestèrent au départ peu d’intérêt pour la poésie de leurs concitoyens. Il faut dire que jusqu’au 11e siècle, on ne trouve aucune anthologie de poésie andalouse digne de ce nom. Il y a bien eu la tentative d’Ibn Faradj al-Djayyânî (m. en 366/976) de consigner des œuvres poétiques andalouses dans son Kitâb al-Hadâ’iq (Le Livre des Jardins). Mais cet ouvrage, inspiré de Kitâb al-Zahrâ d’Ibn Dâwûd a été malheureusement perdu. Cependant les extraits qui nous sont parvenus dans des ouvrages ultérieurs attestent tous que les morceaux choisis appartiennent à des Andalous.
Ce n’est qu’un demi-siècle plus tard que la réaction contre la suprématie orientale viendra rendre justice à la production poétique andalouse. Un ouvrage au titre évocateur, Al-Badi' fi Wasf Ar-Rabi' (Le Merveilleux dans la description du printemps) venait donner une suite aux Hadâ’iq d’Ibn Faradj. Son auteur, Abû-l-Walîd al-Himyarî al-Ishbîlî (mort en 1048) est le fils d’un vizir du Qâdî Abû al-Qâsim Ibn ‘Abbâd de Séville. Il reçut une formation littéraire solide sous la direction de son père qui fut proche des ‘Abbadides, les souverains de Séville. Dans leur cour Abû al-Walîd put accéder aux recueils de poésie et aux ouvrages de grammaire nécessaires à l’instruction des lettrés. Il composa de nombreux poèmes dès son plus jeune âge, mais son œuvre littéraire est limitée car il mourut avant la trentaine.
Cet andalou, très fier de sa patrie, constata que la plupart des poèmes composés par ses compatriotes avaient été perdus à cause du peu d’intérêt dont ils furent l'objet en Espagne même. Il pensa alors qu’il était grand temps d’accorder une attention particulière à la poésie hispano-arabe :
“(Hélas) leurs descriptions ne parviennent plus aux oreilles et ne s’insinuent plus dans les âmes les enflammant de désir (…) Car la plupart d’entre elles sont perdues et du fait du désintérêt des Andalous pour ces oeuvres ignorant leurs qualités du vivant de leurs auteurs (…). Je jure que je veux corriger cette erreur et affirmer la beauté et la douceur de ces œuvres.“ (31)
فهرس
الفصل الأوّل: الشِّعر والطّبيعة
البستان الأوّل :من رمال الصحراء إلى حدائق الأندلس الغرّاء
١. أصول الرّوضيّات عند شعراء الَمشرِق
٢. التّجديد والإبداع الشِّعري في الأندلس والَمغرب
٣. الروضيّات والنوريّات في الشعر المُغنّى في " النوبة" ـ
البستان الثاني: بين حدائق الأندلس وجنّة النعيم
١. الفِردوس المفقود
٢. جنّة وجِنان
البستان الثالث: جِسمُك ياحبيبي حديقةٌ للعاشِق
١. الورود والجلّنار تحكي ألوان خدودك
٢. سرق الغصن قدّك الميّاس
٣. البستان "يتزعبل" بلباس الغادات
هوامش
مختارت من الموشحات والأزجال:
١. الموشحات والأزجال المسجّلة
٢. الموشحات والأزجال الباقية
وثائق إضافيّة
١. صورة عن بهجة رحّال
٢. استجواب مع مجلّة كليلة
mardi 13 juillet 2010
al-Himyarî et le Livre des merveilles dans la description du printemps
ولم يأت ردّ فعل أهل الأندلس ضِدّ المشرق والإعتراف بقيمة الإنتاج الشعري الأندلسي الّا بعد نصف قرن بعد محاولة ابن الفرج الجيّاني. وجاء ذلك عند صدور كتاب مكمِّل"لكتاب الحدائق"يحمل عنواناً مناسباً للغاية وهو "البديع في وصف الربيع" لأبي الوليد الحميري الإشبيلي (ت. 1048 م) وهذا الأديب هو ابن أحد وزراء القاضي أبو القاسم ابن عَبّاد الإشبيلي. تلقّىأبو الوليد الحميري تربية أدبية تحت رِعاية والده الذي كان يتمتّع بمنصب مًعتبر كأحد أعيان بلاط بني عبّاد أصحاب السلطة في إشبيلية . فمكّنت هذه الشروط الإستثنائية لأبي الوليد الحصول على الدواوين الشعرية ، وكُتب القواعد اللازمة لتكوين للأدباء. وبفضل هذه الشروط و موهبته خاصّة أصبح الحميري من كبار أدباء عصره فألّف العديد من القصائد وهو لم يتجاوز سنّ المراهقة ، وتوفي قبل الثلاثين من العمر. ـ
وكان هذا الأندلسي فخوراً جدًّا بموطنه فرأى أنّ معظم القصائد التي ألّفها شعراء بلاده قد فُقِدت نتيجة الإهمال الّتي عانت منه في الأندلس نفسها. فوجد أنّ الوقت قد حان لإعطاء الإهتمام اللازم الذي يليق بقيمة الشعر الأندلسي
ـ"فلمّا رأيتُ ذلك جمعتُ هذا الكتاب ... إذ أوصافهم لم تتكرّر على الأسماع، ولا كَثُر امتزاجها بالطباع، فتردُّها شيِّقة،...إنّما ذلك لتضييع أهل بلدهم لأكثرِها، وغفلتهم عن جلِّها إنكاراً لفضلها مدّة بقاء أهلها، فإذا انقرضوا تأسّفوا بقدر ما كانوا تعسّفوا، وحينئذ لا يجدون إلّا قليلاً يغيب في كثيرها...ولعمري إنّ هذه العِلّة مِمّا صحّحتُ استغرابَها، وأكّدتُ اسحسانها واستعذابَها" ـ
:إنّ مقدمة "كتاب البديع" ، تكوِّن بياناً حقيقيّا يُعلن فيه صاحبُه عن قوميّته الأدبية. فيقول أبو الوليد بصراحة
"أمّا أشعار الشرق فقد كثر الوقوف عليها ، حتى ما تميل نحوها النفوس،
ولا يروقها منه العلق النفيس، مع أني أستغني عنها ولا أحوج إلى ذكرها
بما أذكره للأندلسيين من النثر المبتدع، والنظم المخترع... لكنّ أهل المشرق
على تأليفهم لأشعارهم، وتثقيفهم لأخبارهم مذ تكلّمت العرب بكلامها وشُغلت
بنثرها ونظامها إلى هلمّ جرّاً.. لايجدون لأنفسهم من التشبيهات في هذه
الموصوفات ما وجدتُ لأهل بلدي." (مقدمة "البديع". ص.٢ )
و يشمل كتاب الحميري مقتطفات معظمها شعريّة، حول مواضيع الزهور، والربيع، والحدائق وهي جميعها لأدباء من إشبيلية. وهذا الكتاب الذي تمّ الحفاظ عليه مهمّ جدّا بالنسبة لحجمه إذ يحتوي على عدد كبير من المقتطفات رغم أنّ صاحبه إقتصر على تدوين ما أنتجه أهل إشبيلية فقط. فيمكن إذاً أن نتخيّل حجم هذا الديوان لو شمل ما كُتِب في موضوع الروضيات في الأندلس بكاملها.
من بين المقتطفات التي تم جمعها من قبل الحميري، اخترنا بعض الأمثلة لإعطاء فكرة عن قدرة أدباء الأندلس الإبتكارية في هذا المجال. لقد استخدموا أسلوب تجسيد الطبيعة ، كما ذكرناه سابقاً عن ابن الرومي . ولكن ما ُيميِّز شعراء الأندلس فهو الجوّ الخاصّ الذي يسود في قصائدهم: الفرح بالحياة والسرورالدائم في قصائدهم كما يمكن أن نلتمسه في هذه الأبيات للوزير أبي عامر بن مسلمة الذي تضمنت وصفاً حسناً للورد :
ما يطيب التفجير دون صديق
ممحص مخلص شقيق شفيقِ
وقــد اخــتــرتـه نـهـاراً بهــيـاً
كـمـحـيـاك مـستنـيـر الشـروقِ
عندنا الورد قد تألف مـن لـو نـين
لـون الـمها ولـون الـعـقـيـقِ
كـخـدود تـبـرقـعـت بـحـيــاء
فوق ديباجهــا الأنـيـق الـدقـيـقِ
فـتـفـضل وخـف نحو صديق
أنت فـي نـفـســه أجــل صـديق
أمّا أبو أيّوب بن بطّال فإنّ أبياته تبعث البهجة في النفوس: ـ
تبدّت لنا الأرض مزهوّةً
علينا ببهجة أثوابـهـــــــا
كـأنّ أزاهرهــا أكـــؤس
حدتها أنامل شرّابـهــــا
كـأنّ الغصون لها أذرع
تناولها بعض أصحابهـــا
وقد أعجب النوز فيها الذباب
فيهزج من فرط إعجابها
كـأنّ تعانقها في الجنوب
تعانق خوذ وأترابها
كـأنّ ترقرق أجفانها
بكاها لفرقة أحبابها
ص. ٩
يتضمّن كتاب الحميري بعض المختارات الفريدة من نوعها مثل هذه الأبيات التي يصف فيها الفقيه ابو الحسن بن علي نوعًا من الزهور يُدعى النرجس القدسي . ولا يُوجد وصفًا لهذا النرجس الّا عند هذا الشاعر: ـ
في النرجس القدسي النور و القصب
حسن يفوق به تربيه في النسب
لـه مـن التبـر كــأس قاعــه لـحــج
مُـوسّـع العلوّ قد أبداه للعـجـب
مشـم طيب إذا استنشيت زهـرتـه
وظرف أُنس إذا ما شئت للنـخــب
ومـائل الجيد من سـكــر النعـيم بـه
حكى ثنى الثمَل المشغوف باللـعـب
كـغـادة ثوبها من سنـدس طلعــت
للشرب في كفّها كـأس مـن الـذهـب
فـكيف يعقل حظ النفس من طرب
من كان يلحظ هذا الحسن من كثـب
ص. ٧٢
إنّ بعض الأبيات حول فصل الربيع و ازهاره تعطي للشاعر فرصة ثمينة لإظهار براعته الإبداعية في فنّ الزهريات. ويضعها صاحبها في بداية قصيدة يوجّهها للممدوح قبل تقديم طلبه له. فيُبهِرالشاعرالحاظرين بالمجلس بلوحة ساحرة للربيع تُحدِث المتعة في نفوس المستمعين وتفتح له كيوس العطاء وعبارات التقدير والإعتراف بمهارته. والصور التي يخترعها الشاعر بكلامه المستلهم من أعماقه غالبا ما تُستخدَم لحثّ الراعي على تكريمه والدفع له أعلى المنح. وهذا ما فعله أبو جعفر ابن الأبّار في قصيدة وجّهها إلىالحاجب أبي القاسم بن عبّاد. ويبرهن الشاعر مهارة كبيرة في اختيار كلماته ليملِّق الممدوح الذي يوجِّه له القصيدة : فيجعل الشباب سمة لصاحب الثروة ، فترى الجمال يصحب الخير، و الذهب بجوار الفضّة: ـ
لبس الربيع الطلق برد شبابه
وافتر عن عتباه بعد عتابه
ملك الفصول حبا الثرى بثرائه
متبرجاً لوهاده وهضابه
فأراك بالأنوار وشي بروده
وأراك بالأشجار خضر قبابه
أمسى يذهبها بشمس أصيله
وغدا يفضضها بدمع جنابه
عقل العقول فما تكيف حسنه
وثنى العيون جنائباً بجنابه
بالحاجب المأمول أضحك ثغره
فرحاً وأنطق جهرنا بصوابه
بعماد هذا الدين والملك الذي
تتبادر الأملاك لثم ركابه
هز الصعاد فأرعدت من خوفه
وعلا الجياد فأصبحت تزهى به
ص. ١٥
وألهمت الأندلس بفضل جمال مناظرها الطبيعية الكثير من الشعراء الذين دُوِّنت بعض قصائدهم في كتاب "البديع" . ولكنّ الحميري قد مهّد بإصدار ديوانه الطريق للمدافعين عن الأدب الأندلسي بصفة عامة والمولعين بالشعر العربي في إسبانيا المسلمة بصفة خاصّة.
Les Andalous manifestèrent au départ peu d’intérêt pour la poésie de leurs concitoyens. Il faut dire que jusqu’au 11e siècle, on ne trouve aucune anthologie de poésie andalouse digne de ce nom. Il y a bien eu la tentative d’Ibn Faradj al-Djayyânî (m. en 366/976) de consigner des œuvres poétiques andalouses dans son Kitâb al-Hadâ’iq (Le Livre des Jardins). Mais cet ouvrage, inspiré de Kitâb al-Zahrâ d’Ibn Dâwûd a été malheureusement perdu. Cependant les extraits qui nous sont parvenus dans des ouvrages ultérieurs attestent tous que les morceaux choisis appartiennent à des Andalous.
Ce n’est qu’un demi-siècle plus tard que la réaction contre la suprématie orientale viendra rendre justice à la production poétique andalouse. Un ouvrage au titre évocateur, Al-Badi' fi Wasf Ar-Rabi' (Le Merveilleux dans la description du printemps) venait donner une suite aux Hadâ’iq d’Ibn Faradj. Son auteur, Abû-l-Walîd al-Himyarî al-Ishbîlî (mort en 1048) est le fils d’un vizir du Qâdî Abû al-Qâsim Ibn ‘Abbâd de Séville. Il reçut une formation littéraire solide sous la direction de son père qui fut proche des ‘Abbadides. La cour des souverains de Séville lui permit d’accéder aux recueils de poésie et aux ouvrages de grammaire nécessaires à l’instruction des lettrés. Il composa de nombreux poèmes dès son plus jeune âge et mourut avant la trentaine.
Cet andalou, très fier de sa patrie, s’aperçut que la plupart des poèmes composés par ses compatriotes ont été perdus à cause du peu d’intérêt qu’on leur a accordé en Espagne même. Il pensa alors qu’il était grand temps d’accorder une attention particulière à la poésie hispano-arabe:
« (Hélas) leurs descriptions ne parviennent plus aux oreilles et ne s’insinuent plus dans les âmes les enflammant de désir (…) Tout ceci à cause de la perte de la plupart d’entre elles et du désintérêt des Andalous pour ces oeuvres par ignorance de leurs qualités du vivant de leurs auteurs (…). Je jure que c’est cette erreur dont je veux corriger l’étrangeté et affirmer la beauté et la douceur de ces œuvres. »
Dans sa Préface, le Badî‘ se présente comme un véritable manifeste de nationalisme littéraire. Abû al-Walîd y déclare sans détour que :
“Les poésies de l’Orient ont retenu si longtemps notre attention qu’elles ont cessé de nous attirer et de nous séduire de leurs joyaux. D’ailleurs nous pouvons nous en passer, car il n’est pas nécessaire d’avoir recours à elles quand les Andalous possèdent des morceaux de prose étonnants et des poèmes d’une beauté originale…Les Orientaux, malgré le soin qu’ils ont apporté à composer des vers, à écrire leur histoire, servis qu’ils étaient par la longue période pendant laquelle ils ont parlé l’arabe, n’arrivent pas à trouver dans leurs œuvres des comparaisons (tashbîhât) relatives aux descriptions que je relève dans les compositions de mes compatriotes (ahl baladî)… »
L’Anthologie d’al-Himyarî comporte des morceaux, pour la plupart en vers, dont les thèmes sont le printemps, les fleurs et les jardins. Ils sont tous dus à des lettrés de Séville. L’ouvrage qui a été conservé est assez important et laisse imaginer ce qu’aurait pu être une Anthologie qui aurait recueilli tous les poèmes floraux dans l’Espagne entière.
Parmi les compositions recueillies par al-Himayrî, nous avons choisi quelques exemples afin de donner une idée du génie andalou dans ce domaine. La technique de personnification de la nature, que nous avions évoquée précédemment à propos d’Ibn al-Rûmî, est souvent utilisée chez de nombreux poètes andalous. Mais ce qui distingue ces derniers, c’est l’ambiance joyeuse et festive qui habite leurs poèmes comme ce qui ressort de cet extrait qui appartient à Abû Ayyûb ibn al-Battâl :
La terre nous apparut dans toute sa fierté,
Drapée dans ses splendides habits
Ses fleurs étaient des coupes
Que tenaient les doigts des buveurs
Ses branches étaient des bras
Auxquelles servaient à boire d’autres branches
Les insectes, ébahis par la beauté des fleurs
Fredonnaient dans une suprême extase,
Et quand le vent du sud soufflait elles s’embrassaient
Comme des jeunes filles échangeant des baisers
Et la rosée qui brillait dans leurs corolles
Étaient comme des larmes versées
Par des amis lors de la séparation.
L’Anthologie d’al-Himyarî comporte parfois des pièces uniques comme cet extrait où un faqîh Abû al-Hasan Ibn ‘Alî décrit une variété de narcisse nommée al-nardjis al-kabîr. Selon H. Pérès, il s’agit du narcisse porillon qui n’est décrit que par ce seul poète :
Il a une coupe (ka’s) dont le fond est étroit, mais s’évase vers le haut
Et qu’il montre pour être admiré
C’est un bouquet de parfums lorsque l’on flaire sa fleur
Et c’est un vase pour la bonne compagnie quand on veut de coupes.
En inclinant le cou (djîd) à cause de l’ivresse du bien-être qui est en lui,
Il imite l’inclinaison de l’homme ivre qui se passionne pour le jeu.
(ou bien il est ) tel une belle femme svelte qui dans sa robe en étoffe de soie verte (sundus)
se lèverait pour les buveurs, tenant à la main une coupe d’or.
Servant souvent d’introduction à des poèmes de louanges adressés à des protecteurs, certaines pièces sur le printemps et ses fleurs sont l’occasion pour le poète de montrer sa maîtrise des thèmes floraux. Avant de présenter sa demande au mécène par le biais d’un panégyrique, le poète de cour « éblouissait » l’assistance par un tableau printanier enchanteur qui provoquait le plaisir dans l’âme des auditeurs. Les images dont use le poète ne sont jamais gratuites, elles sont souvent destinées à susciter la générosité du mécène et à le pousser aux plus larges gratifications. C’est ce que fait Abû Dja‘far Ibn al-Âbbâr dans un poème adressé au Hâdjib (Chambellan) Abû al-Qâsim Ibn ‘Abbâd. On remarquera toute l’habileté que déploie le poète dans le choix de ses expressions pour flatter le destinataire du poème : jeunesse rime avec richesse, beauté avec bonté et surtout l’or avec l’argent :
Le printemps épanoui a revêtu le manteau de sa jeunesse
Et a montré sa douceur après les blâmes subis
Le roi des saisons a gratifié la terre de toute sa richesse
En exhibant ses parures à ses vallées et à ses collines ;
Ses fleurs montrent la beauté des pans de ses robes
Et ses arbres donnent à voir le vert de ses dais.
Le soir, son soleil couchant les recouvre de son or
Et le matin leur donne, avec ses larmes, une couleur d’argent…
Al-Andalus a inspiré par la beauté de ses paysages de très nombreux poètes dont Kitâb al-Badî’ n’a regroupé qu’une infime partie. Mais al-Himyarî, avec son Anthologie, a tracé la voie aux défenseurs de la littérature andalouse en général et à sa poésie en particulier.
[1] Al Himyarî al-Ishbîlî (Abû al-Walîd), Al-Badi' fi Wasf Ar-Rabi', Préface, p. 2
[2] Al-Badi' fi Wasf Ar-Rabi' , op. cité p. 9.
[3] Nommé al-qadûsî dans la langue populaire
[4] Op. cité , p. 72 ; traduction de H. Pérès, La poésie andalouse, op. cité, p. 173.
[5] Idem, p. 15, labisa ar-rabî’u
Texte arabe et traduction en français: © Saadane Benbabaali




