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mardi 2 octobre 2012

فن التصوير عند العرب/Arab Painting/ La peinture chez les Arabes

J'avais ramené de l'un de mes voyages en Irak, dans les années 1980, un très beau livre sur la peinture arabe. Je partage avec vous quelques peintures absolument admirables scannées aujourd'hui. Bonne visite, en attendant celle du Musée du Louvre ensemble le 8 Novembre.








ساعة الفيل


دخول المسيح إلى بيت المقدس
فارسان

المؤلفون و المستمعين


المؤلفون يملون على المستمعين
الكاتب  Épître de 'Ikhwân al-Safâ

lundi 22 août 2011

Visages de l'Islam



Si la communauté musulmane compte 1,5 milliard d'individus et tire unanimement sa foi du Coran, l'islam n'est pas vécu de la même façon partout dans le monde. Pour mieux s'en rendre compte, Hannes Schuler s'est rendu en Indonésie, en Arabie Saoudite, en Turquie, en Égypte, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Espagne, et a enquêté sur la manière dont, ici et là-bas, chacun pratique sa religion.

mardi 13 octobre 2009

Spiritualité et tolérance andalouses

Dans un document distribué à la Fondation Roger Garaudy, au centre culturel Torre de la Calahora, à Cordoue, quatre sages andalous s'expriment sur le sens de la vie dans un discours imaginaire, mais parfaitement conforme à l'esprit de leurs écrits.
Averroes, 1126-1198, le musulman
- Ibn Roschd… Ibn Roschd …
(…) la médecine, l’astronomie, toutes les sciences … Vous voulez toujours que je vous explique tout ce qu’Aristote a dit du savoir des choses de la terre. Vous ne vous posez donc jamais les questions dernières : …D’où venons-nous ? Où allons-nous ? La Création et, surtout, le but et le sens de la vie et de l’histoire ?
- un disciple : Maître, aujourd’hui …
(…) Aujourd’hui, comme toujours, notre philosophie ne servirait à rien si elle ne savant pas lier ces trois choses que j’ai enseigné d’unir dans mon “ Harmonie de la science et de la religion ”. Une science fondée sur l’expérience et la logique pour découvrir les causes. Une sagesse qui réfléchisse sur les buts de chaque recherche scientifique pour qu’elle serve à rendre notre vie plus belle. La révélation, celle de notre Coran. Car c’est seulement par révélation que nous connaissons les fins dernières de notre vie et de notre histoire.
- une femme : Mais pour nous les femmes ?
Les femmes ont les mêmes fins dernières que les hommes. Le Coran ne distingue qu’entre ceux, hommes ou femmes, qui cherchent la Loi de Dieu et ceux qui ne s’en soucient pas. Il n’y a pas d’autre hiérarchie entre les êtres humains … Mais vous, les hommes, vous considérez les femmes comme des plantes qu’on ne recherche que pour leurs fruits, la procréation. Et vous en faites des séparées, des servantes. Ce sont vos traditions : elles n’ont rien à voir avec l’islam. ”
- un étudiant : Mais nos rois …
Le Prophète nous a enseigné qu’il n’est de plus sainte guerre que de dire la vérité à un dirigeant injuste. Le tyran est le plus esclave des hommes. Il est livré à ses passions par ses courtisans, à ses terreurs parce qu’i a peur de son peuple.
- un autre étudiant : Mais qu’elle est alors la société la meilleure ?
Celle où chaque femme, chaque enfant, chaque homme, reçoit tous les moyens de développer toutes les possibilités que Dieu lui a données.
- un autre : Quel pouvoir l’établira ?
Il ne s’agit pas d’une théocratie, comme chez les chrétiens d’Europe, d’un pouvoir de religieux complices des tyrans : “ Dieu - dit le Coran - a insufflé en l’homme de Son Esprit ”. Faisons-le vivre en chaque homme !
- un autre : Quelles sont les conditions d’une telle société ?
Une société sera libre et agréable à Dieu quand nul n’agira ni par crainte du Prince ou de l’enfer ou par désir de récompense d’un courtisan ou du paradis. Et quand personne ne dira : ceci est à moi.
- un autre : Maître, encore un mot
J’en ai assez de vos questions : d’abord, je ne suis pas “ Maître ” ; Dieu seul est Maître, et l’enseignement le plus fréquent de Son Coran est de faire effort pour réfléchir par soi-même. Vous entendez, par soi-même.
Maïmonide, 1135-1204, le juif
Dans la synagogue, devant la Thora qu’il commente.
Dans ce qu’il a dit sur les sciences terrestres, Aristote reste notre maître, mais, au-delà, tous ces propos ressemblent, à peu de choses près, à des conjectures. Si pour Ibn Roschd, le Livre Saint n’est pas notre Thora mais le Coran, nous sommes d’accord, l’un et l’autre, sur l’apport de la raison et de la révélation : elles sont deux manifestations d’une même vérité divine. Il n’y a de contradiction que lorsqu’on s’en tient à une lecture littérale des Ecritures, en oubliant leur signification éternelle. J’ai donné, dans mon “ Guide des égarés ” les règles de cette lecture allégorique, et qui tient compte de l’histoire. Nos problèmes historiques doivent être résolus à partir des principes éternels : il n’y a aucune opposition entre l’absolu et l’histoire. Ces principes éternels, mon expérience de juriste m’a appris qu’ils se ramenaient à quatre, que vous retrouverez dans mon “ Commentaire ” de la Mishna ”, de notre tradition juive :
1) L’individu ne peut se développer que dans une société saine, où les devoirs viennent avant les droits.
2) Le but de toute société fidèle à Dieu est une croissance de l’homme et non la richesse. L’homme grandit quand il développe en lui la raison dans sa plénitude : une raison qui a conscience de ses limites et de ses postulats. Une telle raison témoigne de la présence de Dieu en l’homme.
3) La raison de l’homme n’est qu’une participation à la raison divine, qui nous dépasse infiniment, et qui ne se réalise que par l’accueil à la prophétie biblique.
4) Un cycle nouveau de l’histoire ne commence que lorsqu’un Prophète, comme Moïse, descend vers le peuple pour lui proposer de nouvelles lois.
Psaume de David : Pourquoi ces vaines pensées parmi les peuples ? Pourquoi les rois de la terre se soulèvent-ils contre l’Eternel et contre son oint ? Brisons leurs liens. Délivrons-nous de leurs chaînes ”.
Alphonse X, 1221-1284, le Sage
Je ne suis plus que l’ombre d’un roi qu’on appelait autrefois Alphonse X, le Sage, mais le Pape et mes propres vassaux me déposèrent en 1282. Peut-être mes rêves étaient-ils trop grands pour ce siècle ? Et pourtant nous étions au bord d’un grand éveil ? J’avais eu la chance, dans ma jeunesse, d’être élevé à Tolède, où l’évêque Raymond, avec ses traducteurs chrétiens et juifs, m’avaient initié à la culture de l’islam. J’ai fait traduire en latin le Coran et le Talmud. Vous voyez ce que fut l’acte le plus glorieux de mon règne : celui de créer, à Murcie, avec le philosophe musulman Mohammed Al Riqouti, la première école au monde où enseignaient à la fois des chrétiens, des juifs et des musulmans. A Séville, j’ai exigé que l’on enseigne dans les deux langues de mon temps : l’arabe et le latin. Ecoutez : l’un de mes pages chante l’un de mes cantiques : “ O mon Christ, qui pouvez accueillir le chrétien, le juif, le maure, pourvu que leur foi se dirige vers Dieu ”. Dans mes lois, comme dans mes prières, je n’ai jamais oublié que les mécréants sont de même sang et nature que nous. Mes légistes peuvent, avec fierté, vous lire mes codes :
“ Comme la synagogue est maison où l’on glorifie le nom du Seigneur, défendons qu’aucun chrétien ait l’audace de la détruire ni d’en emporter rien ni d’en prendre aucune chose par force ”. Et à l’égard des musulmans : “ Laisser vivre les Maures parmi les chrétiens en conservant leur foi, et en n’insultant pas la nôtre ”. Oui, sous mon règne, par les efforts des sages de nos trois religions, notre Espagne du XIIIème siècle pouvait éveiller l’Europe entière à une vraie renaissance : celle qui pouvait se faire non contre Dieu, mais avec Dieu.
Ibn Arabi, 1165-1240, le soufi
“ Ceci est interdit ! Ceci est permis ! ”, nous disent les juristes. Mais jamais : “ceci est à inventer. Tu es responsable de toi-même. Réfléchis par toi-même !“ Alors que le Coran nous y appelle à chaque page. À les entendre, il n’y aurait, entre Dieu et l’homme, que des rapports de maître à esclave. La foi et la philosophie commencent là où finit ce juridisme desséché !
Le Coran nous dit “ Dieu fera se lever des hommes qu’il aimera et qui l’aimeront ” (V, 54), et aussi : “ Si vous aimez Dieu, Dieu vous aimera ” (III, 31). Dieu est unité. L’unité de l’amour, de l’amant et de l’aimé. Tout amour est désir d’union. Tout amour, qu’il en ait conscience ou non, est amour de Dieu.
Il y a un amour naturel dans lequel tu crois chercher à ne satisfaire que ton propre désir. Mais, il te fait sentir que tu ne suffis pas à toi-même. Même dans l’union des corps, où tu veux trouver l’extase, tu éprouves la nostalgie et le besoin de ce qui n’est pas toi.
Il y a un amour spirituel quand tu n’aimes l’aimé que pour l’aimé lui-même. Tu ne vis alors qu’en te dépassant : en préférant à la tienne sa joie, sa plénitude d’être. Cet amour t’enseigne le sacrifice.
Il y a un amour divin, le plus haut : tu aimes en toute chose Celui qui l’a créée, et tu n’aimes Dieu que pour lui-même, sans crainte d’un châtiment ni désir d’une récompense. Cet amour que tu portes à Dieu est un reflet de celui qu’Il te porte.
Tu ne peux t’identifier à Lui, mais agir selon le but qu’il a révélé par Son Messager. Le Prophète a dit “Quand Dieu t’aime, Il est l’oreille par laquelle tu entends, l’œil par lequel tu vois, le pas par lequel tu avances, la main par laquelle tu travailles”. Dieu a “insufflé en l’homme de Son Esprit”. Témoignage de cette présence de Dieu en toi, de l’acte de Dieu qui ne cesse de créer.
L’action est l’extérieur de la foi. Tu rends visible l’invisible chaque fois que tu te dépasses : artiste, quand tu exprimes la beauté que Dieu aime, amant, quand tu vois et sers Dieu en celle que tu aimes, savant, quand tu découvres des vérités nouvelles, chef, quand tu crées pour chacun les conditions de son épanouissement.
Voir en chaque être l’acte qui l’a créé et soumettre sa vie entière à la volonté de ce Créateur, c’est ce qui unit tous les hommes de foi. Tout homme est appelé par Dieu. Ne méprise pas ceux qui, en le cherchant, croient Le voir en ce qui n’est pas Lui. L’islam reconnaît tous les prophètes comme messagers du même Dieu. Apprends à découvrir en chaque homme le germe, en lui, du désir de Dieu, même si sa croyance est encore confuse, et parfois idolâtre, pour l’orienter vers la pleine Lumière.
J’écrivis, dans un poème d’amour :
“ Mon cœur est devenu capable d’entrer dans toutes les formes :
pâturage pour les gazelles et couvent pour le chrétien ;
temple pour les idoles et pèlerins de la Ka’ba ;
tables de la Thora et livre du Coran.
Ma religion est de l’amour :
quel que soit le chemin que prenne la caravane de l’amour,
ce chemin est celui de ma foi ”.

lundi 28 septembre 2009

Les arabes avant l'islam/OS ÁRABES ANTES DO ISLÃO

Texte traduit en portugais par mon étudiant en mestrado de Mertola: Luís Filipe Maçarico



OS ÁRABES ANTES DO ISLÃO

DIREITO DE ACOLHIMENTO E VALORES MORAIS

Um outro costume de grande honra, entre os Árabes, era o direito de vizinhança e de hospitalidade de passagem.
A honra impunha a todo o homem de prestar assistência ao seu vizinho, de o convidar para a refeição, que lhe oferecia, de o associar às suas alegrias e tristezas, de nada fazer contra ele, de não o trair em nada, considerando suas filhas e esposa como sagradas.
Pela mesma razão, o hóspede era sagrado e tinha direito à hospitalidade durante, pelo menos, três dias; Um ditado prescrevia a este respeito:"Ao hóspede deve servir-se o melhor que existe na tenda, velando-se por ele até ao amanhecer e quando sair, deve ser acompanhado até se sentir em segurança."
Outros costumes que seria demorado enunciar nestas páginas limitadas, denotam entre os árabes pagãos um ideal moral, implicando,a par de certos hábitos selvagens, particulares de algumas tribos, como o enterramento de meninas recém-nascidas vivas, qualidades excepcionais: coragem e lealdade nos combates, fidelidade à palavra dada, protecção dos fracos, respeito pela velhice, desprezo pela morte, uma franqueza que não temia a grosseria, uma paixão marcada pela poesia, um profundo sentimento de igualdade, uma grande sensibilidade e o culto da beleza feminina. As mais altas virtudes da raça eram aos seus olhos a eloquência, a generosidade e a bravura simbolizada pelo sabre.
Por todas estas razões, a história dos Árabes pagãos, antes da sua islamização, será a história não só de um povo, mas a história de grupos tribais caracterizados por uma morfologia social rígida, uma anarquia crónica.


A IDOLATRIA

A grande maioria dos Árabes, antes do Islão, era idólatra. Eles adoravam divindades importadas, babilónicas ou gregas e divindades locais....Alguns eram adorados por todos os clãs, outros tinham um carácter estritamente tribal. Um provérbio muito citado recomenda:
"Quando entrares numa aldeia, jura pelo seu Deus."
Havia no templo da Caaba em Meca mais de 300 ídolos, que o profeta, segundo certos testemunhos, quebrou no próprio dia da conquista desta cidade.
Tal como os Gregos, que reconheciam primazia a Zeus, os Árabes pagãos colocavam ao lado das suas divindades um Deus superior, Allah. Mas eles não acreditavam na vida futura "A Natureza", diziam eles, "faz viver e o tempo faz perecer." Eles impunham com desprezo e galhofa a todos aqueles que falavam de ressurreição, qualificativos redutores, lembrando fábulas ingénuas e primitivas. A sua religião não implicava nenhuma liturgia particular e tinha acima de tudo um carácter astral ou mágico. Ela regia-se por um conjunto de ritos e práticas: peregrinações, procissões, piras, orações, súplicas, o culto das pedras negras (meteoritos), de certas árvores, de certos animais, de certas pedras e de determinados astros, como a lua.
O gado oferecido em intenção das divindades, era sacrificado e com o seu sangue aspergia-se o ídolo, em honra do qual ele seria doado.

vendredi 11 septembre 2009

Abū al-Faraǧ al-Isfahānī




Biographie:

Abū al-Faraǧ al-Is̩fahānī (en arabe : أبو الفرج الإصفهاني) est un auteur arabe, chiite modéré, né à Ispahan en 897 et mort à Bagdad en 967.

Littérateur ambulant à la recherche de tous les témoignages écrits ou oraux, concernant les poètes arabes, afin qu'en les enserant dans une sorte de "Journal", il les sauvât de l'oubli.
Comme il appartenait à la famille princière, issue des anciens califes de la dynastie omeyyade, il fut reçu par tous les personnages importants de son époque.
Il vécut à Alep, à la cour de Sayf ad-Dawla et à celle des tout-puissants vizirs bouyides et à celle des omeyyades d'Espagne.
Son Kitâb al-Aghânî reste la source la plus importante de renseignements sur la civilisation arabe en général dans sa période la plus glorieuse et sur la poésie en particulier.

Oeuvres:
Parmi ses œuvres les plus célèbres, on compte:
▪ Maqātil al-T̩ālibiyyīn ( en arabe : مقاتل الطابيين), ouvrage dans lequel il consacre une notice à la mort de chacun des descendants de ʿAlī ibn Abī T̩ālib décédés de mort violente.
▪ Adab al-g̍urabā’ (en arabe : أدب الغرباء), ouvrage consacré à la poésie de l'absence.
▪ Le Livre des chansons (Kitāb al-Ag̍ānī; en arabe : كتاب الأغاني), qui rassemble une sélections de chants, accompagnés d'informations concernant les poètes qui les ont composés et les chanteurs qui les ont interprétés. Cet ouvrage monumental (il est fréquemment publié en 20 volumes) peut être divisé en trois parties:
▪ la première est une sélection de chants rassemblée par le chanteur Ibrāhīm al-Maws̩ilī pour le calife abbasside al-Wāt̠iq;
▪ la deuxième est consacrée aux consacrée et aux membres de la famille califale ayant composé des chansons;
▪ la troisième à un noyau de chansons sélectionnées par l'auteur.
L'essentiel du livre est donc formé par une alternance entre des vers chantés (nommés s̩awt, en arabe : صوت) et des informations sur l’origine des poésies dont ils sont extraits et la vie du poète qui les composées. La matière poétique et biographique l'emporte donc en volume sur les chansons qui donnent son titre et sa structure à l'ouvrage.
Abū al-Faraǧ enseignait oralement le contenu de ce livre : celui-ci a donc été plusieurs fois remanié, certains passages ont été déplacés.

Ibn Khaldun dit du Kitâb al-Aghânî :
" C'est le vrai Livre des Arabes et celui qui renferme leurs archives. On y trouve leur langue, leur histoire, les récits de leurs "Grands Jours" et de leurs combats, l'histoire de leur religion et de leur Prophète, celle de leurs califes et de leurs rois, leurs poésies, leurs chants et tout ce qui les concerne. Aucun autre ouvrage n'offre un tableau aussi complet des Arabes"`

Sources: Notes personnelles de Saadane Benbabaali et Wikipedia
Photo: Ettinghausen, Richard (1977). Arab Painting, 65. Geneva: Skira.

jeudi 3 septembre 2009

Ahmed Djebbar : L’âge d’or de la science arabe


Le flamboiement culturel qui a baigné et nourri pendant plusieurs siècles toute une partie de l’humanité entre Méditerranée et océan Indien constitue un apport décisif à la fondation de la science moderne : c’est en substance la démonstration qu’apporte le mathématicien et historien des sciences Ahmed Djebbar, avec son dernier ouvrage : Une histoire de la science arabe.

Entretien.

L’image dominante aujourd’hui sur le rapport de la civilisation islamique aux sciences est celle des contraintes, des limites imposées de l’extérieur à la connaissance par le corpus religieux. Que pensez-vous de ce schéma ? L’islam doit-il être considéré comme un frein à la pensée scientifique ou comme un élément de dynamisme ?
Ahmed Djebbar.

Ce schéma date du XIXe siècle et il est erroné. Lorsqu’il s’agit des activités sociales - et la science en est une -, il vaut mieux parler des musulmans plutôt que de l’islam. Du coup, il ne s’agit plus d’une seule position par rapport à la science, mais de plusieurs, qui ont d’ailleurs varié dans le temps en fonction des rapports de forces qui s’établissaient (et qui s’établissent encore) dans la cité islamique. Le lecteur d’aujourd’hui doit savoir que ces deux sources fondamentales de l’islam, le Coran et le Hadith ( les actes et les paroles du Prophète) contiennent de nombreux encouragements à l’activité scientifique. En réalité, la question qui s’est posée aux musulmans dès le IXe siècle est la suivante : " Lorsque le Coran et le Prophète évoquent la science, de quelle science s’agit-il ? " À partir de là il y a eu, effectivement, des positions tranchées pour ou contre les sciences rationnelles, par opposition aux sciences religieuses. Il y a même eu des théologiens qui ont mis en garde contre l’excès de l’étude de la grammaire arabe ! Mais ces débats n’ont, à ma connaissance, jamais entravé le cours des choses. D’ailleurs les scientifiques ne les évoquent pas dans leurs écrits. Aujourd’hui, même les plus dogmatiques des musulmans n’osent pas opposer le message religieux à la science : ils la lui soumettent de différentes manières, soit en privilégiant les réponses du corpus religieux à celles de la recherche scientifique (comme pour la théorie de l’évolution), soit en interprétant les découvertes scientifiques comme une réalisation de ce qui est déjà annoncé dans le Coran. Mais cette position est loin d’être dominante.

Vous avez centré vos recherches sur une période de quatre siècles, qui correspond grosso modo à la domination militaro-économico-culturelle des Arabes, puis des Ottomans sur une grande partie du monde. Pourquoi ? Est-ce par souci de réévaluer cette époque de grand foisonnement culturel ? Est-ce parce que l’historiographie existante est injuste avec elle ?
Ahmed Djebbar.
C’est tout cela à la fois. D’abord, il était temps d’intégrer certains résultats de la recherche de ces dernières décennies dans un ouvrage de vulgarisation. Par leur diversité et leur richesse, et par leurs liens avec les traditions scientifiques antérieures, ces travaux poussent à réévaluer la contribution des savants des pays d’islam et à changer le regard qu’on portait sur elle. Il est temps en effet de substituer à la vision exotique de la civilisation arabo-musulmane une vision plus conforme à l’histoire, comme il est temps d’ailleurs de réévaluer l’apport scientifique du Moyen ¶ge européen. Prenons l’exemple du Maghreb et de l’Espagne : pendant longtemps, on a pensé que leur rôle en mathématiques était insignifiant. Or les recherches de ces vingt dernières années, auxquelles j’ai modestement contribué, ont révélé une riche tradition à la fois astronomique et mathématique dans ces deux régions : des instruments nouveaux y ont été conçus, des modèles planétaires y ont été discutés, la combinatoire en tant que discipline y a fait ses premiers pas et on a même découvert qu’à partir du XIIe siècle un symbolisme très élaboré avait été introduit dans l’écriture de l’algèbre et de l’arithmétique.

Qui sont les scientifiques de cette époque ? Peut-on dresser un portrait type ?
Ahmed Djebbar.
Pendant longtemps, le portait du savant musulman était incarné par Ibn Sina (Avicenne), c’est à dire un encyclopédiste, touche à tout, brillant en tout. Cette civilisation a produit de grands esprits correspondant à ce profil, comme Al-Kindi à Bagdad et Ibn Rushd (Averroès) à Cordoue puis à Marrakech. Cette catégorie de savants a effectivement innové dans plusieurs disciplines et ses membres ont été souvent proches du pouvoir politique de leur époque. Mais la majorité des scientifiques ne correspondent pas à ce profil. Ils ont bien sûr, dans leur diversité ethnique et confessionnelle, acquis une formation générale en arabe puis ils se sont spécialisés dans telle ou telle discipline. Cela dit, ils ont rarement conseillé des princes et n’ont pas toujours eu l’occasion de monnayer efficacement leur savoir. Certains d’entre eux ont même exercé un second métier pour pouvoir continuer à s’adonner à leur passion de la recherche. Parmi ces scientifiques peu connus du grand public, il y a le chimiste Jâbir Ibn Hayyan (IXe siècle) à Bagdad, l’algébriste Abû Kâmil (Xe siècle) au Caire, l’astronome Az-Zarqalî (XIe siècle) à Tolède, le médecin Ibn Al-Jazzâr (Xe s.) à Kairouan, le physicien Al-Khâzinî (XIIe s.) en Asie centrale, etc. Tous ont laissé des ouvres consistantes.

Comment la science circule-t-elle dans l’immense empire musulman ? Les processus d’acquisition, d’emprunt à la tradition, de discussion, de commentaire des savoirs antérieurs sont-ils spécifiques ?
Ahmed Djebbar.
Plusieurs éléments caractérisent ces pratiques. Il y a d’abord la multiplication des foyers scientifiques. De Samarkand, en Asie centrale, à Saragosse, en Espagne, des dizaines de pôles se sont développés, créant une réelle émulation entre les différents groupes de savants et développant entre eux des liens multiples (échanges de lettres et de livres, visites, coopération autour d’un projet). Le second élément est la langue arabe, vecteur presque exclusif de la science entre le IXe et le XIIe siècle à la fois en Asie, au Proche-Orient, au Maghreb et en Espagne. Mais, au-delà de ces spécificités, la pratique scientifique en pays d’Islam a fonctionné selon un processus universel : traduction d’ouvrages appartenant aux traditions antérieures (surtout grecque et indienne), assimilation du savoir ancien, critiques et commentaires, puis production originale et orientations nouvelles. Il faut aussi préciser que, malgré le contexte politique et idéologique imprégné par le corpus religieux, la pratique scientifique, elle, est toujours restée profane, en dehors de l’invocation de Dieu et du Prophète avec, parfois, une dédicace élogieuse en première page.

L’invention du papier ou plutôt sa fabrication sur un mode industriel a constitué une révolution de grande portée…
Ahmed Djebbar.
Vous avez raison de parler du caractère industriel de la fabrication du papier dans l’empire musulman. Des dizaines de manufactures ont été construites et des cultures nouvelles ont été développées pour les alimenter en matière première. Cette civilisation a été la première à avoir fait du papier le support matériel de l’enseignement et de la diffusion de la science. Des millions de manuscrits ont pu ainsi circuler d’un bout à l’autre de l’empire. Et il est raisonnable de penser que le développement de l’industrie du papier n’est pas étranger à l’extension de l’instruction et à la diffusion du savoir de l’époque, comme à la multiplication des bibliothèques publiques et privées.
L’un des traits spécifiques de la Renaissance en Europe est la place donnée à la critique du passé dans tous les domaines de la connaissance. Ce processus qui commence en Italie aux XIIIe et XIVe siècles débouche deux siècles après sur la révolution copernicienne, sur Galilée, puis sur le mot d’ordre cartésien de se rendre " maître et possesseur de la nature " (ce qui suppose qu’elle soit connaissable par la seule force de la raison). Démarche qui s’organise autour des valeurs fondamentales : rigueur logique, expérimentation, vérification des hypothèses.
Diriez-vous que la science arabo-musulmane penche plus du côté du Moyen Âge ou du côté de la Renaissance ?
Ahmed Djebbar.
Du côté de la Renaissance. Sans minimiser les facteurs endogènes, on peut affirmer que la Renaissance, d’abord en Italie puis dans le reste de l’Europe, n’aurait pas été possible sans les apports du Moyen ¶ge, donc sans la phase arabe de la science. Les valeurs que vous évoquez sont à l’ouvre dans la science arabe dès le IXe siècle pour certaines d’entre elles et surtout aux Xe et XIe siècles pour les autres. S’agissant de la rigueur logique, les arabes ont été les élèves des Grecs. La démarche expérimentale est au contraire le résultat d’une rupture par rapport aux conceptions anciennes. Et cette rupture s’est opérée en particulier avec le mathématicien et physicien Ibn Al-Haytham (XIe siècle). Dans l’introduction à son monumental traité d’optique (qui sera d’ailleurs traduit en latin et qui restera une référence, en Europe, jusqu’à la fin du XVIIe siècle), il affirme que la recherche scientifique procède par induction, par expérimentation et par déduction. Il applique ces principes dans ses travaux d’optique.

L’une des sciences reines de cette civilisation est la mathématique. L’invention de l’algèbre puis de l’analyse combinatoire appliquée notamment à la langue, et cela près de trois siècles avant Pascal, peuvent-elles être qualifiées d’avancées décisives vers la mathématisation des autres sciences - notamment la physique, l’astronomie, etc. ?
Ahmed Djebbar.
Les Grecs avaient déjà sérieusement avancé dans la mathématisation de l’astronomie et de la physique. Les Arabes leur ont emboîté le pas en assimilant ce qu’ils avaient réalisé, en introduisant de nouveaux outils et en étendant les domaines d’application de ces outils. Dans ce sens, l’avènement de l’algèbre et de la trigonométrie peut être considéré comme une avancée décisive. L’analyse combinatoire n’a pas eu la possibilité de se développer suffisamment, même si ses premiers résultats sont appréciables. Il lui fallait peut-être de nouveaux domaines d’application. Ils seront prospectés, avec succès, en Europe à partir du XVIIe siècle. Le contexte socioculturel de l’Europe le permettait. Et les scientifiques ont fait le reste. Au tournant du XVe siècle, nous nous trouvons devant deux sociétés, l’Europe chrétienne et ce qui restait de l’empire musulman, qui avaient à peu près le même niveau scientifique et technologique, des économies semblables, mais qui différaient totalement au niveau des structures sociales, de la nature des forces en présence et de leurs interactions. Bref, les sociétés de l’Europe chrétienne du XVe siècle vivaient une phase de mutation, fébrile et conquérante, alors que les sociétés de l’islam se débattaient encore dans les contrecoups des grands chocs des XIIe et XIIIe siècles (les Croisades et l’invasion mongole) et des affrontements idéologiques internes (entre orthodoxes et chiites).

Pourquoi le processus de mathématisation du réel n’a-t-il pu être mené jusqu’au bout ?

Ahmed Djebbar.

Au plan interne, cela tient au type de mathématiques pratiquées tout au long de la civilisation arabo-musulmane. Les outils euclidiens, même enrichis par les scientifiques arabes, n’étaient pas suffisants pour rendre compte des phénomènes physiques. Il fallait élaborer de nouveaux repères pour espérer interpréter la complexité du réel. Au plan externe, la question renvoie au rôle de la science dans la cité. En dehors de quelques initiatives significatives mais isolées, elle n’a pas fonctionné comme l’élément moteur d’un processus de développement, elle est restée spéculative. On peut même supposer que le développement socio-économique de cette civilisation n’a pas eu à orienter les préoccupations des scientifiques vers des problèmes nécessitant de nouveaux outils et de nouvelles démarches. Mais, sur cette question, il serait prématuré de trancher.

Entretien réalisé par Lucien Degoy

Article paru dans l'Humanité le 8 juin 2001
Tribune libre - Histoire

Tradução de um excerto da entrevista
“Ahmed Djebbar: L’âge d’or de la science árabe”

Traduction en portugais d'extraits de l'entretien par Mestranda: Ana Paula Cortes Penedo

Tradução de parte da entrevista
“Ahmed Djebbar: L’âge d’or de la science árabe”

O brilho cultural que banhou e alimentou durante vários séculos toda uma parte da humanidade entre o Mediterrâneo e o oceano Índico constitui um contributo decisivo para a fundação da ciência moderna: é em substância a demonstração que traz o matemático e historiador das ciências Ahmed Djebbar, com a sua última obra: Uma história da ciência árabe. Conversa.
A imagem dominante actual sobre a afinidade da civilização islâmica com as ciências é a de constrangimentos, de limites impostos do exterior ao conhecimento pelos corpos religiosos. Que pensa desta ideia? O islão deve ser considerado como um freio ao pensamento científico ou como um elemento de dinamismo?
Ahmed Djebbar. Esta ideia data do século XIX e está errada. Quando se trata de actividades sociais – e a ciência é uma delas -, é melhor falar dos muçulmanos do que do islão. De repente, já não se trata só de uma posição em relação à ciência, mas de várias, que foram variando no tempo em função das relações de forças que se estabeleceram (e que ainda se estabelecem) na cidade islâmica. O leitor da actualidade deve saber que estas duas fontes fundamentais do islão, o Corão e o Hadith (os actos e as palavras do Profeta) contêm numerosos encorajamentos à actividade científica. Na realidade, a questão que se pôs aos muçulmanos desde o século IX é a seguinte: “Quando o Corão e o Profeta evocam a ciência, de que ciência se trata?” A partir daí houve, efectivamente, posições divergentes a favor ou contra as ciências racionais, em oposição às religiosas. Existiram mesmo teólogos que acautelaram contra o excesso de estudo da gramática árabe! Mas estes debates nunca, que eu conheça, travaram o curso das coisas. Além disso os cientistas não os evocam nos seus escritos. Ainda hoje, mesmo os muçulmanos mais dogmáticos não ousam opor a mensagem religiosa à ciência: submetem-na de diferentes formas, seja privilegiando as respostas do corpo religioso às da pesquisa científica (como para a teoria da evolução), seja interpretando as descobertas científicas como uma realização do que foi anunciado no Corão. Mas esta posição está longe de ser dominante.
Centrou as suas pesquisas num período de quatro séculos, que corresponde grosso modo ao domínio militar-económico-cultural dos Árabes, em seguida dos Otomanos sobre uma grande parte do mundo. Porquê? Por preocupação de reavaliar esta época de grande desenvolvimento cultural? Porque a historiografia existente é injusta com ela?
Ahmed Djebbar. É tudo isso. Primeiro, era tempo de integrar certos resultados da pesquisa destas últimas décadas numa obra de vulgarização. Pela sua diversidade e riqueza, e pelos seus laços com as tradições científicas anteriores, estes trabalhos obrigam a reavaliar o contributo dos sábios dos territórios do islão e a mudar o olhar que se tem dele. É tempo de substituir à visão exótica da civilização arabo-muçulmana uma visão mais em conformidade com a história, como também é tempo de reavaliar o contributo científico da Idade Média Europeia. Tomemos o exemplo do Magrebe e da Espanha: durante muito tempo, pensou-se que o seu papel nas matemáticas era insignificante. Ora as pesquisas destes últimos vinte anos, para as quais contribuí modestamente, revelaram uma rica tradição astronómica e matemática nestas duas regiões: instrumentos novos foram aí concebidos, modelos planetários foram aí discutidos, o combinatório como disciplina deu aí os seus primeiros passos e descobriu-se mesmo que a partir do século XII um simbolismo muito elaborado foi introduzido na escrita da álgebra e da aritmética.
Quem são os cientistas desta época? Podemos traçar um retrato tipo?
Ahmed Djebbar:Durante muito tempo, o retrato do sábio muçulmano era incarnado por Ibn Sina (Avicena), quer dizer um enciclopedista, que sabe de tudo, brilhante em tudo. Esta civilização produziu grandes espíritos correspondentes a este perfil, como Al-Kindi em Bagdad e Ibn Rushd (Averróis) em Córdova e a seguir em Marrakech. Esta categoria de sábios efectivamente inovou em diversas disciplinas e os seus membros estiveram muitas vezes próximos do poder político da sua época. Mas a maioria dos cientistas não corresponde a este perfil. Com certeza, na sua diversidade étnica e confessional, adquiriram uma formação geral em árabe e depois especializaram-se numa determinada disciplina. Quer dizer, raramente aconselharam os príncipes e nem sempre foram eficazmente remunerados pelos seu saber. Alguns deles exerceram uma segunda profissão para poder continuar a dedicar-se à sua paixão de pesquisa. Entre estes cientistas pouco conhecidos do grande público, está o químico Jâbir Ibn Hayyan (século XI) em Toledo, o médico Ibn Al-Jazzâr (Século X) em Kairouan, o físico Al-Khâzini (século XII) na Ásia central, etc. Todos deixaram grandes obras consistentes.

Rhazès: un scientifique pluridisciplinaire persan


Al-Razi, dans le « Recueil des traités de médecine » de Gérard de Crémone, 1250-1260
Abu Bakr Mohammad Ibn Zakariya al-Razi, connu aussi comme Razi (persan: رازی ) ou Al-Razi, ou Ar-Razi, ou Ibn Zakaria (Zakariya) ou (en latin) comme Rhazes et Rasis, (865-925) fut un scientifique pluridisciplinaire perse qui a énormément contribué dans les domaines de la médecine, l'alchimie et la philosophie. Alchimiste devenu médecin, il aurait isolé l'acide sulfurique et l'éthanol dont il initia l'utilisation médicale. S'agissant de la pratique médicale, il a vigoureusement défendu la démarche scientifique dans le diagnostic et la thérapeutique et a largement influencé la conception de l'organisation hospitalière en lien avec la formation des futurs médecins. Empiriste et rationaliste, il fut l'objet de nombreuses critiques pour son opposition à l'aristotélisme et sa libre-pensée vis-à-vis de la religion.
De nos jours son nom est commémoré avec l'institut Razi près de Téhéran et son anniversaire est célébré tous les 27 août en Iran lors de la journée de la pharmacie.

Sommaire

1 L'homme
2 Le médecin, l'enseignant et l'homme de science
3 Œuvre scientifique et médicale
3.1 Psychiatrie et psychologie
3.2 Neurologie
3.3 Petite vérole contre rougeole
3.4 Allergies et fièvre
3.5 Pharmacie
3.6 Pathologies diverses
3.7 Critique de sa démarche
4 Ethique de la médecine
5 Sur la recherche scientifique et clinique
6 Les sciences occultes
7 Notes et références
8 Bibliographie

L'homme

Razi est né dans la ville de Ray (en langage perse Razi signifie « de la ville de Ray »), une ville située au sud de Téhéran, Iran, dans le province du Khorassan et a effectué une grande partie de ses recherches dans celle-ci. Avicenne a vécu aussi un moment dans cette cité.
Il aurait d'abord été un musicien, probablement joueur de luth d'une grande virtuosité avant de se tourner vers l'alchimie, la philosophie, les mathématiques et l’astronomie. Contrairement à une idée répandue, il n'est pas le premier à dire que le monde est rond car Ératosthène, au IIIe siècle av. J.-C., avait calculé avec une assez bonne précision la circonférence terrestre et plus tard, le mathématicien indien Aryabhata l'ancien fera de même au VIe siècle. Il semblerait qu'il se soit aussi intéressé à l'orfèvrerie.
Selon certains de ses biographes, Razi aurait souffert d'une maladie des yeux provoquée par les émanations résultant de ses expériences d'alchimie qui lui aurait fait abandonné ce domaine pour s'intéresser à la médecine mais Razi aurait dit, lui-même, que sa vue avait été affectée par les lectures prolongées. Vers l'âge de trente ans, il débute donc une formation de médecin à Ray. Lettré, il est persan mais lit et écrit en arabe, il étudie les textes des Anciens grecs (Hippocrate, Galien), hindous, éventuellement traduits en syriaque puis en arabe. Les écrits de Ali ibn Rabban al-Tabari (mort vers 870) auront notamment une grande influence sur lui. Il poursuit sa formation en voyageant en Syrie, en Égypte, en Espagne complétant ses connaissances livresques de pratique clinique et expérimentale.
De retour en Orient, il est d'abord nommé médecin de la cour du prince samanide Abu Salih al-Mansur, régnant sur le royaume du Khorassan au nord de la Perse. Sa notoriété grandissant, il est chargé de la direction de l'hôpital de Ray puis du maristan (hôpital central) Muqtadari de Bagdad sous le règne du calife abbasside Al-Muktafi. La légende raconte que pour choisir l'emplacement des bâtiments à construire, il aurait fait suspendre des morceaux de viande en différents lieux de la ville et aurait choisi le site comme étant celui où la viande se décomposait le moins vite.
A la mort du souverain Al-Muktafi, en 907, Razi retourne à Ray. De nombreux étudiants l'y suivent et il y poursuit son enseignement médical. Devenu aveugle à la fin de sa vie, il décède à Ray le 27 octobre 925 (ou 932 suivant les sources), en l'an 313 du calendrier musulman.

Le médecin, l'enseignant et l'homme de science

En tant que médecin chef de l’hôpital progressiste et humaniste, Razi introduisit des pratiques radicalement nouvelles dans le soin des patients et la formation des médecins. Il distinguait en effet trois aspects de la médecine : la santé publique, la médecine préventive et le traitement des maladies spécifiques. Dans cette optique, il organisa des consultations externes, promut les soins à domicile et ouvrit l'hôpital et l'accès aux soins et aux nécessiteux et non pas seulement aux riches. Insistant sur le rôle de la médecine préventive, il se fit l'auteur du tout premier traité médical à l'usage des non-médecins fondé sur sept principes destinés à assurer la préservation de la santé :
modération et équilibre lorsque le corps est en mouvement et lorsqu'il est au repos.
modération en mangeant et en buvant.
élimination des surabondances.
amélioration et réglementation des habitats.
éviter les excès néfastes avant qu'ils ne deviennent incontrôlables.
entretenir une harmonie entre les ambitions et les résolutions.
se forcer à acquérir de bonnes habitudes notamment concernant la pratique de l'exercice physique.
Enseignant admiré et fin pédagogue, il initia la pratique des visites au chevet des malades avec ses étudiants et leur soumettait les questions, d'abord aux plus novices puis aux plus expérimentés avant de donner sa propre réponse. Il insistait sur la nécessité d'une formation continue au cours de la vie du médecins et les encourageait à prendre des notes sur leurs observations et à en discuter entre eux.
Razi est reconnu pour ses talents d'observations alliés à une grande rigueur scientifique. Il joua un rôle fondamental dans le développement de la méthode clinique, attachant une grande importance aux signes cliniques mais aussi à la symptomatologie qui devaient constituer la base d'un raisonnement menant au diagnostic puis à la thérapeutique. Il insistait sur l'importance d'allier le savoir théorique à la pratique clinique. Ce faisant, il se fit un critique sévère mais admiratif de l'œuvre de Galien qu'il jugeait manquer d'observations empiriques. Cela lui valut d'être lui même attaqué. Pratique peu courante à l'époque, Razi citait scrupuleusement ses sources scientifiques qu'elles fussent grecques ou arabes.
Contrairement à l'usage d'alors, il associait à la démarche de soin le malade lui-même (dont il estimait que l'état psychologique conditionnait la réussite du traitement) mais aussi l'entourage du malade : « Il faut que les malades et ses proches soient avec le médecin et non contre lui, qu’ils ne lui cachent rien des états du malade et de son comportement. » Dans cette même approche globale de la maladie, il insistait aussi sur le rôle de la diététique dans le soin et la prévention des maladies.
Utilisant ses connaissance en chimie pour son activité médicale, on peut à juste titre le considérer comme un père fondateur de la thérapeutique iatrochimique (l'usage de substance chimique pour soigner des maladies). Il œuvra pour la constitution de la pharmacologie comme discipline médicale à part entière et le chapitre qui est consacré dans son traité Kitab al-Hawi restera une référence jusqu'au XVIIe siècle en Europe. Néanmoins, il alerta très tôt ses contemporains sur l'usage inconsidéré de médicaments et les difficultés résultant de la polypharmacie (l'usage de plusieurs médicaments à la fois).
Ibn al-Nadim identifie cinq domaines dans lesquels Razi s'est distingué :
Razi a été reconnu comme le meilleur médecin de son temps pour avoir pleinement compris et appliqué les connaissances médicales grecques ;
il a voyagé dans de nombreux territoires. Ses visites répétées à Bagdad et ses services à de nombreux princes et souverains sont connus de plusieurs sources ;
il a été un enseignant en médecine qui a attiré de nombreux étudiants, que ceux-ci soient débutants ou non.
il était reconnu comme compatissant, gentil, droit, et dévoué au service de ses malades qu'ils soient riches ou pauvres.
il a été un lecteur et un écrivain prolifique.
Rétrospectivement, on peut ajouter à cette liste son rôle majeur dans le développement d'une médecine scientifique basée sur les faits et une vision très moderne de la médecine hospitalière associant clinique scientifique, formation universitaire et souci de santé publique. Considéré aussi comme le père de la pédiatrie.
Œuvre scientifique et médicale

Razi pratiquait de nombreuses spécialités médicales : chirurgie, gynécologie, obstétrique, ophtalmologie…
Razi a écrit 184 livres et articles dans plusieurs domaines scientifiques, dont 61 relevant de la médecine, tous en langue arabe. Ses principaux ouvrages sont :
En médecine
Kitab al-Hawi fi al-Tibb Somme médicale en 22 volumes en partie posthume qui reprend les connaissances d'auteurs plus anciens sous forme de longs extraits aux références précises et des commentaires, enseignements et observations de Razi. Traduit en latin au XIIIe siècle, sous le titre Liber Continens, il exercera une profonde influence sur la médecine occidentale, ainsi aux côtés de neuf autres ouvrages, il constituera le fonds de la bibliothèque de la Faculté de Médecine de Paris en 1395.
Kitab al-Mansuri fi al-Tibb (Livre de médecine pour Mansur) Traité médical plus général dédicacé au souverain samanide de Ray, Abu Salih al-Mansur.
Kitab fi al-jadari wa-al-hasbah (La variole et rougeole)
Kitab ila man la yahduruhu al-tabib (Livre pour qui n'a pas accès à un médecin)
Shukuk 'ala alinusor (Doutes sur Galien) Essai critique sur la théorie de Galien et sur la façon dont ses successeurs s'en servent avuglément
Al-Teb al Molooki (Médecine royale)
al-Murshid aw al-Fusul (Aphorismes) Guide du médecin nomade
En chimie
At-Tadbîr
Sirr Al-Asraar


Psychiatrie et psychologie

Razi est l'auteur d'un des tout premiers traités de psychologie et de psychiatrie. L'hôpital qu'il dirigea à Bagdad fut le premier à posséder un service pour les malades mentaux.
Neurologie [modifier]
Razi s'intéressa aussi à la neurologie : il décrivit le rôle moteur et sensitif des nerfs en identifiant 7 des nerfs craniens et 31 des nerfs spinaux par un nombre référant à leur position anatomique depuis le nerf optique jusqu'au nerf hypoglosse. Sur le plan fonctionnel, il établit le lien certains signes cliniques et la localisation anatomique d'une lésion.


Petite vérole contre rougeole

Dans le monde méditerranéen1, après les écrits du médecin syriaque Aaron d'Alexandrie en 6222,3, Razi, en tant que médecin en chef à l'hôpital de Bagdad, a fourni une des premières descriptions connues de la petite vérole et la distingue nettement de la rougeole :
«La variole apparaît lorsque le sang est infecté et se met à bouillir de telle sorte que des vapeurs s’en dégagent. Ainsi, le sang des enfants (qui ressemble à des secrétions humides s’écoulant sur la peau) se transforme en un sang riche qui possède la couleur du vin parvenu à maturité. A ce stade, La variole se manifeste essentiellement comme des bulles qu’on trouve dans le vin - (sous forme de vésicules) - ... cette maladie peut aussi survenir à d'autres moments - (c’est à dire, pas seulement dans l'enfance) -. La meilleure chose à faire au cours de cette première phase est de s’éloigner de la maladie, pour éviter qu’elle se transforme en épidémie.»
La valeur de son diagnostic est confirmé par l'Encyclopædia Britannica (1911), qui établit : « Les sources les plus dignes de confiance qui font état de l'existence précoce de cette maladie sont à mettre au compte de Rhazes du IXe, par qui les symptômes sont clairement décrits, sa pathologie expliquée par une théorie humorale ou de fermentation, et des prescriptions données pour son traitement. »
Écrit par Razi, l'al-Judari wa al-Hasbah a été le premier livre sur cette maladie, et a été traduit en plus d'une douzaine de langues. Son manque de dogmatisme et sa confiance hippocratique sur les observations cliniques montre les méthodes médicales de Razi :
« L'éruption de la petite vérole est précédée par une fièvre continue, douleur dans le dos, démangeaisons dans le nez et frayeurs dans le sommeil. Ce sont les symptômes les plus particuliers de son arrivée, surtout une douleur dans le dos avec de la fièvre, avec aussi des picotements que les patients ressentent sur leur corps, une plénitude du visage qui avec le temps va et vient ; une couleur enflammée, et une rougeur intense dans les deux joues, une rougeur dans les deux yeux, une lourdeur du corps entier, un grand malaise, the symptoms of which are stretching and yawning, une douleur dans la gorge et la poitrine, avec une difficulté légère dans la respiration et de la toux, une sécheresse du souffle, une salive épaisse et un enrouement de la voix, douleurs et une lourdeur de la tête, inquiétude, nausée et anxiété (avec cette différence que l'inquiétude, la nausée et l'anxiété sont plus fréquents avec la rougeole qu'avec la petite vérole, avec d'un autre côté, la douleur dans le dos qui est plus particulier à la petite vérole qu'à la rougeole) chaleur dans le corps entier, un colon enflammé, et une rougeur brillante, surtout une rougeur intense des gencives. »
Razi est également le premier dans le monde méditerranéen à différencier clairement la petite vérole de la varicelle.

Allergies et fièvre

Razi a découvert l'asthme allergique, et aurait été la première personne à avoir écrit un traité sur l'allergie et l'immunologie. Dans le traité Sense of Smelling il explique l'apparition de rhinites lorsque l'on sent une rose au printemps, traite des rhinites saisonières, qui sont identiques à l'asthme allergique ou le rhume des foins. Razi aurait été le premier à comprendre que la fièvre était un mécanisme naturel de défense du corps humain.
Pharmacie [modifier]
Rhazes a contribué à la pratique précoce de la pharmacie grâce à des textes, mais aussi par d'autres manières. On peut citer l'introduction d'onguents au mercure, le développement d'outils comme le mortier, spatules et fioles qui seront en usage dans les pharmacies jusqu'au début du XXe.


Pathologies diverses

Il décrivit de nombreuses pathologies comme la goutte, les calculs rénaux et vésicaux, la variole, la rougeole, le rhume des foins. Il a en outre classé les maladies en trois catégories : celles qui sont curables; celles qui peuvent être curables; et celles qui sont incurables.


Critique de sa démarche
Toutefois, la démarche de Razi ne possède pas encore de dimension systématique et ses successeurs, Ali ibn al-`Abbas al-Majusi, le premier reprocheront à ses écrits le manque d'ordre et de synthèse. En effet par son attachement à l'empirique et sa méfiance vis-à-vis du théorique, Razi ne cherchent pas à organiser les maladies en grandes familles de symptômes.
Ethique de la médecine [modifier]

Au niveau professionnel, Razi a introduit beaucoup d'idées médicales et psychologiques utiles et progressives. Il s'est aussi attaqué aux charlatans et faux docteurs qui parcouraient les villes et les campagnes pour vendre leurs prétendus médicaments. En même temps, il affirmait que les docteurs, malgré leur savoir, n'avaient pas les réponses à tous les problèmes médicaux et ne pouvaient pas guérir toutes les maladies. Néanmoins, pour être plus efficaces dans leurs soins, Razi a exhorté les praticiens à garder des connaissances à jour en étudiant continuellement des livres médicaux et à faire connaître toute nouvelle information.
Sur la recherche scientifique et clinique [modifier]

Dans son ouvrage de critique à propos de Galien, Razi propose quatre raisons permettant d'expliquer pourquoi les grands hommes peuvent commettre des erreurs par :
négligence, étant trop sûrs d'eux-mêmes
légèreté d'esprit ou indifférence
la tentation de vouloir confirmer ses propres idées ou l'impétuosité due au fait d'être convaincu d'avoir raison
la cristallisation du savoir ancien et le refus d'accepter l'idée que de nouvelles données ou de nouvelles idées puissent faire en sorte que le savoir d'aujourd'hui dépasse finalement celui des générations précédentes

Les sciences occultes

Il a été favorable à l'alchimie. J. Ruska (Al-Razi's Buch Geheimnis der Geheimnisse, 1937, rééd. 1973) lui attribue un livre qui a eu un grand impact sur l'Occident du Moyen Âge : le Secret des secrets, une encyclopédie sur la politique, la morale, la physiognomonie, l'astrologie, etc.
Notes et références

1 La première description de la variole dans le monde chinois date de 340 environ et est due à Ge Hong, en Inde elle est due à Vagbhata vers le septième siècle. R. W. Nicholas, « The Goddess Sitala and Epidemic Smallpox in Bengal », Journal of Asian Studies, XLI, 1, 1981, p. 26
2 R. W. Nicholas, « The Goddess Sitala and Epidemic Smallpox in Bengal », Journal of Asian Studies, XLI, 1, 1981, p. 26
3 D. R. Hopkins, The Greatest Killer: Smallpox in History, University of Chicago Press, Chicago, 2002, p. 166

الرازي عالم وطبيب فارسي

أبو بكر محمد بن يحيى بن زكريا الرازي عالم وطبيب فارسي. (ح. هـ/864 م - شعبان هـ/ نوفمبر 923 م)، ولد في مدينة الري في خراسان ببلاد فارس.
درس الرياضيات والطب والفلسفة والفلك والكيمياء والمنطق والأدب.
في الري اشتهر الرازي وجاب البلاد وعمل رئيسا للبيمارستان المعتضدي له الكثير من الرسائل في شتى مجالات الأمراض وكتب في كل فروع الطب والمعرفة في ذلك العصر، وقد ترجم بعضها إلى اللاتينية لتستمر المراجع الرئيسية في الطب حتى القرن السابع عشر، ومن أعظم كتبه "تاريخ الطب" وكتاب "المنصوري" في الطب و كتاب "الأدوية المفردة" الذي يتضمن الوصف الدقيق لتشريح أعضاء الجسم. هو أول من ابتكر خيوط الجراحة، وصنع المراهم، وله مؤلفات في الصيدلة ساهمت في تقدم علم العقاقير كتاب ومقال في مختلف جوانب العلوم.


لقد سجل مؤرخوا الطب و العلوم في العصور الوسطى آراء مختلفة ومتضاربة عن حياة العالم العربي أبي بكر محمد بن يحيى بن زكريا الرازي ، ذلك الطبيب الفيلسوف الذي تمتاز مؤلفاته وكلها باللغة العربية ، بأصالة البحث وسلامة التفكير . وكان مولده في بلدة الري ، بالقرب من مدينة طهران الحديثة. وعلى الأرجح أنه ولد في سنة هـ / 865 م. وكان من رأي الرازي أن يتعلم الطلاب صناعة الطب في المدن الكبيرة المزدحمة بالسكان ، حيث يكثر المرضى ويزاول المهرة من الأطباء مهنتهم. ولذلك أمضى ريعان شبابه في مدينة السلام، فدرس الطب في بيمارستان بغداد. وقد أخطأ المؤرخون في ظنهم أن الرازي تعلم الطب بعد أن كبر في السن . وتوصلت إلى معرفة هذه الحقيقة من نص في مخطوط بخزانة بودليانا بأكسفورد ، وعنوانه " تجارب البيمارستان " مما كتبه محمد بن ببغداد في حداثته "، ونشر هذا النص مرفقا بمقتطفات في نفس الموضوع، اقتبستها من كتب الرازي التي ألفها بعد أن كملت خبرته ، وفيها يشهد أسلوبه بالاعتداد برأيه الخاص.
بعد إتمام دراساته الطبية في بغداد، عاد الرازي إلى مدينة الري بدعوة من حاكمها، منصور بن إسحاق، ليتولى إدارة بيمارستان الري. وقد ألف الرازي لهذا الحاكم كتابه "المنصوري في الطب" ثم "الطب الروحاني" وكلاهما متمم للآخر، فيختص الأول بأمراض الجسم، والثاني بأمراض النفس. واشتهر الرازي في مدينة الري، ثم انتقل منها ثانيه إلى بغداد ليتولى رئاسة البيمارستان المعتضدي الجديد ، الذي أنشأه الخليفة المعتضد بالله م). وعلى ذلك فقد أخطأ ابن أبي أصيبعة في قوله أن الرازي كان ساعورا للبيمارستان العضدي الذي أنشأه عضد الدولة م)، ثم صحح ابن أبي أصيبهة خطأه بقوله "والذي صح عندي أن الرازي كان أقدم زمانا من عضد الدولة ولم يذكر ابن أبي أصيبعة البيمارستان المعتضدي إطلاقا في مقاله المطول في الرازي. شغل مناصب مرموقة في الري وسافر ولكنه أمضى الشطر الأخير من حياته بمدينة الري، وكان قد أصابه الماء الأزرق في عينيه، ثم فقد بصره وتوفى في مسقط م.
يتضح لنا تواضع الرازي وتقشفه في مجرى حياته من كلماته في كتاب "السيرة الفلسفية" حيث يقول: "ولا ظهر مني على شره في جمع المال وسرف فيه ولا على منازعات الناس ومخاصماتهم وظلمهم، بل المعلوم مني ضد ذلك كله والتجافي عن كثير من حقوقي. وأما حالتي في مطعمي ومشربي ولهوي فقد يعلم من يكثر مشاهدة ذلك مني أني لم أتعد إلى طرف الإفراط وكذلك في سائر أحوالي مما يشاهده هذا من ملبس أو مركوب أو خادم أو جارية وفي الفصل الأول من كتابه "الطب الروحاني"، "في فضل العقل ومدحه"، يؤكد الرازي أن العقل هو المرجع الأعلى الذي نرجع إليه ، " ولا نجعله، وهو الحاكم، محكوما عليه، ولا هو الزمام ، مزموما ولا، وهو المتبوع، تابعا، بل نرجع في الأمور إليه ونعتبرها به ونعتمد فيها عليه." .
كان الطبيب في عصر الرازي فيلسوفا، وكانت الفلسفة ميزانا توزن به الأمور والنظريات العلمية التي سجلها الأطباء في المخطوطات القديمة عبر السنين وكان الرازي مؤمنا بفلسفة سقراط الحكيم ق. م)، فيقول، أن الفارق بينهما في الكم وليس في الكيف. ويدافع عن سيرة سقراط الفلسفية، فيقول: أنالعلماء إنما يذكرون الفترة الأولى من حياة سقراط، حينما كان زاهدا وسلك طريق النساك. ثم يضيف أنه كان قد وهب نفسه للعلم في بدء حياته لأنه أحب الفلسفة حبا صادقا، ولكنه عاش بعد ذلك معيشة طبيعية.
كان الرازي مؤمنا باستمرار التقدم في البحوث الطبية، ولا يتم ذلك، على حد قوله، إلا بدراسة كتب الأوائل، فيذكر في كتابه "المنصوري في الطب " ما هذا نصه: هذه صناعة لا تمكن الإنسان الواحد إذا لم يحتذ فيها على مثال من تقدمه أن يلحق فيها كثير شيء ولو أفنى جميع عمره فيها لأن مقدارها أطول من مقدار عمر الإنسان بكثير. وليست هذه الصناعة فقط بل جل الصناعات كذلك. وإنما أدرك من أدرك من هذه الصناعة إلى هذه الغاية في ألوف من السنين ألوف، من الرجال. فإذا اقتدى المقتدي أثرهم صار أدركهم كلهم له في زمان قصير. وصار كمن عمر تلك السنين وعنى بتلك العنايات . وإن هو لم ينظر في إدراكهم، فكم عساه يمكنه أن يشاهد في عمره. وكم مقدار ما تبلغ تجربته واستخراجه ولو كان أذكى الناس وأشدهم عناية بهذا الباب. على أن من لم ينظر في الكتب ولم يفهم صورة العلل في نفسه قبل مشاهدتها، فهو وإن شاهدها مرات كثيرة، أغفلها ومر بها صفحا ولم يعرفها البتة" ويقول في كتابه "في محنة الطبيب وتعيينه"، نقلا عن جالينوس وليس يمنع من عني في أي زمان كان أن يصير أفضل من أبوقراط ".

[عدل]كتب الرازي الطبية

يذكر كل من ابن النديم و القفطي أن الرازي كان قد دون أسماء مؤلفاته في "فهرست" وضعه لذلك الغرض . ومن المعروف أن النسخ المخطوطة لهذه المقالة قد ضاعت مع مؤلفات الرازي المفقودة. ويزيد عدد كتب الرازي على المائتي كتاب في الطب والفلسفة والكيمياء وفروع المعرفة الأخرى. ويتراوح حجمها بين الموسوعات الضخمة والمقالات القصيرة ويجدر بنا أن نوضح هنا الإبهام الشديد الذي يشوب كلا من "الحاوي في الطب" و "الجامع الكبير". وقد أخطأ مؤرخو الطب القدامى والمحدثون في اعتبار ذلك العنوانين كأنهما لكتاب واحد فقط، وذلك لترادف معنى كلمتي الحاوي والجامع.
تمت ترجمة كتب الرازي إلى اللغة اللاتينية و لا سيما في الطب و الفيزياء و الكيمياء كما ترجم القسم الأخير منها إلى اللغات الأوروبية الحديثة و درست في الجامعات الأوروبية لا سيما في هولندا حيث كانت كتب الرازي من المراجع الرئيسية في جامعات هولندا حتى القرن السابع عشر.
[عدل]كتاب الحاوي في الطب

يعتبر من أكثر كتب الرازي أهمية وقد وصفه بموسوعة عظيمة في الطب تحتوي على ملخصات كثيرة من مؤلفين إغريق و هنود إضافة إلى ملاحظاته الدقيقة وتجاربه الخاصة وقد ترجم الحاوي كتبه من اللغه العربيه إلى اللغة الاتينية و طبع لأول مرة في بريشيا في شمال إيطاليا وقد أعيد طبعه مرارا في البندقية في القرن السادس عشر الميلادي وتتضح مهارة الرازي في هذا المؤلف الضخم ويكاد يجمع مؤرخو الرازي بأنه لم يتم الكتاب بنفسه و لكن تلاميذه هم الذين أكملوه.
[عدل]كتاب "في الفصد والحجامة"
ألف جالينوس م تقريبا) كتابا في الفصد في ثلاثة مقالات، وخصص المقالتين الأولى والثانية من هذا الكتاب لمناقضة أرسطوطاليس من مدرسة الإسكندرية القديمة، القرن الرابع ق. م- القرن الثالث ق. م)، ثم تلاميذ أرسطوطاليس وكانوا جميعا يمنعون من الفصد، ظنا منهم بأنه يجلب المرض.
ذكر جالينوس في المقالة الثالثة ما يراه من العلاج بالقصد. وكان الرازي يؤمن بأن القصد مفيد لعلاج بعض الأمراض. قرأت كتاب الرازي "في الفصد والحجامة" أربع عشرة مقالة- بحثا عن تجربة المقارنة التي دونها في مذكراته الخاصة "الحاوي في الطب"، وكنت قد نشرت عنها كلمة وجيزة وملخصها "أن الرازي قسم عددا من المرضى المصابين بمرض السرسام (التهاب سحائي) إلى مجموعتين. ثم فصد جميع أفراد المجموعة الأولى وترك أفراد المجموعة الثانية بدون فصد، يقول: وتركت متعمدا جماعة استدني بذلك رأيا" ولم أعثر على هذه التجربة الشيقة في كتاب "الفصد والحجامة" ولكني كوفئت بمعلومات جديدة، لم يسبق نشرها، عن الرازي، حيث يقول: "وقد كان بمدينة مصر رجل بغدادي يتصرف في خدمة السلطان. وكان يلزمني تدبيره، وسنه يومئذ نيف وسبعون سنة. كنت أفصده في كل خمسة وعشرين يوما وما يقرب منها، في جميع الأزمنة واحتمال زيارة الرازي هذا الشيخ المسن في مصر أكثر من احتمال توجه هذا المريض مرة في خمسة وعشرين يوما إلى مدينة الري أو إلى بغداد. ومن الطريف أن يقول الرازي في كتاب "في الفصد والحجامة": "وخبرني بعض من كنت أتعلم عنده الفصد أنه عسر عليه إخراج عرق امرأة، فنهرها وزجرها ولكمها فبرزت عروقها ففصدها للوقت، واعتذر إليها وأخبرها بحيلته". كما يقول في نفس الكتاب: "وأخبرني من كنت أقرأ عليه أن المأمون افتصد. فلما أق وقت التثنية عسر خروج الدم، فأحضر المتطببين، فكل أشار بما لم يقبله. وحضر المجلس من ضمن خروج الدم بأسهل الوجوه، بعد أن يزول من حضر. فلما زالوا امتص العروق، فأنزل في فمه في الوقت".
وإذا أمعنا النظر في قول الرازي: "وأخبرني من كنت أقرأ عليه أن المأمون افتصد"ثم قوله"وخبرني بعض من كنت أتعلم عنه الفصد" لا ستدللنا على أن الرازي درس الطب على أستاذ طيب، ولكنه تعلم الفصد عند فصاد من غير الأطباء، ممن كانوا يمارسون "أعمال الطب الجزئية".
يقول الرازي في هذا الكتاب أيضا "وقد رأيت بمدينة السلام رجلا من ولد أحمد بن عبد الملك الزيات وسنه نيف، وأربعون سنة. وكان من قصافة البدن وصفرة اللون على غاية. وكان يعرض له في كل شهر أو ما زاد قليلا أن يحمر جسمه ويختنق كأن نفسه تميط، حتى يلجأ إلى الفصد. وكان يخرج من الدم قدر خمسة عشر درهما كيلا، فكان يأنس بالراحة في الوقت. وكان الذي يعرض لهذا احتراف الدم لا كثرته. وأيضا كان هذا الرجل قد قرأ كثيرا من كتب جالينوس على معلم، ولم تكن له دربة ولا خدمة". وتدلنا هذه القصة على اسم طبيب معاصر للرازي، لم يقرن دراسة العلم بالعمل، فبقي متخلفا في مهنته. فهذا طبيب من أطباء القرن الرابع الهجري عرفنا الرازي به وبمدى تعلمه صناعة الطب.
يقول الرازي في كتاب "المرشد أو الفصول": "ليس يكفي في أحكام صناعة الطب قراءة كتبها. بل يحتاج مع ذلك إلى مزاولة المرضى. إلا أن من قرأ الكتب ثم زاول المرضى. يستفيد من قبل التجربة كثيرا. ومن زاول المرضى من غير أن يقرأ الكتب، يفوته ويذهب عنه دلائل كثيرة، ولا يشعر بها البتة. ولا يمكن أن يلحق بها في مقدار عمره، ولو كان أكثر الناس مزاولة للمرضى ما يلحقه قارىء الكتب مع ادنى مزاولة، فيكون كما ذكر الله عز وجل: (وكأين من آية في السموات والأرض يمرون ) .
[عدل]كتاب "الشكوك على جالينوس"
هذا كتاب غزير المادة، ولم يطبع حتى الآن. وينقد الرازي لا هذا الكتاب ثمانية وعشرين كتابا من كتب جالينوس، أولها كتاب "البرهان" ، وآخرها كتاب "النبض الكبير" وأن مقتطفات الرازي من كتاب "البرهان" لجديرة بالدراسة المتعمقة، فقد كان الجزء الأكبر من هذا الكتاب الفلسفي مفقودا في زمان حنين بن إسحاق اليونانية لبعض مقالات هذا الكتاب. ويقول حنين ابن إسحاق أنه سافر إلى مدينة الإسكندرية ، باحثا عن المخطوطات النادرة الموجود لهذا الكتاب القيم .
إن نقد الرازي لكتب جالينوس دليل قوي على اتجاه جديد محمود بين علماء العالم الإسلاميي، فكم من أجيال توارثت النظريات والآراء العلمية الخاطئة دون أن يجرؤ أحد على نقدها أو تعديلها، خشية الخروج على العرف السائد. يقول الرازي في مقدمة كتاب "الشكوك على جالينوس ": "إني لا أعلم أن كثيرا من الناس يستجهلونني في تأليف هذا الكتاب، وكثيرا منهم يلومونني ويعنفونني أو كان يجزي إلى تحليتي تحلية من يقصد باستغنام واستلذاذ منه كذلك، إلى مناقضة رجل مثل جالينوس، في جلالته ومعرفته وتقدمه في جميع أجزاء الفلسفة، ومكانه منها؟ وأجد أنا لذلك يعلم الله مضضا في نفسي. إذ كنت قد بليت بمقابلة من هو أعظم الخلق على منة، وأكثرهم لي منفعة، وبه اهتديت، وأثره اقتفيت، ومن بحره استقيت".
وهذه مقدمة شيقة لما نسميه الآن بنقد الكتب وتقريظها، وتعبر عن الحقيقة إلى حد بعيد. فإن لجالينوس الفضل الأول في بناء صرح الطب، فقد أسهم بنصيب وافر في عامة فروع الطب، وخاصة في علمي التشريح ووظائف الأعضاء، بالإضافة إلى ما حفظ لنا في نصوص كتبه من مقتطفات من تراث الأوائل الذي قد فقد أغلبه.
ثم يتكلم الرازي كأستاذ عالم ناقد، فيقول "لكن صناعة الطب كالفلسفة لا تحتمل التسليم للرؤساء والقبول منهم، ولا مساهمتهم وترك الاستقصاء عليهم. ولا الفيلسوف يحب ذلك من تلاميذه والمتعلمين منه.. وأما من لامني وجهلني في استخراج هذه الشكوك والكلام فيها، فإني لا أرتفع به، ولا أعده فيلسوفا. إذ كان قد نبذ سنة الفلاسفة وراء ظهره وتمسك بسنة الرعاع من تقليد الرؤساء وترك الاعتراض عليهم". ويستشهد الرازي بقول ينسب إلى أرسطوطاليس، فيقول "اختلف الحق وفلاطن- وكلاهما لنا صديق (إلا أن الحق أصدق من فلاطن". كان جالينوس نفسه سليط اللسان، ويتضح ذلك جليا لكل من يقرأ كتبه. ويقول الرازي في ذلك: "ولا أحسب نجا منه أحد من الفلاسفة ولا من الأطباء إلا مشدوخا، وجل كلامه عليهم حق، بل لو شئت لقلت كله حق".
يؤمن الرازي بأن "الصناعات لا تزال تزداد وتقرب من الكمال على الايام، وتجعل ما استخرجه الرجل القديم في الزمان ، الطويل (في متناول) الذي جاء من بعده في الزمان القصير حتى يحكمه، ويصير سببا يسهل له استخراج غيره به فيكون ، مثل القدماء في هذا الموضع مثل المكتسبين، ومثل من يجيء من بعد مثل المورثين المسهل لهم ما ورثوا اكتسابا أكثر وأكثر".
وإني لأقدر الصعوبات الجمة التي سوف يلقاها كل من يرمى إلى نشر كتاب "الشكوك على جالينوس" للرازي نشرا علميا محققا، لما في مخطوطاته الثلاثة من خروم وأخطاء، ومصطلحات طبية وأخرى فلسافية عسرة الفهم، كما أن الخط في المخطوطات الثلاثة دقيق وغير واضح. وكم رجعت إلى مخطوطات لكتب جالينوس بحثا عما يقتطفه الرازي منها، حتى أفهم قصد جالينوس، فيفتح لي ذلك مستغلق قول الرازي. واكتفى هنا بان أورد أمثلة قليلة من مادة كتاب "الشكوك على جالينوس"
يبين الرازي في نقده لكتاب "البرهان" ما أهمله جالينوس من ملائمة العين لوظيفتها باتساع الناظرين في الظلمة وضيقها في النور، ومنها قوله (أي قول جالينوس): أنا إذا غمضنا إحدى العينين اتسع ثقب الناظر في الأخرى فنعلم يقينا أنه يملؤه جوهر جسمي". ويقول الرازي ردا على ذلك مباشرة: "و (ولو) كان هذا الجوهر الجسمي لا يجرى إليه إلا في حال تغمض الأخرى، لم يكن يتسعان جميعا في حالة ويضيقان في أخرى. وقد نجد النواظر كلها تتسع في الظلمة وتضيق في الضوء. هذا أحد ما ذهب على جالينوس، فلم يدركه، ولا خبر بمنفعته. والمنفعة في ذلك انه لما كان النور شديد التأثير في حاسة البصر حتى أنه يؤذيها ويؤلمها بأفرأط، والظلمة مانعة من الإبصار، احتاج البصر إلى اعتدال منهما يقع معه الإبصار بغير أذى، فهيئت العين هيئة يمكن معها أن يتسع ثقبها في حالة ويضيق في أخرى، لكن إذا كان المبصر في موضع نير جدا، أضاق فوصل من النور بمقدار ما يبصر به ولا يؤذي. وإذا كان في هواء أقل نورا، اتسع ليصل من النور أيضا ما يقع به الإبصار. كرجل له بستان يجري إليه الماء في بربخ معلوم كيلا يفسد كثرته ولا يقصر قلته. فجعل على فم هذا البربخ لوحا وصماما، يزن به الماء ليدخل بقدر حاجته. فمتى نقص الماء، شاله عن فم البربخ بقدر الحاجة ومتى زاد مدة عليه بقدر الحاجة أيضا.
وأما اتساع أحد الناظرين في حال تغميض الأخرى، فلأن الحاس الأول متى فاته من المبصر بعين واحدة ما فات، يروم أن يستدرك ذلك بالعين الأخرى، فيوسع لذلك ثقب العين المتهيء لذلك ليكشف الشبح من الجليدية بمقدار ما اقتسر عنه من العين الأخرى، أو يقارب ذلك بأكثر ما يمكن. كالرجل الذي يجري إلى بستانه ما يكفيه من الماء في مجريين. فحدث على أحدنا حادث، فاستدرك سعة المجرى الآخر ما فاته من المجرى المنسد. فقد بان أن العلة في اتساع أحد الناظرين في حال تغميض العين الأخرى ليس هو أن جوهرا جسميا يجري إلى الأخرى إذ كانا قد يتسعان ويضيقان في حال وهما مفتوحتان ليكون الاستدراك بالكشف عن الجليدية من المبصر ما فات في الآخر .
يقول الرازي: "وقد أفردت للنظر في هذا الرأي مقالة ضخمة وبينت أن الإبصار يكون بتشبح الأشباح في البصر" وجدير بمؤرخي الطب أن يبحثوا في دور الكتب التي لم تفهرس مخطوطاتها بعد، عن هذه المقالة الضخمة التي يذكرها الرازي. ويثبت مؤرخو العصور الوسطى المؤلفات الآتية للرازي في الإبصار، وكلها في حكم المفقودة: "كتاب في فضل العين على سائر الحواس"، "مقالة في المنفعة في أطراف الأجفان دائما"، "مقالة في العلة التي من أجلها تضيق النواظر في الضوء وتتسع في الظلمة"، "كتاب في شروط النظر"، و" مقالة في علاج العين بالحديد".
ومن المعروف أن الرازي كان طبيبا إكلنيكييا عظيما وفي النص التالي ما يدل أيضا على أنه كان جراحا ماهرا. ففي نقده للجزء الأول من كتاب جالينوس "في تركيب الأدوية" يقول الرازي: "فأما كتاب "قاطاجانس" فالإنسان أن يلزمه ويعدله بالحق على تطويله وتكريره الكلام في تلك المراهم، كأنه لا يشفق على الزمان، أو ليس له شغل هو أولى به. وجل تلك المراهم مما لا نستعملها نحن قط، على كثر عنايتنا لصناعة الجراحات، ومعالجة الرديئة منها، ولم نر أحدا من أصحاب الجراحات استعملها. إلا أن الإنسان أيضا يجب أن يمدحه غاية المدح ويقرظه لما علمنا في فيه من مداواة جراحات العصب. وهذا أمر عظيم من منافع هذا الكتاب".
وفي كتاب "الشكوك على جالينوس" ينقد الرازي كتاب جالينوس "في البحران" ، فيقول: "ما يتضارب العلم مع العمل، فإن جالينوس يصور الحميات بصور ثابتة أو قريبة من الثابتة، محددا أوقاتها الأربعة: الابتداء والتزيد والمنتهى ولانحطاط. وغذا طلب الطبيب ذلك بالفعل وقعت الشكوك المغلظة"، ولا يلاحظ ذلك إلا من كثرت تجربته واشتدت عنايته وزاد تفقده للأمراض فكم من مرة رأى الرازي الحمى تبتديء بنافض يشبه نافض الغب، وتصعد صعودها، ثم تصير بعد ذلك إلى حمى يوم فيبرأ المريض برءا سريعا. ويعدد الرازي حالات أخرى كثيرة غير هذه، ثم يقول في مرض أصابه فجأة: "ومنذ قريب حممت وأنا على سفر، وظهر اليرقان بي، وهو شيء لم يعتريني قط، من غير يوم النوبة في العين، وفي الماء، وذلك إني لما رأيت الماء صبيحة تلك الليلة قلت: انظروا إلى عيني، لما رأيت اليرقان في الماء. فأخبروني بما فيها منه. ثم لم يكن إلا خيرا. وكم ترصدت في البيمارستان ببغداد وفي الري، وفي منزلي، سنين كثيرة هذه المعاني وأثبت أسماء من كان أمره جرى على حكم هذه الكتب، وأسماء من جرت حالته على خلاف ذلك (كل) على حدة. فلم يكن عدد من جرى أمره منهم على الخلاف بأقل عددا فينبغي أن يطرح ولا يعبأ به، كحكم سائر الصناعات بل شيء كثير لا ينبغي لعاقل محترس أن يثق معه بهذه الطريقة غاية الثقة ويركن إليها، ويطلق القول بتقدمة المعرفة، أو ينزع إلى العلاج والتدبر بحسبها. وذلك أن من جرى أمره على الخلاف قد كانوا على الستمائة من نحو ألفي مريض ومن ذلك أمسكت عن الإنذار بما هو كائن، إلا حيث كان الأمر من وضوح الدلائل وقوتها ما لم يلزمني فيه شك. وبقيت زمانا أطلب بالتجربة والقياس تدبير الأمراض الحادة حريزا آمنا معه ألا أجني على المريض بالخطأ مع أن أخطأت، ألا يطول، مدة العلة متى وجدت".
إن رسالة الراازي في هذا النص لواضحة جلية: لأهل العلم والبحث أن يتشككوا فيما يقرؤون ولا يصدقوا إلا ما يثبت صحته بالتجربة والقياس، وكثيرا ما ردد الرازي رأيه هذا في كتابه في خواص الأشياء"


Aligné à droite".

Al-Razi: un sabio persa, médico, filósofo, y académico


Al-Razi, (nombre completo Abū Bakr Muhammad ibn Zakarīyā al-Rāzī) (ابو بکر محمد بن زكريا الرازی), conocido como "Zakariya-ye Razi زكريای رازی" en persa y también "Zakariya al-Razi" en árabe; o en latín como Rhazes y Rasis. De acuerdo a Al-Biruni nació en Rayy, Provincia de Teherán, Irán en el año 865, y murió en la misma ciudad en 925.
Razi fue un sabio persa, médico, filósofo, y académico que realizó aportes fundamentales y duraderos a la medicina, la química y la física, escribiendo más de 184 libros y artículos científicos. Era un gran conocedor de la medicina griega a la que realizó aportes sustanciales a partir de sus propias observaciones. Razi es reconocido por haber descubierto el ácido sulfúrico, verdadera "locomotora" de la química moderna y la química industrial. También descubrió el etanol así como su refinamiento y uso en medicina.
A él se atribuye la invención del Alambique y la primera destilación del petroleo para la obtención de Queroseno y otros destilados.
Ha sido indiscutiblemente uno de los grandes pensadores del Islam, y su influencia en la medicina y la ciencia europea fue enorme.
Razi era un racionalista, que creía en el poder de la razón. Era considerado por sus contemporáneos y biógrafos como un hombre liberal y libre de todo prejuicio. Suele considerárselo un buen representante del movimiento filosófico y religioso mutakallimun.
Viajó mucho y prestó servicios a varios príncipes y gobernantes, especialmente en Bagdad donde tenía su laboratorio. Enseñó e investigó en la universidad de Bagdad, Bayt al Hikma (la Casa de la Sabiduría), donde atraía un gran número de estudiantes de todas las disciplinas. Se decía de él que era un hombre compasivo, amable, justo, y devoto por el servicio de sus pacientes, fueren ricos o pobres.
El moderno Instituto Razi, cerca de Teherán (Irán) fue denominado así por él. Asimismo en Irán se conmemora el Día de Razi, como el Día de la Farmacopea, cada 27 de agosto.

mercredi 2 septembre 2009

L'apport des Arabes à la civilisation

Sommaire

L'héritage grec
Arabisation et Islamisation
Parlez-vous l'arabe sans le savoir !?

De Bagdad à Cordoue
Le califat de Bagdad
Le califat de Cordoue

La littérature et la poésie


Les arts
La calligraphie et l'enluminure
L'arabesque
L'ornementation géométrique
L'architecture

Mathémathiques et astronomie
La médecine
Physique et chimie
La philosophie


L'héritage grec

" Quand on se rend compte de toute l'étendue des domaines que les Arabes embrassèrent dans leurs expérimentations scientifiques, leurs pensées et leurs écrits, on voit que, sans les Arabes, la science et la philosophie européennes ne se seraient pas développées à l'époque comme elles l'ont fait. Les Arabes ne se contentèrent pas de transmettre simplement la pensée grecque. Ils en furent les authentiques continuateurs […] Lorsque vers 1100, les Européens s'intéressèrent à la science et à la philosophie de leurs ennemis sarrasins, ces disciplines avaient atteint leur apogée. Les Européens durent apprendre tout ce qu'on pouvait alors apprendre, avant de pouvoir à leur tour progresser eux-mêmes. " Montgomery Watt.

Longtemps, le monde occidental a accordé une importance exagérée, dans le domaine des sciences et des arts, à l'héritage gréco-romain. Au point de sous-estimer, voire d'ignorer sa dette envers les grandes civilisations du Proche-Orient.

L'opinion voulait que les Européens chrétiens soient les destinataires naturels de la pensée d'Athènes et de la gloire de Rome. Pendant la "longue nuit du moyen-âge", les Arabes n'auraient été que les gardiens d'un savoir qu'ils se sont accaparé sous formes de traductions.

Pendant l'âge d'or de la pensée grecque qui s'étend sur trois siècles (6e-4e s.), les civilisations égyptienne et babylonienne sont encore bien vivantes : les influences et les échanges sont réciproques.

De plus, les savants grecs se reconnaissent comme les héritiers des savoirs orientaux.

Après l'effondrement des États-cités (338 av. J.-C.), le foyer de la science retourne au Proche-Orient pour y durer pendant la longue période hellénistique (3e s. av. J.-C. - 5e s. après J.-C.). Pendant 800 ans les plus grands savants, dont les œuvres sont ensuite traduites en arabe, parlent grec et sont originaires d'Égypte, de Syrie, de Mésopotamie et de toute l'Asie occidentale.

L'extension du christianisme gagnait davantage les Empereurs que les savants. Après la fermeture de l'École d'Athènes par Justinien (529), nombre de ceux-ci trouvèrent refuge auprès du roi de Perse, à Djundishapur, qui devint le point de rencontre des connaissances et des influences grecques, syriaques, persanes, indiennes. D'autres centres savants se formèrent Edesse et surtout à Harra (Haute Mésopotamie), ville sabéenne qui devint dépositaire des enseignements de l'astrologie babylonienne, du néo-pythagorisme, de l'hermétisme.

La conquête arabe apportait les éléments d'un nouvel enthousiasme pour le savoir :
• une langue que se forge et qui s'impose comme un instrument de communication internationale ;
• un gouvernement fortement centralisé ;
• une religion qui exalte la connaissance. Le Coran énonce que l'encre des savants est plus précieuse que le sang des martyrs.

Le monde occidental manifesta une réserve, voire une hostilité, envers ces savoirs étrangers. Avant, à son tour, de se les approprier et de les enrichir.

Aux grandes heures de la civilisation arabe (8e-13e siècle), les spécialisations disciplinaires sont encore incertaines et la soif de connaissances est telle que les savants pratiquent, au gré de leurs curiosités, la médecine et l'astronomie, l'alchimie et l'optique… Tous ne sont pas Arabes de naissance, mais c'est dans la langue de l'élite politique qu'ils expriment leurs découvertes.

Les apports des Arabes à la civilisation se retrouvent dans les techniques, l'art, la philosophie... Il y a les inventions scientifiques et les thèses philosophiques mais à côté de ces coups de génie d'autres apports ont été plus discrets. Ils résultent de contacts, d'emprunts irréfléchis, d'une contamination qui ne s'exerce pas dans un seul sens.


Arabisation et Islamisation


Contrairement à une idée assez répandue, les grandes vagues de la conquête arabo-musulmane n'ont pas eu pour effet d'imposer uniformément et systématiquement une culture et une croyance aux populations dominées et majoritaires en nombre.

Tout d'abord, en droit Juifs et Chrétiens (Gens du Livre) ne se convertissent que s'ils le souhaitent et pour peu qu'ils reconnaissent l'autorité des souverains musulmans (en s'acquittant d'un impôt) ils se voient accorder leur protection (d'où leur nom de Dhimis : protégés). Mais le Dhimi demeure un "infidèle".

Ensuite, le converti dispose des mêmes droits que le croyant ce qui n'est pas toujours bien vu par les conquérants méfiants face aux excès de religion et soucieux de leurs avantages aristocratiques.

Enfin, à une époque où la paysannerie regroupe 80 à 95% de la population, l'influence arabe demeure limitée sur le costume, l'habitat, le mobilier.

Ce sont d'abord les marchands et les notables qui doublent leurs noms juifs ou chrétiens d'une appellation arabe (ainsi l'évêque Johannès de Cordoue est aussi appelé Asbag Ibn Abdallah) et qui imitent la toilette et la tenue des vainqueurs : les femmes mozarabes (arabisées et chrétiennes de la péninsule ibérique) prennent l'habitude de sortir voilées.

Les influences sont patientes. Elles concernent l'alimentation (le porc est moins consommé), le corps ( le souci de propreté amène les gens aux bains) et quelques chrétiens fortunés ne dédaignent la polygamie.

La mode aussi à ses droits et la jeunesse se met à imiter les gestes et le parler de tel nouveau chanteur arabe, au grand dam des puristes de la tradition arabe.

Cependant, c'est avec réserve que les conquérants constatent les avancées de leur culture sur laquelle ils entendent garder un droit de regard. Les limites de la tolérance des vainqueurs sont fluctuantes en particulier lorsque l'on touche aux choses de la religion. Ainsi des commerçants chrétiens sont punis avec sévérité, pour avoir invoqué le nom du prophète. Toujours en Andalousie, lorsque vers le 12ème siècle, la Reconquistat gagne du terrain, les communautés mozarabes (comme celle de Séville) sont accusées d'intriguer avec les reconquérants. Alors que deux siècles plutôt, nombre d'entre elles avaient fait cause commune avec les musulmans contre leurs coreligionnaires du nord.

Déjà une culture se mondialise mais la ligne de partage passe entre arabisation et Islamisation.


Parlez-vous l'arabe sans le savoir !?
La langue est un remarquable conservatoire des rencontres de cultures, un musée vivant. Les ports méditerranéens en témoignent tous les instants en maltraitant toutes les frontières linguistiques et, par la transgession de leurs règles, de créer une langue partagée. Ce texte de Sigrid Hunke met en scène les termes et les objets passés des Arabes vers les Occidentaux.

L'assaisonnement du quotidien

Des noms arabes pour des dons arabes.

" Permettez-moi de vous inviter à prendre quelque chose dans ce café, chère madame ! Enlevez donc votre jaquette et prenez place sur le sofa au matelas garni d'une étoffe carmin.. Le cafetier s'empressera de vous servir une tasse de café avec deux petits morceaux de sucre, à moins que vous ne préfériez une carafe de limonade bien glacée, ou encore un peu d'alcool ! Non ? Mais vous accepterez certainement une tarte aux abricots et aux bananes !

Mais bien sûr, cher ami, vous êtes aujourd'hui mon invité ! Puis-je vous offrir, pour commencer, un sorbet à l'orange ? Je crois que des artichauts feraient une entrée fort agréable. Et que penseriez-vous d'un chapon accompagné de riz et de barquettes aux épinards ? Pour le dessert je ne saurais trop vous recommander ce gâteau à la sauce d'arak. Et pour clore le repas, un moka… Mais, je vous en prie, installez-vous sur le divan.

Pourquoi, certes, ne vous sentiriez-vous pas parfaitement à l'aise, alors que tout ce qui vous entoure comme tout ce que je vous offre se trouve sur la liste des articles depuis longtemps inventoriés qui font partie de notre existence, et cela bien que nous les ayons empruntés à un monde étranger à savoir le monde arabe ? Le café qui vous sert quotidiennement de stimulant, la tasse dans laquelle vous versez ce noir breuvage, le sucre sans lequel vous ne sauriez aujourd'hui imaginer un menu, la limonade et la carafe, la jaquette et le matelas, c'est aux Arabes que nous devons de les connaître. Et ce n'est pas tout ! Dans la presque totalité du monde civilisé, ces articles portent encore leur nom arabe ! De même pour candi, bergamote, orange, quetsche, etc.

Rien d'étonnant, me direz-vous sans doute, à ce que certains fruits originaires des pays chauds (tout comme certains aliments ou boissons) nous viennent de l'Orient ; et pourquoi dans ce cas, ne conserveraient-ils pas leur appellation d'origine ?

Et lorsque vous avouez que, maté par la fatigue, vous vous étendez sur le sofa, le divan, l'ottomane ou dans l'alcôve, vous m'assurez que n'importe quel enfant saurait reconnaître l'origine étrangère de termes aussi extravagants. Mais savez-vous que, sans le vouloir, vous avez employé un autre mot arabe, un terme issu du jeu d'échecs (jeu que les Arabes nous ont appris, l'émissaire d'Haroun al-Rachid l'ayant, dit-on, introduit à la cour de Charlemagne), qu'échec vient de shah (le roi) et que le mot maté que vous avez employé vient de mat qui signifie tout simplement : " Il est mort " ? Alors, vous voyez : échec et mat !

Saviez-vous en outre que les sacs de maroquin que vous voyez dans ce magasin portent encore l'estampille des Arabes ? Quant aux étoffes exposées dans cette vitrine, en dehors des cotonnades, des mousselines, du mohair souple et duveteux, vous pouvez faire votre choix entre le satin élégant, le taffetas distingué, la moire chatoyante et le damas somptueux (de la ville de Damas), qui étalent à vos yeux toute une gamme de nuances depuis le jaune safran jusqu'au lilas en passant par l'orange et le cramoisi. Autant de délicates invites à nous souvenir de ceux auxquels nous devons des étoffes aussi utiles que précieuses sous leurs coloris éclatants, c'est-à-dire aux Arabes.

Savez-vous que lorsque vous entrez dans une pharmacie ou une droguerie, vous y trouvez quantité d' " inventions " arabes. Un simple coup d'œil aux caisses et aux flacons du droguiste suffira à vous en convaincre : vous y verrez de la muscade, du cumin, de l'estragon, du safran, du camphre, de la benzine, de l'alcali, de la soude, du borax, de la saccharine, de l'ambre et bien d'autres drogues arabes dont vous usez quotidiennement. Savez-vous que nous désignons encore sous son nom arabe de laque, le vernis dont nous couvrons nos ongles, que l'aniline, la gaze, le talc et la ouate sont autant de noms arabes ?

Vous ne sauriez donc nier plus longtemps que le grand nombre de noms arabes qui émaillent notre langue désignent des articles d'usage courant dont les arabes nous ont révélé l'existence. Ni que ces articles aient apporté à notre vie quotidienne, jadis insipide, voire un peu sordide, maints agréments délicats qui l'ont littéralement assaisonnée, embellie par la couleur et le parfum, ni que celle-ci leur doive d'être plus saine et plus hygiénique en même temps que plus riche de confort et d'élégance… (Le soleil d'Allah brille sur l'occident. notre héritage arabe. Albin Michel, 1963)


De Bagdad à Cordoue
Deux lieux, dont les noms sont restés hautement évocateurs de prestige et de l'art de vivre, sont dans les premiers siècles de l'expansion arabe les foyers de rayonnement culturel : Bagdad et Cordoue.



Le califat de Bagdad

C'est à Bagdad, au début de l'ère abbasside, que se produit une extraordinaire floraison intellectuelle. Les califes font figure de despotes orientaux éclairés ; ils animent et protègent les cercles de lettrés. Parmi eux, la tradition conserve l'image de Harûn ar-Rachid (786-889), le souverain des Mille et une nuits et celle de Ma'mun (813-833) son fils, et le fondateur de Beït Al-Hikma (la maison de la sagesse) le premier grand centre de traduction et de réflexion arabes.

Les Abbasides sont portés au pouvoir par les persans convertis. Ils transfèrent le centre du pouvoir vers l'Orient où ils fondent Bagdad (Madinat al Salam, la ville de la paix) selon un plan circulaire : la ville ronde mesure 4 km de diamètre et est ceinturée par un fossé de 20 m de large et un double rempart.

Clan qui a su prendre le dessus sur ses alliés, les Abassides exercent un pouvoir ambigü qui va être inlassablement contesté. Les révoltes sont d'ordre social et religieux. Vers 870, les Zandj (des esclaves noirs, amenés pour cultiver la canne à sucre dans les régions marécageuses) se soulèvent et menacent Bagdad. La fragilité du Califat est démontrée. Au 10e siècle, ce sont les Qarmates (installés le long du golfe Persique) qui fondent un Etat communautaire, pillent Bosra, prennent La Mecque et s'emparent de la pierre noire.

Le régime, afin d'assurer sa protection, constitue une garde de jeunes esclaves turcs. Cependant, celle-ci éloigne le Calife de la population et s'accapare le pouvoir. La dynastie abasside n'est plus qu'une façade. Les émirs buyides (originaires de la Caspienne) contrôlent les leviers de l'autorité et en usent pour favoriser leur religion chiite, au nom du calife sunnite. Ils seront eux-mêmes balayés par les Turcs Seljukides (prise et destruction de Bagdad en 1258). C'est l'effondrement des Abassides, mais de fait ils n'auront régné qu'un siècle.


Le califat de Cordoue

Al Andalus est l'autre grand foyer de transmission à l'occident chrétien de la pensée gréco-arabe.

En 756, l'Umayyade Abel ar-Rahman fonde l'émirat de Cordou. Sa dynastie a été massacrée par l'Abasside Al Safrah. Il survit, gagne l'Espagne et là, dans un pays où les groupes ethniques s'affrontent (Arabes, Yéménites, Berbères, Espagnols convertis ou non, Juifs, Slaves, ...) et où il ne dispose d'aucun appui, il installe un régime qui va se caractériser par sa stabilité et son rayonnement.

Le rayonnement est géographique d'abord. C'est la guerre contre les royaumes chrétiens du Nord et dont la mort à Roncevaux de Roland (778) reste le plus fameux épisode. Ce sont les luttes contre les Latimichs en Afrique du Nord, la prise de Tanger, la fondation d'Oran.

Le rayonnement est urbain encore. L'émirat redonne vie aux villes endormies (Séville, Tolède) et grâce à son administration et ses richesses fait bâtir de fastueuses résidences. L'agriculture se développe enfin. L'amélioration du système d'irrigation accroît le rendement des cultures traditionnelles (vigne, olivier) et l'introduction de la canne à sucre, des agrumes, du palmier, dattier.

Cordoue rivalise avec Le Caire (Fustat) et Bagdad.

Cependant, l'émirat passe sont emps à mater les révoltes (Tolède et Cordoue elle-même) et à essayer de réduire les pressions extérieures et les raids des Normands.

Ils ne résistera pas à ces forces contradictoires et au début du IIe siècle, les reyes de Taïfas (muluq at tawait ou rois de partis) se partagent sa dépouille et fondent plus de vingt principautés.

Chacun revendique l'héritage de Cordoue (ou de Al Andalus du nom de la vallée de Guadalquivir, le centre de l'émirat). Les cours rivalisent en prestige, elles abritent philosophes, savants et poètes.

Annexé par les empires du Magrheb (Almoravides et Almohades), entamé par les poussées chrétiennes (prise de Tolède en 1085) l'Andalus continue à être le lieu où le monde arabe et l'Europe sont le plus largement entré en contacts guerriers, il est vrai, mais en échange d'idées, surtout.


La littérature et la poésie
Al Biruni (mort en 1050) reste le modèle du lettré qui s'investit dans la culture arabe et lui apporte une dimension universelle. Originaire de Khwarizm (Caspienne), écrivain en langue arabe et en persan, il témoigne : " J'ai été éduqué dans une langue (celle du Khwarizm) […] Ensuite, je me suis mis à apprendre l'arabe et le persan, et je suis par conséquent un intrus dans ces deux langues, qui s'efforce de s'y perfectionner. Mais j'avoue que je préfère être insulté en arabe qu'être exalté en persan. "

Le jugement est rude, mais il traduit la force d'attraction et de fédération de l'arabe dans un contexte (Bagdad) où pourtant la composante persane est majoritaire.

Le " premier chef-d'œuvre " de la littérature des Arabes résume, par son cheminement, cette époque : Kalila et Dimna est l'adaptation en arabe, par Ibn Al-Muqaffa, de la version persane de fables indiennes.

Le moment est favorable à l'éclosion littéraire. Déjà, les grammairiens fixent les règles d'une langue aussi pure et proche de ses origines que possible et les premiers dictionnaires apparaissent. L'industrie du papier se développe. Les princes sont libéraux et l'aristocratie se veut mécène…

Les genres littéraires fleurissent : celui de l'épître, de la nouvelle (risala), des séances (maqamat, mélanges de fiction et de réalité dont l'action renvoie à un personnage central).

Une nouvelle valeur s'impose : la nécessité de la culture. Les sciences religieuses et profanes se déploient, les controverses sont fréquentes. Dans ce bouillonnement d'idées, les conservateurs et les partisans de la raison, les tenants de la pureté arabe et ceux de l'ouverture à l'étranger, s'accordent à composer un code de maintien.

Ces valeurs distinctives de l'honnête homme, se nomment l'adab.. Jahiz (mort en 868) et Ibn Qutayba (mort en 889) sont les champions de la culture, esprits encyclopédiques, curieux de tout, polémistes et vulgarisateurs qui cultivent la verve et la belle langue.

La poésie s'attache à explorer des thèmes nouveaux. Al Mutanabbi (mort en 965), le courtisan orgueilleux, célèbre les grandes victoires et chante la gloire de ses protecteurs, se retourne parfois contre eux. Al Maari (mort en 1058) exprime tout à la fois, espoir, révolte et amertume du monde. Aveugle à l'âge de 4 ans, il clame le désespoir, cultive le scepticisme à l'égard des religions et de l'humanité.

Abu Nuwas (mort en 815) use de son immense talent et de l'intimité des califes pour se livrer au scandale et à la provocation. Il subvertit la poésie traditionnelle et chante le vin et les amours illicites sans détours, pour les femmes et les hommes, sans contours délimités. .

La littérature se partage, elle se goûte en public, le soir et la nuit. Le peuple pratique, lui aussi, la palabre. Sur les places, les conteurs récitent poésie, gestes.... Le narrateur est maître du texte et de son auditoire : pour maintenir l'attention de son public, il introduit des variantes, ouvre une histoire au sein de l'histoire, interrompt le récit aux moments palpitants.

Les Mille et une nuits sont l'expression même de la littérature populaire et de colportage. Elles sont, avec le Roman d'Antar, les légendes de la mer, les complaintes de Majnun (le fou d'amour) une mémoire itinérante.

L'Espagne arabo-andalouse s'épanouit. Elle crée une page et une poésie originales : Ibn Hazm (mort en 1063) qui fut aussi juriste et théologien invente les codes de l'amour courtois (Tawq al-hamâma : Le collier de la colombe, traduit chez Sindbad sous le titre : Des amours et des amants). Les troubadours seront les continuateurs de cet art de la strophe et du mélange des langues.



Les arts
L'art de l'Islam " est un art qui sert non pas de fin en soi, mais d'intermédiaire entre l'homme et ce qui existe. Ce qui a rendu les artistes du monde Islamique uniques, c'est d'avoir pu montrer que l'eau se boit mieux dans un beau verre, que la lumière est plus belle lorsqu'elle émane d'un chandelier richement incrusté. " Oleg Grabar


La calligraphie et l'enluminure

L'introduction du papier et la diffusion du livre ont contribué au développement de l'illustration et de l'enluminure.

Ce sont les ouvrages de médecine, de zoologie, d'astrologie qui dans un premier temps sont illustrés, tandis que l'usage d'enluminer le Coran se généralise.

Les oeuvres de fiction sont plus rarement agrémentées. A quelques exceptions : le Kalila wa Dimna, dont le texte est utilisé pour l'apprentissage d'un arabe de qualité ; le Maqamat d'al Hariri de Bassora (mort en 1122) qui retrace les aventures du rusé Abu Zayd ; le Shahnama de Firdawsi, long poème de 60 000 distiques qui a donné matière aux enluminures les plus spectaculaires.

La calligraphie s'inscrit au coeur de l'art arabo-Islamique. Selon la tradition, l'écriture est un don divin (enseigné à Adam). De plus, l'arabe est la langue du message de Dieu transmis aux hommes par Muhammad. La perfection du Coran est la preuve de sa nature supérieure : depuis toute éternité, le texte coranique est écrit sur une tablette céleste que seuls les anges peuvent contempler.

Dès lors, écrire c'est entrer en contact avec le divin et recopier le Coran c'est comme effleurer la parole du Dieu. Voilà pour les origines de la belle écriture.

Cependant, les plus anciennes formes d'écriture arabe (le coufique) sont anguleuses et irrégulières en raison du principal support utilisé : la pierre. Mais l'écriture va s'étendre à toutes sortes de surface (papier, parchemin, bois, céramique, textiles...) et les graphies se multiplient. Et le coufique lui-même va gagner en harmonie et rythme et devenir feuillu, tressé, quadrangulaire...

Ibn Muqla (mort en 940), vizir de Bagdad et " prince des calligraphes " a codifié les proportions de l'écriture et a défini les six écritures de base (de l'écriture " du copiste " aux écritures plus ornementales). D'autres types sont venus s'ajouter au répertoire classique : le ghubar (écriture miniature), le makus (en miroir)...

Avec Ibn Muqla, la calligraphie devient une science des proportions et un art du geste, une géométrie et un envol. Les calligraphies deviennent des pièces recherchées et couteuses : elles se placent sur un marché et atteignent des prix étonnants (ce qui encourage les faussaires...). Les calligraphes bénéficient du statut social le plus élevé parmi les artistes.

Mais la notion d'art se démarque de la tradition occidentale. En effet, le calligraphe ne produit pas une oeuvre indépendante et autonome, il ajoute la valeur de la beauté à des objets qui pré-existent et qui ont une fonction utilitaire (vaisselle, livres, murs...). Bref, il ornemente un support, il décore la réalité. Il est l'artisan qui pare l'enveloppe des choses.

La calligraphie livre les clefs de l'ornementation arabo-Islamique. Celle-ci s'éloigne de la représentation réaliste de la nature pour affirmer la valeur décorative des lignes et des entrelacs et tendre vers l'abstraction en une sorte de végétation exhubérante et une géométrie imaginaire.


L'arabesque

L'ornement à " la manière arabe " est un rythme ininterrompu, une végétation irréaliste, un mouvement sans fin, une variation inlassable...

Pour les hommes du désert à qui le Coran propose le paradis comme " un jardin sublime dont les fruits à cueillir seront à portée de la main " et que les voies de conquête conduisent vers les jardins de Granade et d'Ispahan, l'arabesque végétale est une promesse d'infini.


L'ornementation géométrique
Elle touche à la pure abstraction. A son propos, certains parlent d'un art de mathématiciens et d'astronomes. Peut-être parce qu'il dérive de l'ajustement et de la superposition de polygones étoilés de 6, 8, 10 ou 12 branches. Il reste que ces figures aux multiples foyers sont une invitation à contempler.

L'architecture

" al-Mutassim fi venir des architectes et leur dit de choisir les emplacements les plus appropriés et ils sélectionnèrent plusieurs sites pour les palais. il donna à chacun de ses cortisans un palais à construire (...). Puis, il fit délimiter des lots de terrain pour les fonctionnaires militaires et civils et pour la population et pour la Grande mosquée. Et il fit aménager les marchés autour de la mosquée, avec de larges rangées, toutes les différentes variétés de marchandises devant être nettement séparées. " C'est ainsi que l'historien Al-Yaqubi (mort en 897) évoque la frénésie architecturale qui saisit le calife abasside lorsque celui-ci transfère sa capitale de Bagdad à Samarra (environ 100 km plus au nord) vers 836.

De la première Bagdad, il ne reste presque plus de traces, tant son prestige avait attiré la convoitise des hordes orientales. Samarra n'a pas connu le même sort et témoigne du rapide dévellopement d'une architecture profane et religieuse. En voici quelques indications : la Grande mosquée (alors la plus grande au monde) semble, de l'extérieure) une forteresse. Une enceinte épaisse de plus de deux mètres délimite un périmètre de 240 m sur 160 m ; le minaret, haut de 50 m s'inspire des ziggourats mésopotamiens (rampes hélicoïdales).

A défaut de les décrire, laissons aux noms des palais le soin de les évoquer : le chateau de l'Amoureux (al Ashiq) se tenait sur la même rive du Tigre que la palais de la Fiancée (Kasr al Arous). Les décorations de Samarra multiplient les niches, le stuc, la fresque et la mosaïque.

Le génie andalou est d'avoir créé un équilibre à partir de la diversité ; les différences ethniques et religieuses ont droit de cité. Le reste n'est que péripétie politique.

La grande mosquée de cordoue est le symbole de cette mise en harmonie : les toits à pignon sont de Syrie ; Byzance fournit les mosaïques ; Tunis les voûtes et l'Iran les arcs ; l'alternance de pierre et de brique provient de Rome...


Mathémathiques et astronomie
" Chiffre " : l'histoire du mot mérite d'être racontée.

En empruntant aux Indiens leur système de numération et d'écriture de position des nombres (qui facilite grandement les opérations arithmétiques) les Arabes désignèrent le 0 : es-sifr, littéralement, le vide. Le mot fut latinisé en cephirum ; en Italie, il devient zefero puis zéro ; en France, il devient chiffre – pour désigner l'ensemble des caractères numériques – et pour lever l'équivoque on emprunta à l'italien le zéro pour désigner la valeur nulle qui a proprement parler devrait avoir l'exclusivité de s'appeler chiffre.

L'histoire des mathématiques regorge des inventions arabes. Le mot " algorithme " vient du nom du grand mathématicien Al Khwarizmi, qui est le père de l'algèbre et l'auteur du Kitab al Jabr (de jabara, réduire).

C'est aux Arabes encore que l'on doit la désignation des inconnues par la lettre x (Xay en espagnol, déformation de chay : la chose).

Même si elles sont le fait d'érudit, comme le poète O. Khayyam qui fournit la solution des équations du troisième degré, ces recherches mathématiques ont des finalités pratiques et visent à résoudre des problèmes quotidiens (calcul de surface, aménagement urbain…).

L'astronomie est, elle aussi, étudiée à des fins pratiques : la prédiction. Sur la base de l'astrologie persane, de nombreux savants établissent le calcul des longitudes, réforment le calendrier et avant Copernic (qui eut connaissance de leurs travaux) critiquent Ptolémée et construisent un modèle planétaire centré autour du Soleil.


La médecine
Au Moyen âge, les Arabes sont les pionniers de la recherche médicale. Ils ont conservé les savoirs de l'Antiquité et les enseignements d'Hippocrate et de Galien. En particulier, ils reprennent la théorie des quatre humeurs, selon laquelle les maladies résultent d'un déséquilibre entre la bile, le phlegme, le sang et l'atrabile qui gouvernent le corps et la personnalité. Les traitements consistent à rétablir la pondération initiale par la prescription de remèdes et d'une alimentation choisis.

Les docteurs arabes développent ces savoirs en s'appuyant sur une conception logique des affections et une approche méthodique. Ainsi, ils inventorient et décrivent les symptômes, ils améliorent l'art du diagnostic et la pratique clinique et posent les règlements de la profession.

Les apports sont nombreux et favorisés par la construction d'hôpitaux (Bagdad, Le Caire, Damas, Samarkand…) contrôlés par un maître, la diffusion des principes d'hygiène (asepsie et isolation des contagieux à une époque où, en Europe, on pensait que la lèpre et la peste se transmettaient par le regard) et encore par une abondante pharmacopée, alimentée par le commerce caravanier ou maritime. Plantes, drogues animales, extraits minéraux entrant dans la composition des emplâtres, onguents, cataplasmes, cachets.

Le Canon d'Avicenne, cette monumentale encyclopédie, présente et classe près de 800 remèdes et le vocabulaire conserve les traces de cette inventivité chimique et pharmacologique, ou des termes arabes passés dans toutes les langues : drogue, alambic, alcool, benjoin, benzène, élixir, soude, talc, ambre, safran, santal, séné…

La grande figure du génie médical est bien entendu Avicenne (Ibn Sinà, 980-1037), qui commença à exercer à l'âge de 16 ans et à qui l'on doit les descriptions de la méningite, de la pleurésie et plus de 100 ouvrages médicaux et philosophiques.

Son Canon fut traduit, puis publié en Europe, en 1473, pour la première fois. Au siècle suivant, on comptait 36 éditions.


Physique et chimie
Tant dans le domaine de l'optique que dans celui de la mécanique, les Arabes ne sont seulement les gérants d'un héritage : ils le font fructifier, inventent de nouvelles techniques (utiles à l'agriculture : norias, pressoir à huile et à canne) et d'impressionnants automates. Al Jazari, ainsi, avait construit une monumentale horloge où des cercles en mouvement représentaient le mouvement du zodiaque, du Soleil et de la Lune. Pour sonner les heures, des oiseaux lâchaient des billes sur des cymbales et des figurines jouaient du tambour et d'autres instruments.

Les alchimistes parviennent à créer des corps nouveaux (acides et alcools…). Ils sont en quête de la pierre philosophale et du secret de la transmutation des métaux en or. Mais certains refusent la magie et ne retiennent que l'expérimentation.


La philosophie
La passion des livres et la grande vogue de traduction (du grec vers le syriaque, puis l'arabe) ont permis de sauvegarder les œuvres d'Aristote, Platon, Porphyre… Les bibliothèques publiques se multiplient (plus de 100 à Bagdad vers 900). Celle du Caire compte 1 600 000 volumes (souvent des chapitres). La passion des idées distingue les hommes de qualité et, dans cette société structurée par l'Islam, se posait la question de la raison et de la foi.

La position la plus radicale est adoptée par Al Razi (mort en 925) qui rejette en bloc les religions révélées et les miracles. Son athéisme préfère une conception progressiste de la connaissance : les savoirs sont provisoires et perfectibles.

Mais pour la plupart des penseurs, l'Islam est à la base de la falsafa (philosophie dans l'Islam). Le principe est que la vérité est une, qu'elle soit révélée ou obtenue par la raison, et peu importe son origine arabe ou étrangère. C'est la thèse d'Al Kindi (mort en 873) que la tradition honore comme " le philosophe des Arabes ", qui finit par donner l'avantage à la connaissance divine et devint mystique. À sa suite, Farabi (mort en 950) consacra ces nombreux commentaires à montrer l'accord de Platon et Aristote avec la pensée Islamique. Sa " cité modèle " reprend et adapte la République platonicienne.

Cependant, la réflexion philosophique abordait des sujets délicats (unité de la création, survie du corps et de l'âme) et, pour la majorité des croyants, les références aux " sciences arabes " demeurent suspectes, proches de l'hérésie et dangereusement innovantes.

L'attaque contre les philosophes va venir d'al-Ghazali (mort en 1111). Il dénonce l'impureté de leurs thèses (négation de la création du monde, de sa fin, de la résurrection des corps). Ghazali souligne l'importance des sciences utiles pour la communauté mais sa distinction entre sciences religieuses et non religieuses (ghayr shar'iyya) repousse la philosophie aux marges les plus éloignées de la religion.

La riposte attendra un siècle et viendra d'Occident avec Ibn Rushd (mort en 1198), qui justifie l'accord de la doctrine coranique et l'effort philosophique et surtout, la possibilité d'un plein exercice de la raison.

Ibn Rushd, latinisé en Averroès est sans doute l'Andalou qui a laissé la plus profonde marque sur la pensée humaine.

Médecin, administrateur, astronome, philosophe encore, sa réputation a été immense dans le monde arabe et dans la chrétienté. L'anecdote en fait le prototype de l'athée. Son oeuvre est plus préoccupée de concilier foi et raison et ses commentaires d'Aristote expriment le besoin d'incrédulité en même temps que la diversité d'expression de la vérité.

Il va influencer profondément la scolastique médiévale. Mais son oeuvre ne pourrait satisfaire les théologiens chrétiens (dont St Thomas) bien peu disposer à concevoir la philosophie comme une discipline indépendante. Les Arabes déjà avaient brûlé ses livres, les chrétiens les imitèrent et la philosophie devint serve.

copyright © 2005 Institut du Monde Arabe, Paris.