mardi 2 juin 2009

Poèmes andalous traduits:


1. Qum tara darâhim al-lawz

Qum tara darâhim al-lawz tandafiq ‘an kulli djiha
Wa n-nasîm saqqat-hâ ‘alâ l-hawz wa n-nadâ kabbab ‘alîhâ
Badat talqah waraqat al-djawz djâ bashîr al-khayr ilay-hâ
Ar-riyâd ya‘djab-nî ma-lwân mâ hsanu-h fasl al-khilâ‘a
Yâ nadîm hayya li-l-bustân naghnam fi-d-dunyâ sâ‘a (…)
Wa z-zahru fî r-rawdi y‘abbaq rîhâtu-h rîha dhakiyya
Wa l-yamâm fî-l-ghusni yantaq (...)

Viens-voir l’amandier répandre ses pétales,
Comme une pluie d’argent tout autour de nous.
elles tombent dans l’enclos sous les ailes du zéphyr
Et la rosée les couvre de ses perles matinales.
Et sur les noyers pointent déjà les bourgeons, promesses de bonheur.
Qu’elles sont agréables toutes ces floraisons avec leurs couleurs chatoyantes.
Qu’elle est belle la saison des amants.
Allons, mon compagnon, allons dans le jardin en fête
Goûter le bonheur de l’instant.

Toi qui es amoureux, viens donc
remplis ma coupe d'un vin qui redonne vie
Dans le jardin, les fleurs embaument
et répandent un parfum délicat
le ramier roucoule sur la branche
et son chant d'amour a troublé mon âme.
ma belle me plaît quand prise d'ivresse,
elle me dit :"je t'écoute et je t'obéis"
Allons, mon compagnon, allons dans le jardin en fête
Goûter le bonheur de l’instant.



2. Amshî yâ rasûl

Ô messager, va chez mon aimée au nom des promesses et du désir
Dis-lui que la séparation a trop duré et que l’heure est venue de nous retrouver .
Dieu, Toi qui entends et exauces les prières, réunis au plus vite les amants séparés.
J’organiserai pour ma belle une fête qui tourmentera les ennemis et les envieux
Aussi longtemps que durera ton absence, ta visite viendra y mettre fin.


3. Wahd al-ghuzayyal
C’est une petite gazelle dont la beauté m’a séduit
Raffinée, aimant plaire et à nulle autre pareille ;
Avare en amour, elle accepte de me voir abandonné ;
Pourquoi tortures-tu ainsi mon coeur
Pourquoi me livres-tu à la pitié de mes ennemis ?
Je promets que lorsque mes yeux te verront, je me repentirai
Et je proclamerai : quel instant de bonheur, que le Seigneur soit remercié !

Lève-toi, belle coquette, regarde comme le jardin est en fleurs ;
Les fleurs ouvrent leurs couronnes, et les roses rouges sont sublimes !
Remplis les coupes et sers donc à boire de ce vin vieux et vermeille !
Pourquoi me livres-tu à la pitié de mes ennemis ?
Je promets que lorsque mes yeux te verront, je me repentirai
Et je proclamerai : quel instant de bonheur, que le Seigneur soit remercié !

4. Harramtu bi-k nu’assi

Je me suis interdit le sommeil, ô ma gazelle
Qui règne en souveraine sur toutes les belles ;
À tous les miens, j'ai révélé mon amour,
Et je suis devenu ton esclave pour toujours.
De mes larmes, ma coupe est remplie
Et sans aucune nourriture, désormais je survis.
Ton absence est si atroce et si injuste
Et personne ne vient plus me rendre visite.
Quand le ciel rougeoie
De nos demeures, j'ai la nostalgie ;
Quand le ciel rougeoie,
Ô ma belle, de toi je languis.

Je languis de ceux que j'aime
Et je redoute l'espion jaloux
Mon cœur se consume
Tant la flamme est intense.
Ô mes amis, mes compagnons,
Je suis devenu un étranger.
Celle que j'aime, s'est jouée de moi
Et seul dans le désert, elle m'a abandonné.
Quand le ciel rougeoie
De nos demeures, j'ai la nostalgie ;
Quand le ciel rougeoie,
Ô ma belle, de toi je languis.

Traductions de l'arabe: Saadane Benbabaali

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