jeudi 20 octobre 2011

Soufisme: L'UNICITE ABSOLUE

L'EPITRE SUR L'UNICITE ABSOLUE (extraits) est l'oeuvre d' Awhad al-dîn Balyânî, soufi originaire de la région de Shîrâz (Iran), mort en 686/1288.

1 - Au Nom d'Allâh, Le Tout-Miséricordieux, Le Très-Miséricordieux. La louange à Allâh, le Seigneur des mondes. De la signification de la parole du Prophète - sur lui la Grâce et la Paix ! -: "Celui qui se connaît soi-même, connaît son Seigneur."...

3 -.... Nul ne Le voit, si ce n'est Lui ; nul ne l'atteint, si ce n'est Lui ; nul n'a de science à Son sujet si ce n'est Lui. Il se connaît Lui-même par Lui-même et Se voit Lui-même par Lui-même. Nul autre que Lui ne Le voit. C'est Son Unicité même qui est Son voile, et non pas quelque chose qui serait "autre que Lui "; c'est Son Etre même qui Le voile. Son Unicité est occultée par Son Unicité au delà de tout "comment ".

4 - Aucun "autre que Lui "ne le voit. Il n'est pas de prophète envoyé, de saint parfait ou d'ange rapproché qui Le connaisse. Son prophète, c'est Lui ; Son envoyé, c'est Lui. Il S'est envoyé Lui-même, par Lui-même, de Lui-même à Lui-même ; il n'y a pas d'intermédiaire ou de cause seconde qui serait autre que Lui. Il n'y a pas de différence entre Celui qui envoie, ce qui est envoyé et celui à qui l'envoi est destiné. Les lettres de la Prophétie sont Son être même. Il n'y a pas d' "autre" qui pourrait cesser d'être (après avoir été) ou à propos de qui on pourrait parlé de "nom" et de "nommé".

5 - C'est en raison de tout cela que le Prophète - sur lui la Grâce et la Paix ! - a dit : "Celui qui se connaît soi-même connaît son Seigneur ". Il a dit aussi : "J'ai connu mon Seigneur par mon Seigneur ". Ce que le Prophète indique par là, c'est que tu n'es pas "toi "mais que tu es "Lui "et qu'il n'y a pas de "toi "; et non pas qu'il entre en toi ou sort de toi, ou que tu entres en Lui ou sort de Lui. Cela ne signifie pas davantage que tu possèdes l'être et que tu es qualifié par tel ou tel attribut - non, définitivement non ! Ce qu'il a voulu dire, c'est que tu es totalement dépourvu d'être et que jamais tu ne "seras ", que ce soit par toi-même, ou par Lui, ou en Lui, ou avec Lui. On ne peut dire de toi, ni que tu cesses d'être, ni que tu es. Tu es Lui et Il est toi, sans aucune de ces imperfections. Si tu connais ton "être " de cette façon, alors tu connais Allâh ; et sinon, tu ne Le connais pas !

6 - La plupart de ceux qui se prétendent des Connaisseurs subordonnent la connaissance d'Allâh à l'extinction de l'être et à "l'extinction de l'extinction ". C'est là une erreur et un manque de discernement manifeste ; la connaissance d'Allâh n'exige, ni extinction de l'être, ni extinction de cette extinction car les choses n'ont pas d'être et ce qui n'a pas d'être ne peut donc s'éteindre puisque l'extinction suppose l'affirmation préalable que ce qui s'éteint était. Si tu te connais comme n'étant pas et (par conséquent comme) ne cessant pas d'être, alors tu connais Allâh ; et sinon, tu ne Le connais pas !

12 - Lorsque ce secret se dévoile à toi, tu sais que tu n'es pas "ce qui est autre qu'Allâh "mais que tu es toi-même le but de ta quête, que tu n'as nul besoin de l'extinction (pour y parvenir), que tu n'as jamais cessé et ne cesseras jamais d'être, au-delà de tout "quand "et de tout moment, ainsi que nous l'avons déjà mentionné : tu vois Ses attributs comme tes attributs, ton extérieur comme Son Nom "l'Apparent ", ton intérieur comme Son Nom "le Caché", ton commencement comme Son Nom "le Premier" et ton terme comme Son Nom "le Dernier", sans le moindre doute ou la moindre hésitation à ce sujet. Tu vois Ses attributs comme tiens et Son essence comme ton essence, sans que tu aies à devenir Lui ou qu'Il ait à devenir toi à quelque degré que ce soit.

15 - Ne pense donc pas que (pour Le connaître) tu dois d'abord cesser d'être : car si cette extinction était nécessaire, cela signifierait que tu Le voiles. Il serait par conséquent voilé par "autre que Lui ", ce qui impliquerait nécessairement qu'un autre que Lui peut l'emporter sur Lui et L'empêcher d'être vu. C'est là une erreur et un manque de discernement : ainsi que nous l'avons déjà mentionné, Son voile n'est rien d'autre que son Unicité et Sa singularité. Voilà pourquoi il est licite à celui qui parvient à la Vérité essentielle de dire : "Je suis la Vérité " ou "Gloire à moi ! ". Nul n'est véritablement parvenu jusqu'à Lui aussi longtemps qu'il ne voit ses attributs comme les attributs d'Allâh et son essence comme l'essence d'Allâh ; cela sans qu'il y ait infusion en Allâh ou effusion, à partir de Lui, de Son essence et de Ses attributs, et sans qu'il y ait non plus extinction par rapport à Allâh ou permanence en Lui. Il se voit comme ayant toujours été dépourvu d'être propre, et non pas comme l'ayant eu, puis perdu. Il n'y a de soi que le Soi, il n'y a d'être que Son Etre. Le Prophète -sur lui la Grâce et la Paix ! - a fait allusion à cela lorsqu'il a dit : "N'insultez pas le Temps, car Allâh est le Temps ", affirmant ainsi que la transcendance d'Allâh - qu'il soit exalté et béni - exclut tout associé, égal ou pareil.

17 - Quand se découvre le secret d'un seul atome se découvre aussi le secret de toutes les choses existenciées, apparentes ou cachées, et tu cesses de voir les deux mondes comme autres qu'Allâh ; leurs noms et ce qu'ils nomment sont dépourvus de réalité. Ou plutôt : leurs noms et ce qu'ils nomment, et leur existence même sont Lui, sans le moindre doute. Tu ne vois pas Allâh comme ayant jamais créé une chose quelconque mais comme étant "chaque jour à une oeuvre ", laquelle tantôt Le manifeste et tantôt L'occulte, et cela en dehors de toute modalité concevable : Car "Il est le Premier et le Dernier, l'Apparent et le Caché et Il est Savant à l'égard de toute chose". Il se manifeste par son Unicité et se cache par sa Singularité. Il est le Premier par Son Essence et Son Immutabilité et le Dernier par Sa permanence éternelle. Il est l'être même du Nom "le Premier " et du Nom "le Dernier " du Nom "l'Apparent " et du Nom "le Caché ". Il est à Lui-même le Nom et le Nommé. De même qu'il est nécessaire qu'Il soit, il est nécessaire que ce qui est "autre que Lui " ne soit pas. En effet, ce que tu crois être "autre que Lui " n'est pas "autre que Lui ". "L'autre que Lui " est Lui ; Sa transcendance exclut qu'un "autre que Lui " soit véritablement "autre " : "l'autre que Lui " est Lui sans qu'il y ait réellement altérité, que ce soit "avec Lui ", ou "en Lui ", intérieurement ou extérieurement.

28 - Celui qui comprend cet exemple sait qu'il n'y a en fait ni union, ni séparation ; que le connaisseur est Lui et que le connu est Lui ; que celui qui voit est Lui et que ce qui est vu est Lui ; que celui qui arrive est Lui et que ce à quoi il arrive est Lui. Nul autre que Lui ne parvient à Lui, nul autre que Lui ne se sépare de Lui. Quiconque comprend cela est totalement exempt de l'idolâtrie de l'idolâtrie ; quiconque ne l'a pas compris n'a pas même respiré le parfum de cette libération de l'idolatrie.

29 - La plupart de ceux qui se prétendent des "Connaisseurs ", qui pensent connaître leur soi et leur Seigneur et se croient libérés de l'illusion cosmique, déclarent que la voie ne peut être parcourue que par "l'extinction" puis par "l'extintion de l'extinction". Cette erreur vient de ce qu'ils ne comprennent pas la parole du Prophète - sur lui la Grâce et la Paix ! - et, croyant s'être défaits de l'idolâtrie, font allusion tantôt à la "négation de l'existence " ou à son "extinction ", tantôt à "l'extinction de l'extinction ", tantôt à "l'effacement " tantôt au déracinement. Or toutes ces désignations relèvent de la pure et simple idolâtrie car celui qui affirme la présence à coté de Lui de quelque chose qui est susceptible ultérieurement d'extinction, puis d'extinction de l'extinction, affirme qu'il y a un "autre que Lui ": or celui qui affirme cela Lui donne un associé - qu'i soit exalté ! Qu'Allâh nous guide et vous guide vers la Voie droite !

30 - Tu t'es formé l'idée que tu étais toi

Or tu n'es point toi et ne le fus jamais !

Car si tu étais toi, tu serais un Seigneur

Et le second de deux. Abandonne cette idée !

Entre Son Etre et ton être, il n'y a nulle différence.

Il n'est pas distinct de toi, ni toi de Lui.

Si, par ignorance, tu déclares que tu es autre que Lui ton endurcissement est manifeste.

Mais si ton ignorance cesse, alors tu t'affines.

Car ton union est séparation, ta séparation union

Et ton éloignement, proximité : par cela tu atteindras la perfection.

Renonce à l'intellect et comprends par la lumière du dévoilement.

Afin que ne t'échappe point ce que tu tiens de Lui.

N'associe à Allah aucune chose

Afin de n'être point avili, car l'idolâtrie avilit.

35 - Sache, en résumé, que celui qui voit et ce qui est vu, celui qui trouve et ce qui est trouvé, celui qui sait et ce qui est su, Celui qui existencie et ce qui est existencié, celui qui perçoit et ce qui est perçu ne sont qu'Un. Il voit, connaît, perçoit Son Etre par Son Etre, au-delà de toute modalité et de toute forme de vision, de connaissance ou de perception. De même que Son Etre transcende tout "comment ", de même aussi la vision, la connaissance ou la perception qu'Il a de Lui-même sont sans "comment ".

38 - J'ai connu le Seigneur par le Seigneur

Sans hésitation ni doute

Mon essence est réellement Son essence

Sans imperfection, ni défaut

Il n'y a pas, entre nous, de devenir

Et mon âme est le lieu où le Caché apparaît

Depuis que je Le connais, mon âme est exempte de tout mélange et de toute corruption

Je suis parvenu à m'unir à mon Bien-aimé

Il n'y a plus ni éloignement, ni proximité

J'ai obtenu du Munificent un don

Qui n'a ni contrepartie, ni cause

Sans que mon âme s'éteigne en Lui.


Sources: (En réalité simple saisie)

http://resultats-magistere.blogspot.com/

http://originespirituelle.blogspace.fr/377806/Lui-Dieu-Un/

1 commentaire:

مدونة الهجرة والماجيستر a dit…

http://resultats-magistere.blogspot.com/