jeudi 12 novembre 2009

Cours du 13 Novembre

1 Les mu‘allaqât d’Imru’ al-Qays.
- Une étude thématique
Ghazal, Wasf :
• déroulement thématique : passage du prologue à l’évocation de la bien-aimée etc..(Voir Ibn Qutayba et la succession des grands thèmes consacrés)
• autonomie des vers et liaisons sémantiques
- Une analyse stylistique :
• Images, métaphores
• Champs sémantiques et lexicaux
- Une étude métrique
1. Mètres utilisés
2. Rimes
3. Etc..

2 Clarifier un certain nombre de paramètres :
1-qui parle ou écrit ?
-révèle t-il son identité ?
-précise t-il son statut social etc…?
2-à qui parle t-il ?
-à un destinataire direct ou indirect ?
-comment le nomme t-il ?
-quelle qualité lui donne t-il ?
-quels défauts lui reproche t-il ?
-que cherche t-il à obtenir de lui?
3-dans quel contexte parle t-il ?
-la société : les caractéristiques du siècle d’Imru’ al-Qays.
- Madîh pour obtenir une récompense.
- Rithâ’ : après la mort.
4-que dit l’auteur sans l’avoir voulu ? (découvrir le non-dit)

3 Noter la différence entre l’auteur d’un texte et les personnages dans le texte.
Il ne faut jamais dire : "le poète" ou "l’auteur" dit ».
C’est l’auteur qui pense et crée la fiction mais, dans le texte, ce sont des personnages qui parlent ou agissent.

4 Deux livres à conseiller :
1- Nathalie Piégay- Gros, Introduction à l’intertextualité : Dunod (1996), coll. Lettres Sup
(Maître de conférences à l'université Paris Vll-Denis-Diderot, NATHALIE PIÉGAY-GROS a consacré ses travaux à des questions de théorie littéraire et aux romans de Louis Aragon et de Claude Simon.)
« Définie dans le contexte théorique de la fin des années soixante par Julia Kristeva, l'intertextualité s'est imposée dans le champ critique comme une notion dominante. Objet de théorisations multiples (Genette, Barthes, les formalistes russes) et parfois contradictoires, l'intertextualité ne se résume pas à une seule définition. Cet ouvrage a pour ambition de décrire et d'analyser les différentes approches théoriques de l'intertextualité, d'établir une typologie de ses formes et de ses pratiques (citation, allusion, plagiat, parodie, etc.) et d'illustrer, à travers de nombreux exemples, la manière dont l'intertextualité sollicite la mémoire et le savoir du lecteur. Enfin, l'auteur expose les différentes esthétiques mises en œuvre par l'écriture intertextuelle et montre comment elles nourrissent l'imaginaire du texte. »

2- Jean-Michel Adam, Types et Prototypes : Récit, description, argumentation, explication et dialogue
(Jean-Michel Adam est professeur de linguistique française à l'université de Lausanne.)

« Les textes sont des structures tellement diverses et complexes qu'il est impossible d'en établir une typologie sauf par commodités pédagogiques illusoires. En revanche, on peut repérer des segments de plus petite taille, généralement composés de plusieurs phrases : les séquences. Apparaissant avec régularité dans les textes, ces schémas de regroupement sémantique des énoncés induisent des effets de lecture immédiatement reconnaissables, comme, par exemple, un effet de description. Ce livre étudie les caractéristiques de cinq prototypes de séquences : narratif, descriptif, argumentatif, explicatif et dialogal. Tout en introduisant, entre la phrase et le texte, l'unité intermédiaire de la séquence, cette analyse substitue à la distinctivité absolue du type la souplesse du prototype. Une séquence, et plus encore un texte complet, n'offre jamais qu'une actualisation plus ou moins approchée du modèle prototypique de référence. Cela n'empêche nullement sa caractérisation mais la rend au contraire plus exacte et plus fine. »

5 Constituer une bibliographie :
Travailler sur les textes les plus fiables
- commencer par les plus anciens et
- se servir des plus récents qui résument les différentes positions critiques.

1-Une bibliographie extensive : qui réunit tous les ouvrages traitant le sujet.
2-Une bibliographie limitée : qui se limite au travail en cours.
- classer la bibliographie par ordre alphabétique en signalant la catégorie.
- pour chaque ouvrage, il faut donner toutes les références :
1- le nom de l’auteur.
2- le titre de l’ouvrage.
3- l’éditeur.
4- le lieu.
5- la date de publication.

Les citations
Dans le corps d’un texte, il faut signaler le nom de l’auteur, le titre de l’ouvrage et aussi les pages des extraits.

Le mémoire
Un mémoire est l’occasion de faire le point sur un sujet littéraire. Ce qui nous intéresse dans un texte, c’est sa littérarité.
"La littérarité étudie l'ensemble des caractéristiques propres d'un texte littéraire, à savoir les propriétés spécifiquement littéraires d'une œuvre.
La littérarité est ce qui fait d'une œuvre donnée une œuvre littéraire. C'est d'ailleurs ce qui explique que tout le monde peut faire la différence entre un article de journal d’information etet un extrait de roman."

Pour cette raison, il faut que l’étude d’un texte soit faite en étant un spécialiste de la littérature et non pas comme le ferait un historien, un sociologue, un psychologue ou un journaliste d’investigation.
Une science se définit toujours par :
- son objet,
- ses outils d’analyse
- et ses méthodes propres.
Pour un mémoire, il faut définir :
- un corpus,
- préciser les outils d’analyse : sémantique, stylistique, linguistique...

Il faut toujours se poser ces questions :
- d’où vient ce que je suis en train de faire ? De quel ouvrage ?
- à quelle école appartient l’auteur?
- S’agit-il d’une réflexion personnelle ?
- Est-ce une réponse à un texte qui a précédé ?
A la fin de notre travail, le résultat doit être original, c’est-à-dire donner une autre possibilité de lecture et/ou apporter des faits nouveaux.

Le lexique.
Il faut regrouper les mots par thèmes :
Exemple : les mots qui expriment la souffrance...
Dans le choix des mots, il faut regrouper les termes soit par ressemblance, soit par opposition.
Dans le code de l’amour, parmi les termes qui expriment la beauté.
La question qui se pose est :
Cette beauté comment apparaît-elle ?
Est-elle une beauté physique ou morale ?
Dans le code de l’amour, c’est l’amant qui donne et la bien-aimée qui reçoit, il essaye de donner le meilleur, les mots utilisés pour décrire sa bien-aimée ne sont pas utilisés pour montrer sa supériorité, mais son amour. Il faut démontrer donc que son message est original.

Le chapitre introductif.
Ce chapitre doit comporter les résultats des recherches antérieures.
La question qui se pose ici :
- dans quel but faut-il faire cela ?
- Est-ce pour montrer qu’on est au courant de ce qui a été écrit ?
- Ou alors pour insister sur un aspect particulier qui nous intéresse et que nous comptons développer ?
Dans le 2ème cas, nous devons justifier notre travail, en faisant des recherches approfondies et en apportant de nouvelles preuves.

Conditions de production et réception d’une œuvre :
A / Condition de production :
Il faut s’interroger sur les conditions de production d’une œuvre ou d’une pensée : les conditions sociales, historiques... dans lesquelles est née cette œuvre. Il faut repérer aussi ce qui est propre à la période de production et qui depuis a éventuellement disparu.
B / Condition de réception :
Toute œuvre ou courant de pensée a un destinataire imaginé par l’auteur. Quand un poète écrit, il pense à un public précis.
Exemple : Les mu‘allaqât sont destinées à un public qui écoute des œuvres poétiques déclamées puisque, à cette époque, l’écriture n’existait pas encore.

(à suivre)

Je veux un cœur déchiré par la séparation pour y verser la douleur du désir


Photo réunissant Saadane Benbabaali (La plume)
Beihdja Rahal (La voix)
et Nadji Hamma (le plectre ) enfin dévoilé au grand public.

Un internaute que je ne connais pas a eu la gentillesse d'assister à notre conférence au Centre culturel algérien et a pris l'initiative, sans m'en parler, de monter ce petit document vidéo! Qu'il soit remercié pour l'honneur qu'il nous fait à Beihdja Rahal et à moi!


Yaqûlûna fî l-bustâni husnun wa bahdjatun…
wa in shi’ta an talqâ al-mahâsina kulla-hâ
fa-fî wadjhi man tahwâ djamî‘u l-mahâsini

On dit que charme, beauté et joie de vivre
Se trouvent dans le jardin...
Mais si tu désires profiter de toutes ces merveilles,
C’est dans le visage de celui que tu aimes,
Que tu les trouveras.


Dans les pages qui précèdent, nous avons essayé, par des rappels historiques, des explications et des analyses, d’introduire le lecteur non initié au monde merveilleux de la poésie et du chant andalous. Nous avons convié chacun à devenir ainsi le dépositaire d’un héritage fabuleux légué par des générations d’artistes. Pendant des siècles, depuis 822, non seulement Ziryâb mais aussi tant de poètes et de musiciens anonymes ont apporté chacun leur pierre à cet édifice devenu patrimoine de l’humanité : la nawba andalouse.

Au cours des décennies qui vont du milieu du siècle dernier jusqu’à nos jours, de nombreux « maîtres » ont rempli leur mission en transmettant cet héritage à des hommes et des femmes qui pratiquent cet art à merveille. Les “enfants de Ziryâb“, conscients de la valeur inestimable de cet héritage, tentent chacun d’apporter leur contribution avec la spécificité qui les caractérise. Beihdja Rahal, avec sa voix mélodieuse et émouvante redonne une âme à des textes que des plumes anonymes ont composés. Avec son plectre et ceux de son ensemble, elle égrène, note par note les phrases sublimes qui composent les mélodies appartenant au mode raml.[1] C’est la voix et le jeu subtil de la chanteuse et de ses musiciens qui introduiront, mieux que toutes les analyses, l’auditeur attentif aux symphonies célestes dont parlent les soufis :

« Depuis qu'on m'a coupé de la jonchaie,
se lamente la flûte
ma plainte fait gémir l'homme et la femme.

Je veux un cœur déchiré par la séparation
pour y verser la douleur du désir.

Quiconque demeure loin de sa source
aspire à l'instant où il lui sera à nouveau uni.»[2]


[1] Beihdja Rahal dont on entendra l’interprétation de chants appartenant à la nawba Raml dans le CD qui accompagne ce livre, a réalisé depuis plus de douze ans l’enregistrement de pièces appartenant à toutes les nawbât du répertoire algérois. Elle a même fait paraître, en 2007, dernièrement un album consacré aux « nawbât orphelines »[1] sous le titre de Poésiades.
[2] Mathnawî : La Quête de l'Absolu de Djalâl-od-Dîn Rûmî, Eva de Vitray-Meyerovitch, (1990) Le Rocher

NB: La première édition de notre ouvrage étant déjà épuisée, nous songeons à en faire une réédition prochaînement.
Le prochain ouvrage, en préparation aura pour thème:
Fleurs et jardins dans la poésie andalouse.

mercredi 11 novembre 2009

Abdessadek Chakkara



Né en 1931 à Tétouan, Abdessadek Chakkara était une véritable mémoire du patrimone musical andalou et populaire, avec ses baraouil, ses hadra, taktouka et autres genres puisés dans de vieux poèmes diffusés au début du siècle dans la cité de Tétouan.
un pilier de l'orchestre " al ma3had at-tétouani" de musique araboandalouse.
un virtuose , un " paganini" du violon.
une encyclopédie musicale ;
un grand maitre du panégyrique de la zaouia al harraqia de tétouan.

Il a eu plusieurs rencontres artistiques avec des musiciens espagnols andalous(...)
L'artiste marocain Abdessadek Chakkara est décédé à Tétouan, à l'age de 67 ans des suites d'une longue maladie.

Le défunt, qui a commencé son itinéraire artistique dés son jeune age, était réputé pour ses interprétations originales des Nawbas andalouses et du répertoire populaire de sa région natale.
Abdessadek Chakkara fut également un violoniste virtuose dans la pure tradition de la musique andalouse.

L'œuvre du chanteur a une place particulière sur la scéne artistique nationale grâce aux merveilleux dons de cet artiste qui avait su incruster de joyaux andalous les vieilles chansons du terroir tétouanais, très riche par sa civilisation séculaire. Tétouan est l' héritière de Grenade!

Ses chansons les plus célèbres sont :
-Lama bada minka alqaboul
-Allah Ihdik Ya Ghzali
-Ana Fi Aarak
-Ya Bint Bladi
-Ya Ouldi Ya Hbibi
-Alach Katibki
-Al Maoulouaa
-Miaadak Jani Al Aoual
-Moulay Abdeslam
-Nar Al Kalb Diali......etc.....etc.............longue est la liste !
Source:
http://dafina.net/forums/read.php?49,191926,page=5

Article de Journal:

mercredi 4 novembre 2009

site d'écoute de musique andalouse

Un site d'écoute de musique andalouse magnifique avec les paroles en arabe à visiter d'urgence!!!

http://ahyasalam.com/?artistid=222&lang=AR

mardi 3 novembre 2009

Mille fleurs andalouses à tous les visiteurs











Ce bouquet de fleurs andalouses
pour vous accueillir dans ce site
consacré à l'art et à la beauté.

ألا يا نسيم الريح بلغ مها نجد texte arabe et commentaire d'Ibn Arabi



Les poèmes contenus dans Dhakhâ'ir al-A'lâq fî Turjumân al-Ashwâq ont un sens spirituel qu'Ibn 'Arabî expose après chacune de ses qasâ'id. Voici le texte arabe et les commentaires d'Ibn Arabi du poème qui commence par: ألا يا نسيم الريح بلغ مها نجد

Voir aussi, dans ce même Blog, la page :
http://adabarabiqadim.blogspot.com/2009/11/blog-post.html







Traduction du poème:
O souffle léger du vent !
Va dire aux antilopes du Najd
Que je remplis l’engagement
Dont elles ont connaissance.
Et dis à la jeune fille noble de la tribu
Que notre rendez-vous est à l’enceinte sacrée,
A l’aurore du jour du samedi,
Sur les collines du Najd,
Sur le promontoire rouge,
Tout près des monticules,
A la droite des ruisselets,
Et vers le repère solitaire.
Si ce qu’elle dit est vrai,
Et qu’elle ressent pour moi
L’obsédant désir
Que je ressens pour elle,
Alors, dans la touffeur du midi,
Sous sa tente, en secret,
Nous nous rencontrerons,
Pour accomplir complètement la promesse.
Nous nous révélerons la passion
Que, l’un pour l’autre, nous éprouvons,
Ainsi que l’âpreté de l’épreuve,
Et les douleurs de l’extase.
Est-ce fantasmes incohérents,
Ou bien rêves prémonitoires,
Ou encore propos de tous les jours,
Dans lesquels mon bonheur repose ?
Il se peut que celui qui stimule les désirs
Les réalise vraiment;
Leurs jardins alors m’offriraient
La cueillette des roses.

L’interprète des désirs Albin Michel, 1996, Traduction M. Gloton, : pp. 432-433

O souffle léger du vent ! d'Ibn Arabi ألا يا نسيم الريح بلغ مها نجد

Page dédiée à ma collègue Anne CLÉMENT, Université de Toronto.

ألا يا نسيم الريح بلغ مها نجد

O souffle léger du vent !

Va dire aux antilopes du Najd

Que je remplis l’engagement

Dont elles ont connaissance.


Et dis à la jeune fille noble de la tribu

Que notre rendez-vous est à l’enceinte sacrée,

A l’aurore du jour du samedi,

Sur les collines du Najd,


Sur le promontoire rouge,

Tout près des monticules,

A la droite des ruisselets,

Et vers le repère solitaire.


Si ce qu’elle dit est vrai,

Et qu’elle ressent pour moi

L’obsédant désir

Que je ressens pour elle,


Alors, dans la touffeur du midi,

Sous sa tente, en secret,

Nous nous rencontrerons,

Pour accomplir complètement la promesse.


Nous nous révélerons la passion

Que, l’un pour l’autre, nous éprouvons,

Ainsi que l’âpreté de l’épreuve,

Et les douleurs de l’extase.


Est-ce fantasmes incohérents,

Ou bien rêves prémonitoires,

Ou encore propos de tous les jours,

Dans lesquels mon bonheur repose ?



Il se peut que celui qui stimule les désirs

Les réalise vraiment;

Leurs jardins alors m’offriraient

La cueillette des roses.


L’interprète des désirs Albin Michel, 1996, Traduction M. Gloton, : pp. 432-433.


Cité par Anne Clément in Des dunes du désert aux jardins d’Eden: L’interprétation des desirs par Ibn ‘Arabi, à travers une appropriation du nasib, du ghazal et du muwashshah, Alif 28 (2008) Artistic Adaptations: Approaches and Positions.